BelgiqueLa Belgique est invitée à répondre pour vendredi, le 5 décembre, à une demande des Nations unies de participer à une éventuelle force de jonction en République démocratique du Congo (RDC) qui serait mise en place dans l'attente du renforcement annoncé de la Mission de l'ONU dans ce pays (Monuc), a indiqué dimanche le Premier ministre Yves Leterme. "On donnera la réponse dans les délais nécessaires", a-t-il précisé.

Le débat sur une éventuelle participation militaire belge au Congo devrait s'accélérer dans les prochains jours au sein du gouvernement et du Parlement. "Il faut examiner quel rôle en particulier pourrait jouer la Belgique", a indiqué dimanche à Tebnine le Premier ministre alors qu'il était allé se rendre compte, dans le sud du Liban, du travail effectué par les Casques bleus belges.

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la Belgique, dans un courrier envoyé cette semaine, de "participer à une Bridging Operation (force de jonction)" le temps que s'opère le renforcement de 3.000 hommes au sein de la Monuc, a indiqué dimanche Yves Leterme. "Il a demandé une réponse pour le 5 décembre", a-t-il précisé. On évoque un délai d'environ quatre mois pour le renforcement de la Monuc.

Les questions à cet égard restent nombreuses et complexes, a expliqué le Premier ministre, soulignant qu'il s'agissait dans le chef de la Belgique de respecter "l'équilibre" entre "la prise de responsabilité" vu la crise humanitaire au Congo et la "prudente sécurité de nos hommes".

Ces questions renvoient à la cinquième recommandation de la Commission Rwanda qui préconise l'interdiction de l'envoi de troupes de combat dans les anciennes colonies. De plus en plus de voix se font entendre en faveur d'une révision de cette recommandation. "De toute façon, on ira au Parlement", a confirmé dimanche Yves Leterme.
Vu la demande de l'ONU, ce débat pourrait se tenir dès la semaine prochaine.

Il pourrait s'orienter vers une acceptation de la demande onusienne de constituer une force de jonction. "Dans le débat actuel, on évoque des conditions", précise une source diplomatique, "comme celle de ne pas y aller seul mais en bonne compagnie (on évoque 2 ou 3 partenaires comme la Grande-Bretagne et la France notamment), avec un commando européen, pour une mission bien déterminée et limitée dans le temps", par exemple les quatre mois précédant le renforcement de la Monuc.

S'exprimant "à titre personnel", le ministre de la Coopération, Charles Michel, se dit pour sa part favorable à une telle opération.
La Belgique s'est déjà déclarée favorable à l'envoi de soutien logistique et d'appui en matière de renseignement au Congo. (belga)