30 novembre 2008
Une force en RDC? La Belgique se tâte
La Belgique est invitée à répondre pour vendredi, le 5 décembre, à une demande des Nations unies de participer à une éventuelle force de jonction en République démocratique du Congo (RDC) qui serait mise en place dans l'attente du renforcement annoncé de la Mission de l'ONU dans ce pays (Monuc), a indiqué dimanche le Premier ministre Yves Leterme. "On donnera la réponse dans les délais nécessaires", a-t-il précisé.
Le débat sur une éventuelle participation militaire belge au Congo devrait s'accélérer dans les prochains jours au sein du gouvernement et du Parlement. "Il faut examiner quel rôle en particulier pourrait jouer la Belgique", a indiqué dimanche à Tebnine le Premier ministre alors qu'il était allé se rendre compte, dans le sud du Liban, du travail effectué par les Casques bleus belges.
Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la Belgique, dans un courrier envoyé cette semaine, de "participer à une Bridging Operation (force de jonction)" le temps que s'opère le renforcement de 3.000 hommes au sein de la Monuc, a indiqué dimanche Yves Leterme. "Il a demandé une réponse pour le 5 décembre", a-t-il précisé. On évoque un délai d'environ quatre mois pour le renforcement de la Monuc.
Les questions à cet égard restent nombreuses et complexes, a expliqué le Premier ministre, soulignant qu'il s'agissait dans le chef de la Belgique de respecter "l'équilibre" entre "la prise de responsabilité" vu la crise humanitaire au Congo et la "prudente sécurité de nos hommes".
Ces questions renvoient à la cinquième recommandation de la Commission Rwanda qui préconise l'interdiction de l'envoi de troupes de combat dans les anciennes colonies. De plus en plus de voix se font entendre en faveur d'une révision de cette recommandation. "De toute façon, on ira au Parlement", a confirmé dimanche Yves Leterme.
Vu la demande de l'ONU, ce débat pourrait se tenir dès la semaine prochaine.
Il pourrait s'orienter vers une acceptation de la demande onusienne de constituer une force de jonction. "Dans le débat actuel, on évoque des conditions", précise une source diplomatique, "comme celle de ne pas y aller seul mais en bonne compagnie (on évoque 2 ou 3 partenaires comme la Grande-Bretagne et la France notamment), avec un commando européen, pour une mission bien déterminée et limitée dans le temps", par exemple les quatre mois précédant le renforcement de la Monuc.
S'exprimant "à titre personnel", le ministre de la Coopération, Charles Michel, se dit pour sa part favorable à une telle opération.
La Belgique s'est déjà déclarée favorable à l'envoi de soutien logistique et d'appui en matière de renseignement au Congo. (belga)
les rebelles hutu rwandais exigent la fin de la "dictature" à Kigali
Depuis les collines de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le porte-parole des rebelles hutu rwandais, le lieutenant-colonel Edmond Ngarambe, exige la fin de la "dictature" au Rwanda et une "justice équitable" avant tout retour au pays de ses éléments.
La rébellion des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) opère dans l'est de la RDC depuis le génocide anti-tutsi de 1994 au Rwanda et est considérée comme un grand facteur d'insécurité dans la région.
Le lieutenant-colonel Ngarambe, un homme à la silhouette robuste, membre du mouvement depuis 1998, reçoit l'AFP pour un de ses rares entretiens, dans sa "résidence" sur les monts de Lusherebe, à environ 60 km de la frontière rwandaise.
Attitude affable et voix forte émaillée de rires retentissants, il arbore un pistolet à la ceinture, une tenue de camouflage et des bottes en plastique rompues aux interminables marches dans les forêts des provinces congolaises du Nord et du Sud-Kivu de sa rébellion, estimée à 6.000 combattants.
Le porte-parole, 40 ans et père de quatre enfants en exil, désigne une montagne à 7 km: la ligne de front avec le chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, qui affirme se battre notamment pour chasser les FDLR.
Certains rebelles hutus ont participé au génocide, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi.
Depuis la reprise des combats fin août dans le Nord-Kivu, les FDLR se retrouvent dans un jeu d'alliances complexes. Selon l'ONU, elles collaborent avec l'armée congolaise contre M. Nkunda, que Kinshasa accuse d'être soutenu par le Rwanda.
M. Ngarambe nie toute coopération, parlant simplement de "cohabitation" avec les forces congolaises. Par contre, lance-t-il, "Laurent Nkunda est la marionnette de Kigali. Il n'a d'autre but en nous combattant que d'effacer toute opposition au régime de Kigali".
