Un convoi de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a été stoppé dimanche par des soldats congolais au nord de Goma, dans l'est du pays, et pris à partie par la foule qui lui a jeté des pierres, a-t-on appris auprès de la force onusienne.

"Un convoi de la Monuc se rendait de Rwindi vers Goma (distantes d'environ 100 km)" pour y accompagner 10 miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï candidats au processus de démobilisation, a déclaré à l'AFP le porte-parole militaire de la force onusienne, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.

Le convoi transportait aussi dix policiers et deux civils congolais, a-t-il précisé. Le porte-parole n'a pas pu préciser les raisons de la présence de ces personnes, mais a rappelé que la Monuc participait régulièrement à la formation de policiers.

A environ deux kilomètres au nord de Goma, au niveau de la localité de Munigi, "le convoi a été arrêté par des éléments des FARDC (Forces armées de RDC, armée régulière) qui ont demandé qu'on leur remette (toutes) ces personnes", a-t-il poursuivi.

Les soldats les soupçonnaient d'être des membres de la rébellion de Laurent Nkunda, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), a-t-il expliqué.

Une foule s'est agglutinée autour du convoi, dont de nombreux civils qui ont commencé à apostropher et insulter les Casques bleus. "On a reçu quelques pierres", a ajouté le porte-parole militaire de la Monuc.

Des centaines de personnes qui étaient massées le long de la route s'en sont pris verbalement aux Casques bleus et ont lancé des pierres sur le convoi, a constaté un journaliste de l'AFP. Des témoins ont indiqué que des affaires appartenant aux Maï-Maï avaient été prises par les soldats et brûlées.

Dans le cadre de leur démobilisation, "les Maï-Maï devaient être remis aux FARDC demain (lundi) matin, mais vu la confusion, on les a remis ce soir", a encore dit le lieutenant-colonel Dietrich.

Selon Feller Lutaichirwa, le gouverneur intérimaire de la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale, il y avait "26 éléments" congolais avec des armes dans le convoi de la Monuc, et non 22 comme indiqué par la Monuc.

"Ces 26 éléments n'avaient pas été signalés à nos services. On ne savait pas où la Monuc emmenait ces gens-là. Ils sont maintenant entre les mains de nos services (de sécurité) à Goma", a-t-il déclaré à l'AFP.

La province du Nord-Kivu est le théâtre depuis près de trois mois de combats entre d'un côté le CNDP et de l'autre l'armée et des groupes armés alliés. Le CNDP a infligé de lourdes défaites à l'armée ces dernières semaines: il est positionné depuis fin octobre à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma.

Depuis vendredi, aucun combat entre les belligérants n'a été signalé, mais la situation reste extrêmement tendue dans cette région située à plus de 1.500 km à l'est de la capitale Kinshasa.