MuzitoRestauration de la discipline au sein de l’armée. Telle est la décision prise par le Premier ministre, Adolphe Muzito, après la réunion du Conseil supérieur de la défense, et la séance de travail qu’il a eue avec le ministre de la Défense, de la Justice ainsi que l’Auditeur général de FARDC. Décision ferme pour mettre un terme aux actes de pillage, de vandalisme et les détournements de fonds observés ces derniers jours au sein des FARDC.

Le Premier ministre, Adolphe Muzito vient de taper du poing sur la table. Choqué par les actes de pillage et de vandalisme commis par certains éléments de nos forces armées opérant dans l'Est du pays, en plus des détournements massifs de fonds destinés aux militaires par leurs officiers, le Premier ministre a eu une importante séance de travail avec MM. Mwando Nsimba et Luzolo Mbambi Ntesa, respectivement ministres de la Défense et de la Justice. Etait également associé à cette rencontre, l'Auditeur général des FARDC, le général Joseph Ponde.

Le Premier ministre a saisi cette opportunité pour leur faire part de son vif mécontentement à la suite de ce comportement anti-patriotique. Il a invité ses interlocuteurs à mettre tout en oeuvre pour prendre des mesures qui s’imposent afin de faire régner la discipline militaire et éventuellement entamer des actions de poursuites judiciaires à l’endroit de tous ceux qui seront reconnus coupables de ces actes gravissimes contraires à la discipline militaire.

Pour étayer ses propos, il a présenté à ses collaborateurs, particulièrement à l’Auditeur général, un kit de ration alimentaire destiné aux militaires au front mais vendu dans un magasin de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. Il a donc dénoncé ce comportement indigne de certains officiers de l'armée. La discipline étant la mère des armées, le Premier ministre attend qu’ils soient sévèrement sanctionnés conformément aux textes en la matière.

LE CONSEIL SUPERIEUR DE LA DEFENSE

Mais auparavant, le Premier ministre a pris part à la réunion du Conseil supérieur de la défense, présidée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange. Au cours de cette importante séance de travail, il a été question de l’état des lieux de la situation générale du pays. Plus particulièrement de l’état de guerre qui prévaut dans la partie Est du pays.

A ce sujet, le Conseil supérieur de la défense s’est longuement appesanti sur la gravité de la situation, surtout la dégradation des conditions de vie avec cette vague des populations jetées dans la rue et forêt. Le Conseil supérieur de la défense s’est attardé sérieusement sur des actes de violence commis à l’endroit des populations. Aussi, a-t-il arrêté des décisions à instruire au niveau des responsables pour que la discipline soit observée au sein des FARDC. Partant, et en conformité avec la discipline militaire, prendre sans hésitation des sanctions qui s’imposent.

Enfin, le Conseil supérieur de la défense a pris acte des soutiens diplomatiques à l’endroit de la RDC en ces moments difficiles marqués par cette guerre injuste. Soutiens manifestés aussi bien lors des sommets de Nairobi, de Johannesburg dans le cadre de la SADC que dernièrement à Bruxelles avec la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et de l’Union africaine. Des options ont été levées pour mieux gérer ces soutiens à tous les niveaux des institutions nationales en vue du retour rapide de la paix en République démocratique du Congo.

L’ASSEMBLEE NATIONALE ENTENDUE

Au regard de ce qui précède, il est heureux de constater que l’Assemblée nationale a été entendue. Pas plus tard que mardi dernier, lors de sa plénière, l’Assemblée nationale a stigmatisé ce comportement anti-patriotique, dénoncé à vive voix tous ces méfaits, jusqu’à décider d’adresser une lettre au Premier ministre pour des explications plus convaincantes.

La réunion du Conseil supérieur de la défense et la colère du Premier ministre rencontrent ainsi les préoccupations des députés nationaux. Mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. La satisfaction sera grande si les coupables sont arrêtés, traduits devant la justice pour qu’ils répondent de ces actes ignobles, criminels commis à l’endroit de paisibles populations afin qu’ils ne fassent pas des émules de mauvais goût. En temps de guerre, sans pour autant chercher à anticiper sur les arrêts de justice, il ne s’agit rien d’autre que de la haute trahison.

Dans le même ordre d’idées, des enquêtes doivent être initiées pour connaître les origines de tout ce luxe, mais insolent, de quelques responsables de l’armée. Entre-temps, saisir les instances judiciaires internationales pour se pencher sur les massacres de Kiwanja, comme l’ont vivement recommandé les responsables de l’ONU.

Agir dans ce sens serait faire le tour complet de la table des sanctions. Il y va de l’intérieur supérieur de la Nation, de la dignité du peuple congolais, et bien sûr de la crédibilité des institutions nationales.

Source : Le Potentiel/Kinshasa