"Si Kinshasa aidait les FDLR autant que Kigali aide Nkunda, nous serions très forts, et nous marcherions sur Kigali en deux jours!"
"75% des terres du Nord-Kivu appartiennent à des Rwandais. Nkunda se bat pour gérer ces terres", assure-t-il aussi.
Pour leur part, les FDLR ont toujours pour "objectif de rentrer" au Rwanda. "Mais il n'y a pas de sécurité pour nous au Rwanda, c'est une dictature", accuse-t-il.
"Celui qui ne veut pas s'agenouiller devant le régime est considéré comme un ennemi: nous appelons au départ (du président rwandais Paul) Kagame".
Autre condition à leur retour: l'instauration d'une justice "équitable" pour les auteurs du génocide. Le porte-parole fustige ainsi les tribunaux populaires gacaca où "seuls les Hutu sont désignés génocidaires".
Le lieutenant-colonel admet que les rangs des FDLR comptent des "présumés génocidaires". "Des éléments sont prêts à se rendre, mais ils n'ont pas confiance dans la justice de Kigali."
Il exige également que soient jugés les crimes présumés du Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsi ayant mis fin au génocide et aujourd'hui au pouvoir. "Le FPR n'a pas occupé (le pays) par la Bible, mais par les armes! On ne dit rien sur les représailles du FPR après le génocide", déplore-t-il.
Evoquant le plan de neutralisation des FDLR adopté fin 2007 par la RDC et le Rwanda, il juge "malheureux" que les FDLR "soient toujours les boucs émissaires de l'insécurité dans la région".
"Nous sommes pourchassés, on ne nous parle que de neutralisation forcée, alors qu'avec les rebelles ougandais ou burundais, on négocie", note-t-il, en réclamant "l'ouverture d'un dialogue".
En début de soirée, il s'enfonce dans la nuit, une radio plaquée sur l'oreille, absorbé par un programme consacré aux laborieuses négociations de paix entre rebelles et gouvernement au Burundi voisin.
l'Europe sous pression pour envoyer une force dans l'est du pays
La pression monte à nouveau sur les Européens pour qu'ils envoient une force militaire dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), pour faire face à une situation humanitaire critique, le temps qu'arrivent les renforts promis par l'ONU.
La Belgique, ancienne puissance coloniale du Congo, a indiqué dimanche avoir été sollicitée par le secrétaire général de l'ONU pour participer à une mission européenne intérimaire.
"Le secrétaire général (de l'ONU Ban Ki-Moon) m'a demandé de participer à une opération européenne le temps qu'il faudra (en attendant) la mise en place du renforcement" promis de la Monuc, la mission de l'ONU en RDC, a indiqué dimanche le ministre belge des Affaires étrangères, Karel de Gucht, à la télévision publique belge RTBF.
Il s'agirait d'une opération de "relais", selon lui. Le ministre n'a pas précisé l'étendue exacte du mandat qui lui serait confié.
La Monuc, déployée depuis 2001, est actuellement la plus importante mission de paix de l'ONU, avec 17.000 hommes dont 5.000 dans le Nord-Kivu où les combats ont repris depuis fin août entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise.
Un envoi de 3.000 casques bleus supplémentaires a été décidé la semaine dernière, mais leur date d'arrivée n'est pas précisée.
L'idée est d'avoir entretemps, pendant "quatre à six mois, une opération proprement dite européenne sous commandement européen", selon M. de Gucht, qui espère le ralliement de 3 ou 4 autres pays européens à ce projet.
Cette dimension européenne est un impératif pour la Belgique, car politiquement un tel projet ne sera pas facile à faire accepter dans le pays.
"Il y a le passé (dont il faut tenir compte), c'est une ancienne colonie et il y a la commission Rwanda", a fait valoir le ministre sur une autre chaîne de télévision, la VRT.
Cette commission parlementaire, mise en place pour tirer les leçons de l'assassinat de 10 casques bleus belges au Rwanda en avril 1994 au tout début du génocide dans ce pays, avait jugé "pas souhaitable" l'envoi de soldats nationaux dans d'anciennes colonies.
Le cas de la RDC est d'autant plus délicat que l'ancien "Congo belge", devenu indépendant en 1960, continue à entretenir des relations tendues avec la Belgique.
Lors d'une visite à Kinshasa au printemps, Karel de Gucht a provoqué une crise diplomatique en dénonçant la corruption en RDC. Il a fallu attendre six mois avant que le président Joseph Kabila accepte, il y a trois semaines, de recevoir à nouveau un ministre belge, celui de la Coopération Charles Michel.
