BelgiqueLa Belgique a été sollicitée pour participer au renforcement de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monuc), mais le gouvernement est réticent à l’idée d’envoyer des Casques bleus dans l’est de la RDC et aurait préféré l’envoi d’une force européenne, a admis le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht.

« Nous sommes sollicités par l’ONU pour contribuer à la Monuc », a indiqué Karel De Gucht à quelques journalistes en marge d’une visite au siège des Nations Unies à New York. Le chef de la diplomatie belge a souligné dans la foulée qu’il était « réticent » à engager des troupes belges comme Casques bleus au sein de la Monuc, en raison notamment de la structure de cette force onusienne et de ses règles d’engagement (les circonstances dans lesquelles les militaires peuvent faire usage de la force). La région du Nord-Kivu est le théâtre de combats depuis plus de deux mois entre l’armée gouvernementale et la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda, le Conseil national pour la Défense du Peuple (CNDP).

M. De Gucht a rappelé qu’il avait été partisan de l’envoi – un moment préconisé par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner – d’une force européenne au Nord-Kivu. Il a regretté que cette idée soit désormais quasi-abandonnée. « Deux à trois mille hommes bien équipés pourraient réussir à contenir » les affrontements, a souligné M. De Gucht.

Le gouvernement Leterme songe toutefois à fournir une contribution à la Monuc en matière de transport aérien, de renseignement et d’aide à la réforme du secteur de sécurité congolais sans engager de troupes, a ajouté le ministre. Le ministre de la Défense Pieter De Crem a annoncé l’envoi d’une « commission technique » militaire belge auprès de l’ONU pour examiner quels sont ses besoins.

Envoi de troupes au Rwanda

Le ministre des Affaires étrangères s’est par ailleurs implicitement déclaré favorable à une révision de la recommandation de la commission d’enquête sénatoriale sur le Rwanda qui interdit l’envoi de troupes de combat pour des opérations de l’ONU dans les anciennes colonies et adoptée après la mort de dix Casques bleus belges à Kigali en avril 1994. « Ces décisions doivent pouvoir évoluer. Elles datent d’une dizaine d’années, mais certaines restent valables », a dit le chef de la diplomatie.

Source:Belga/Bruxelles