Rechercher sur AfrikBlog

VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

16 novembre 2008

Rusthuru - reprise des combats sur les fronts de la Rwindi

carte_kIVUDes violents combats opposent depuis ce dimanche vers 4h locales, les FARDC aux éléments du CNDP de Laurent Nkunda sur deux fronts de la Rwindi, à Ndeko, localité située à une vingtaine de kilomètres de Kanyabayonga, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. La Monuc confirme ces affrontements et dit avoir dépêché sur le terrain une patrouille avec des blindés, rapporte radiookapi.net

Selon un responsable militaire de l’armée congolaise, le premier front de ces combats se situe au nord-est de la Rwindi. Là, d’après la source, c’est le CNDP qui a attaqué les positions des FARDC basée au croisement de la route principale Goma-Butembo. L’attaque des hommes de Laurent Nkunda a été repoussée jusqu’à un rayon de 7 kilomètres, ajoute ce responsable militaire de l’armée gouvernementale. Les combats se poursuivaient encore avant la fin de la matinée vers Mabenga, selon la même source. Le deuxième front se trouve au sud-est de la Rwindi. Là aussi, affirment les sources, la situation semblait sous le contrôle des FARDC qui gardent toutes leurs positions.

Des combats à l'arme lourde

La Monuc a confirmé ces combats et dit avoir dépêché sur le terrain une forte patrouille avec des blindés. Selon son porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, les FARDC engagent des roquettes dans ces combats et le CNDP des mortiers. « Nous nous sommes adressé aux parties d’arrêter les combats immédiatement », a affirmé le porte-parole militaire de la Monuc, avant de préciser que les combats n’étaient pas la base des casques bleus à Rwindi. « Et dans ces cas, on dépêche des patrouilles pour vérifier sur terrain ce qui se passe et aussi, selon une règle générale, on parle avec toutes les forces impliquées pour qu’ils arrêtent », a-t-il laissé entendre.

Côté bilan, les parlent de 6 militaires FARDC blessés dans ces affrontements. Ceux-ci ont été évacués vers Goma par air par la Monuc. La population de la Rwindi, quant à elle, prise de panique, a trouvé refuge auprès du camp des casques bleus de la Mission des Nations Unies en RDC.

Posté par Kongolais à 18:23 - Actualités politiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

FARDC : l'état-major général annonce l'arrestation des pillards de Kanyabayonga

JusticeLa plupart des éléments de l’armée congolaise qui avaient commis des exactions et des pillages le 10 novembre dernier contre les populations civiles dans la cité de Kanyabayonga, au Nord-Kivu, ont été arrêtés par la police militaire, selon le porte-parole de l’état-major général des FARDC, le colonel Léon Kasongo. Ces éléments vont passer devant la cour militaire pour qu’ils répondent de leurs actes

Pour l’état-major général des Force armées de la RDC, les agissements de ces militaires n’engagent pas l’armée congolaise comme telle. Il s’agit d’un comportement de quelques éléments isolés et indisciplinés pris individuellement. D’après la même source, les biens pillés ont également été récupérés et des contacts sont en cours avec le chef de la cité de Kanyabayongo pour la restitution du patrimoine à leurs propriétaires.

« Quant aux auteurs de ces pillages, ils seront bientôt présentés devant la cour militaire opérationnelle à Goma, afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés conformément à la discipline militaire », a promis le porte-parole des FARDC, avant de demander à l’opinion congolaise de « continuer à appuyer son armée et de ne pas céder aux manipulations et à l’intoxication visant à mettre en péril ou à hypothéquer le vaste chantier de la reconstruction nationale en cours. »

Source :Okapi/Kinshasa

Posté par Kongolais à 18:18 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

RDC : ou comment nous alimentons le conflit

drapeauLa guerre la plus meurtrière depuis l’invasion de l’Europe par Adolf Hitler recommence – et il est pratiquement certain que vous portez dans votre poche, un débris ensanglanté de ce massacre. A la vue de l’holocauste au Congo avec ses 5,4 millions de morts, le même vieux cliché sur l’Afrique ressort : c’est un "conflit tribal" "au coeur des ténèbres". Il n’en est rien. Une enquête des Nations Unies a constaté que cette guerre était menée par des « armées de business » pour s’emparer des métaux qui permettent à notre société du 21ème siècle de faire bling bling. La guerre au Congo est une guerre qui vous concerne

Chaque jour, je pense aux gens que j’ai rencontrés dans les zones de guerre de l’est du Congo lorsque j’y faisais des reportages. Les services hospitaliers étaient remplis de femmes qui avaient subi des viols collectifs par les milices et qui avaient été blessées par balle au vagin. Les bataillons d’enfants soldats âgés de 13 ans, drogués, hagards, qu’on a obligés à tuer les membres de leurs propres familles pour les empêcher de s’enfuir et de retourner chez eux. Mais curieusement, alors que je regarde la guerre qui recommence sur CNN, je me prends à penser à une femme que j’ai rencontrée et qui, selon les critères congolais, n’avait pas trop souffert.

Un jour que, revenant d’une mine de diamants, je rentrais à Goma, ma voiture a crevé. Pendant que j’attendais qu’elle soit réparée, je me tenais au bord de la route et je regardais les longues colonnes de femmes qui titubent sur chaque route de l’est du Congo, transportant tous leurs biens sur leur dos, cet amas d’affaires les handicapant terriblement. J’arrêtai une femme de 27 ans qui s’appelait Marie-Jeanne Bisimwa et qui avait quatre petits enfants accrochés à elle. Elle me raconta qu’elle avait de la chance. Oui, son village avait été brûlé. Oui, elle avait perdu son mari quelque part dans le chaos. Oui, sa sœur avait été violée et était devenue folle. Mais elle-même et ses enfants étaient en vie.

