drapeauLes autorités de la République démocratique du Congo (RDC) sont "favorables" au déploiement d'une force européenne dans l'est du pays en guerre, a déclaré dimanche à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

"Le gouvernement envisage favorablement une telle force", a dit M. Mende, réagissant à l'annonce des autorités belges, selon lesquelles le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est favorable à l'envoi d'une force européenne en RDC, en attendant le renfort promis de 3.000 Casques bleus. "Toute force qui est mise en oeuvre avec ou sans la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) et qui contribue à stabiliser la situation au plan national et régional est la bienvenue", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le mandat qui devrait revenir à cette force, M. Mende a répondu : "Le meilleur mandat serait un mandat comparable à celui donné à la force Artémis". Artémis, dirigée par l'Union européenne, avait sécurisé de juin à septembre 2003 la ville de Bunia, chef-lieu du district de l'Ituri dans la Province Orientale (est), et son aéroport. Cette force, qui avait le droit d'ouvrir le feu en cas de besoin, était intervenue pour mettre fin aux combats sanglants entre milices, qui se déroulaient sous le regard impuissant de quelque 700 Casques bleus.

Le 20 novembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé l'envoi de 3.000 Casques bleus supplémentaires en RDC, pour renforcer les quelque 17.000 soldats de la Monuc, en raison du conflit dans la province du Nord-Kivu (est) entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise. Cette semaine, Kinshasa a refusé que l'Inde participe au renfort des troupes onusiennes, les accusant d'"exactions".

La nature de ces "exactions" n'a pas été précisée, mais des Casques bleus, dont des Indiens, sont soupçonnés par l'ONU d'abus sexuels. Plusieurs sources diplomatiques estiment aussi que Kinshasa soupçonne les troupes indiennes "de collusion" avec M. Nkunda. Les Indiens représentent près de 90% des troupes onusiennes actuellement déployées dans le Nord-Kivu, où les combats ont repris depuis trois mois et provoqué le déplacement de plus de 250.000 personnes.