Plus de 250.000 personnes ont été déplacées depuis fin août dans le Nord-Kivu et vivent depuis dans des conditions souvent effroyables.
Dénonçant une "vraie catastrophe humanitaire", 16 personnalités mondiales, dont d'anciens responsables politiques et religieux, ont envoyé jeudi une lettre ouverte aux dirigeants européens en leur demandant l'envoi d'une force intérimaire en RDC pour y protéger les civils.
La France, qui assure la présidence de l'UE, avait déjà proposé fin octobre d'envoyer des soldats au Nord-Kivu pour une mission humanitaire en appui à la Monuc. L'idée, soutenue par la Belgique, avait échoué après le refus de plusieurs pays, dont l'Allemagne.
"Il faut voir à présent s'il y aura un engagement suffisant de pays européens", a indiqué un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.
La Belgique devrait "reprendre des consultations la semaine prochaine" avec ses partenaires européens notamment lors de deux réunions ministérielles, de l'Otan à Bruxelles mardi et mercredi, puis de l'OSCE à partir de jeudi à Helsinki, a-t-il ajouté.
Kinshasa favorable au déploiement d'une force européenne en RDC
Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) sont "favorables" au déploiement d'une force européenne dans l'est du pays en guerre, a déclaré dimanche à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.
"Le gouvernement envisage favorablement une telle force", a dit M. Mende, réagissant à l'annonce des autorités belges, selon lesquelles le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est favorable à l'envoi d'une force européenne en RDC, en attendant le renfort promis de 3.000 Casques bleus. "Toute force qui est mise en oeuvre avec ou sans la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) et qui contribue à stabiliser la situation au plan national et régional est la bienvenue", a-t-il ajouté.
Interrogé sur le mandat qui devrait revenir à cette force, M. Mende a répondu : "Le meilleur mandat serait un mandat comparable à celui donné à la force Artémis". Artémis, dirigée par l'Union européenne, avait sécurisé de juin à septembre 2003 la ville de Bunia, chef-lieu du district de l'Ituri dans la Province Orientale (est), et son aéroport. Cette force, qui avait le droit d'ouvrir le feu en cas de besoin, était intervenue pour mettre fin aux combats sanglants entre milices, qui se déroulaient sous le regard impuissant de quelque 700 Casques bleus.
Le 20 novembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé l'envoi de 3.000 Casques bleus supplémentaires en RDC, pour renforcer les quelque 17.000 soldats de la Monuc, en raison du conflit dans la province du Nord-Kivu (est) entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise. Cette semaine, Kinshasa a refusé que l'Inde participe au renfort des troupes onusiennes, les accusant d'"exactions".
La nature de ces "exactions" n'a pas été précisée, mais des Casques bleus, dont des Indiens, sont soupçonnés par l'ONU d'abus sexuels. Plusieurs sources diplomatiques estiment aussi que Kinshasa soupçonne les troupes indiennes "de collusion" avec M. Nkunda. Les Indiens représentent près de 90% des troupes onusiennes actuellement déployées dans le Nord-Kivu, où les combats ont repris depuis trois mois et provoqué le déplacement de plus de 250.000 personnes.
29 novembre 2008
L'héritage Mobutu
Il fait mine de considérer que là n'est pas l'important. Que le fait que cette foultitude d'objets rares ait appartenu à l'ancien président du Zaïre ne constitue pas à ses yeux leur intérêt. Mais voilà, Serge Moulinier, qui « a fait quinze ans d'Afrique », exerce la profession d'expert en art primitif et musarde peu sur les terrains mouvants de la politique internationale en général, et de la « Françafrique » en particulier. Tout au moins dans le cadre professionnel.
Il n'en demeure pas moins que, sur l'affiche qui annonce la vente aux enchères de ce week-end à l'hôtel des ventes du Périgord, à Bergerac, on ne voit que ça : « arts d'Afrique noire provenant des collections de feu le président Mobutu ».
Par quel miracle, des masques, des statuettes, des armes, amulettes et autres objets de décoration issues des ethnies Adioukrou, Bambara, Beldeougou, Mbala, la liste est loin d'être exhaustive, se retrouvent-ils dans une salle des ventes, sous les tropiques du Périgord pourpre ? « Ah, cela étonne toujours. Pourtant cela fait 25 ans que nous faisons ce type de vente, et nous ne sommes pas si nombreux dans ce domaine », commente Serge Moulinier, expert en art primitif, rattaché à l'étude de Me Biraben à Bergerac. Une expertise certes reconnue. Mais comment la famille Mobutu a-t-elle confié des pièces de sa collection personnelle à ces professionnels bergeracois ?