Je l’ai emmenée dans ma voiture, et ce n’est qu’après quelques heures de discussion sur les routes défoncées que j’ai remarqué que quelque chose ne tournait pas rond avec les enfants de Marie-Jeanne. Ils étaient affaissés, le regard fixe. Ils ne regardaient pas autour d’eux, ne parlaient pas, ne souriaient pas. "Je n’ai même pas pu les nourrir," m’a-t-elle dit, "à cause de la guerre."

Leurs cerveaux ne s’étaient pas développés et ne se développeront jamais plus. "Est-ce qu’ils vont aller mieux ?", m’a-t-elle demandé. Je l’ai déposée dans un village à la périphérie de Goma et ses enfants l’ont suivie en trébuchant, inexpressifs.

Il y a deux histoires sur l’origine de cette guerre : l’histoire officielle et la véritable histoire. L’histoire officielle est qu’après le génocide au Rwanda, les Hutus, auteurs des massacres, traversèrent la frontière et fuirent au Congo. Le gouvernement rwandais les aurait poursuivis. Mais ceci est un mensonge. Comment le savons-nous ? Le gouvernement rwandais n’est pas allé à la poursuite des Hutus génocidaires, en tout cas, pas dans un premier temps. Il est allé là où se trouvent les ressources naturelles du Congo et a commencé à les piller. Ils ont même dit à leurs troupes de travailler avec les Hutus qu’elles rencontreraient. Le Congo est le pays le plus riche au monde en or, en diamants, en coltane [1], en cassitérite et autres minerais. Tout le monde en voulait une part, c’est pourquoi six autres pays ont envahi le Congo.

Ces ressources n’ont pas été volées pour être utilisées en Afrique. Elles ont été raflées afin de nous être vendues. Plus nous en achetons, plus l’envahisseur pille et massacre. L’augmentation du nombre des téléphones portables a créé une hausse des morts car le coltane qu’ils contiennent se trouve essentiellement au Congo. Les Nations Unies ont cité les sociétés internationales qui seraient, selon elles, impliquées dans ce pillage : Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers et une centaine d’autres (toutes ces sociétés ont démenti ces accusations). Mais au lieu d’arrêter ces entreprises, nos gouvernements ont demandé aux Nations Unies d’arrêter de les critiquer.

Il y a eu des périodes où les combats ont faibli. En 2003, un accord de paix a finalement pu être négocié par les Nations Unies et les armées étrangères se sont retirées. Beaucoup ont continué à travailler à travers des milices amies mais le carnage a quelque peu diminué. Jusqu’à maintenant. Comme pour la première guerre, il y a l’histoire publique officielle et la vérité. Un chef de milice congolaise, nommé Laurent Nkunda, soutenu par le Rwanda, a déclaré qu’il devait protéger la population tutsi locale des mêmes génocidaires hutus qui étaient restés cachés dans les jungles de l’est du Congo depuis 1994. C’est pourquoi il s’empare aujourd’hui des bases militaires congolaises et il est en train de marcher sur Goma.

C’est un mensonge. François Grignon, directeur pour l’Afrique du groupe de réflexion International Crisis Group m’a dit la vérité : « Nkunda est financé par les entrepreneurs rwandais qui, ainsi, peuvent garder le contrôle des mines du Nord-Kivu. C’est le coeur absolu du conflit. En fait, ce à quoi nous assistons, c’est un combat des bénéficiaires de l’économie de guerre illégale pour conserver leur droit d’exploitation. »

En ce moment, les businessmen rwandais font une fortune avec les mines dont ils se sont emparés illégalement durant la guerre. Le prix mondial du coltane s’effondre, alors maintenant ils se concentrent avidement sur la cassitérite, qui est utilisée pour faire des boîtes de conserve et d’autres produits de consommation courante. Quand la guerre a commencé à faiblir, ils ont vu qu’ils perdaient leur contrôle face au gouvernement congolais élu, c’est pourquoi ils ont réamorcé la guerre de façon sanglante.

Mais le débat sur le Congo en Occident (quand il y en a un) se concentre sur notre incapacité à fournir un pansement, sans même évoquer le fait que nous sommes ceux qui avons provoqué la blessure. C’est vrai que les 17 000 Casques bleus présents dans le pays échouent, de manière catastrophique, à protéger la population civile, et ont un besoin urgent d’être renforcés. Mais il faut surtout cesser d’alimenter la guerre, tout d’abord en arrêtant d’acheter des ressources naturelles ensanglantées. Si Nkunda a assez d’armes à feu et de grenades pour combattre l’armée congolaise et les Nations Unies c’est uniquement parce que nous lui achetons son butin. Nous devons poursuivre en justice les entreprises qui achètent ces ressources, pour complicité de crimes contre l’humanité, et introduire une taxe mondiale sur le coltane pour financer une force de paix conséquente. Pour en arriver là, nous avons besoin de construire un système international qui accorde plus de valeur à la vie des Noirs qu’au profit.

Quelque part là-bas, perdus au milieu du grand pillage international des ressources du Congo, se trouvent Marie-Jeanne et ses enfants, qui errent à nouveau, claudiquant, le long de la route, portant tout ce qu’ils possèdent sur leurs dos. Ils n’utiliseront sans doute jamais de téléphone portable plein de coltane, ni de boîte de haricots en cassitérite fondue, ni ne porteront de colliers en or, mais il se pourrait qu’ils meurent pour un de ces produits que nous consommons.

Source : altermonde/sans frontières

Posté par Kongolais à 18:13 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1