Des pièces très anciennes
« En fait, cette collection appartient à un de ses neveux qui vit en Afrique et qui devrait venir à la vente, ainsi qu'à un autre collectionneur européen, qui vit dans le Sud-Ouest. Ils se connaissent et ont décidé ensemble de vendre une partie de leurs collections. Je n'en connais pas les raisons. Mais en tout cas ce n'est pas une première. Nous avions déjà vendu 500 objets au mois de juillet. »
Les deux collectionneurs ont donc à nouveau fait appel à cette étude et à son expert, pour 1 150 pièces supplémentaires. « Ils nous ont appelés. Le neveu du général Mobutu est venu de Kinshasa nous montrer ces objets, que nous avons expertisés. Cela va intéresser des collectionneurs d'un peu partout, qui consultent les catalogues de ventes aux enchères sur Internet. Nous aurons sans doute beaucoup de monde, d'autant qu'il y a là de très belles pièces très anciennes. »
Ces objets viennent de Guinée du Mali, du Nigeria, de Côte d'Ivoire, de l'ancienne république du Congo, etc. On y trouve beaucoup de statuettes et des masques en bois brut, mêlés parfois d'ivoire, de plumes, de coquillages. Parmi les très beaux objets, il faut aller voir cette grande figure magique Nkishi, destinée à des rites collectifs pour protéger un village. Le visage est orné de clous et ne donne franchement pas envie d'approcher. Mise à prix : 8 000 euros. Dans le même registre de prix, figure une arme de bois plaquée de feuilles de cuivre jaune. Prix d'appel :12 000 euros.
Prix abordables
Pour le reste les simples amateurs devraient trouver leur bonheur avec des objets comme des bijoux, dont les enchères démarreront à des prix abordables. Reste à savoir si le nom de Mobutu aura une influence sur les prix.
Les objets sont exposés ce matin et demain matin de 9 heures à 11 h 30. Les ventes aux enchères ont lieu à partir de 14 h 30, aujourd'hui et demain à l'hôtel des ventes de Bergerac 40, cours Alsace-Lorraine.
L'Union européenne relève des preuves de crimes de guerre en RDC
L'Union européenne affirme qu'il existe des preuves évidentes de crimes de guerre dans l'est de la République démocratique du Congo et invite les belligérants à mettre fin aux violences.
Jean-Baptiste Mattei, représentant de la France auprès des Nations unies à Genève et qui s'exprimait au nom de l'UE, a déclaré que les deux camps procédaient à des exécutions et à des actes de torture dans la province du Nord-Kivu.
"Nous devons réagir fermement pour mettre fin à la violence", a-t-il dit lors d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme de l'Onu consacrée au Congo.
L'Union européenne subit des pressions d'ONG et de personnalités pour qu'elle envoie des troupes afin de protéger les civils et les travailleurs humanitaires dans l'est du Congo en attendant l'arrivée de renforts de l'Onu, mais des diplomates européens notent qu'il y a peu de chances que cela se fasse.
Plus de 250.000 personnes ont été chassées de leur domicile depuis que des combats ont éclaté, en août, entre les forces gouvernementales congolaises et les rebelles tutsis du général Laurent Nkunda.
DETERIORATION CONSTANTE
Navi Pillay, haut commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme, a déclaré aux membres du Conseil que les auteurs d'exactions devaient rendre des comptes pour les assassinats, les enlèvements, les viols et autres atrocités.
"Mon bureau a relevé une détérioration constante de la situation des droits de l'homme", a-t-elle dit, ajoutant que les violences sexuelles de la part de soldats congolais semblaient augmenter "dans leurs formes les plus brutales".
Elle a réclamé un accès sans entrave des forces de la Monuc, la mission de l'Onu au Congo, afin de mener des enquêtes sur ces graves exactions.
Le Conseil des droits de l'homme avait convoqué la session extraordinaire à la demande de l'UE qui a soumis un projet de résolution demandant au gouvernement de Kinshasa de protéger les civils, d'enquêter et de traduire en justice les auteurs de crimes.
Un texte soumis par l'Egypte au nom de pays africains invite à se pencher sur les causes du conflit, "notamment l'exploitation illicite des ressources naturelles et la création de milices qui sont à la base des violations des droits de l'homme".
Un cessez-le-feu proclamé par Nkunda a mis fin aux affrontements avec les forces gouvernementales, mais ses combattants ont continué d'attaquer les milices congolaises et rwandaises alliées du gouvernement.
La délégation congolaise à la réunion de Genève, qui doit se poursuivre lundi, a réclamé un arrêt du soutien que Nkunda reçoit selon elle d'autres pays et de fabricants d'armes
Génocide en RDC : silence inquiétant de Kinshasa
16 personnalités importantes africaines et internationales viennent de se réunir pour se prononcer sur la situation en République démocratique du Congo. Elles ont exigé l’envoi d’urgence d’une force européenne en RDC en attendant le déploiement, dans 3 ou six mois, des forces supplémentaires de la Monuc. Elles ont établi un lien entre la situation au Rwanda en 1994 et ce qui passe actuellement en RDC. Il y a bel et bien génocide au Congo.
Auparavant, dans un cri de détresse à la communauté internationale, les évêques de l’Eglise catholique ont parlé de « génocide silencieux ». Par deux fois, le mot « génocide » a été lâché. Une situation grave. Entre-temps, on se perd en conjectures tant à Kinshasa qu’à New York sur le mandat de la Monuc et les nouveaux contingents de casques bleus à déployer pendant que les populations congolaises sont tuées, déracinées.
« L’heure est grave. Mobilisons-nous ». Ces propos sont du président de la République, Joseph Kabila. Qui a su mesurer avec exactitude la profondeur de ces propos ? Au regard de la succession des faits, de la poursuite des combats au Nord-Kivu avec autant de populations déplacées, l’impression est qu’aucune institution nationale n’a pris la mesure de ces propos. On se perd en conjectures, distrait par la démarche diplomatique des envoyés spéciaux de l’Onu et des Grands Lacs, la publication du Rapport accablant et rejeté de Human Rights Watch, pendant que des centaines des Congolais sont assassinés, déracinés.
Aucun signal fort au siège des institutions nationales pour dénoncer ces crimes au quotidien en République démocratique du Congo qui puisse justement provoquer cette mobilisation générale. Le seul fait qui ait été enregistré est cette plainte des députés du Nord-Kivu de saisir la Cour pénale internationale, CPI, en ce qui concerne les tueries de Kiwadja. Et pourtant, selon la procédure, il revient au gouvernement congolais de poser cet acte. C’est dire que si ce n’est pas encore fait de la manière la plus officielle, la démarche des députés du Nord-Kivu ne constituerait qu’une simple information à verser dans le dossier du Kivu sans engager une procédure judiciaire.
16 hautes personnalités africaines et internationales
Si les principaux animateurs des institutions nationales n’ont pas encore compris la substance du cri d’alarme du président de la République que l’heure est grave, les personnalités étrangères ont bel et bien saisi toute la substance de ce drame. Il s’agit principalement de hautes personnalités africaines et internationales qui se sont réunies pour réfléchir sur la situation très préoccupante en République démocratique du Congo. Parmi elles, l’on note la présence du Sud africain Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix ; Frédérick De Klerk, ancien président sud-africain ; l’ancien président tchèque Vaclav Havel ; le général canadien qui avait conduit la mission de l’Onu au Rwanda, Roméo Dallaire ; l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson, chargée autrefois du Commissariat général des droits de l’homme des Nations Unies. Elles ont exigé l’envoi d’urgence d’une force européenne en RDC en attendant le déploiement des troupes supplémentaires onusiennes. Ce déploiement onusien ne sera effectif que dans trois ou six mois. Entre-temps, les massacres continuent. Bien plus, elles ont établi une comparaison entre cette situation préoccupante en RDC et celle qui a prévalu au Rwanda en 1994 et qui a conduit au génocide : 800 mille tués.
Elles savent ce qu’elles disent en parlant de « génocide ».Or, en République démocratique du Congo, le décompte macabre indique déjà 5 millions de morts. Plus que le nombre des tués de deux dernières guerres mondiales. Et le compte n’est pas encore bon ni clos puisque la guerre continue.
Auparavant, ce sont les évêques catholiques qui ont dénoncé ce « génocide silencieux ». Le cas des tueries de Kiwanja est le plus frappant : des populations sans défense assassinées dans leurs maisons et devant les troupes de paix de l’Onu. Inimaginable.
Silence on tue…
Face à ce génocide en République démocratique du Congo, l’attitude des responsables des institutions nationales inquiète. Bouleverse même plusieurs esprits.
Pas de décret pour un deuil national. Pas de convocation de plénières extraordinaires tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Seules quelques déclarations médiatiques de bonnes intentions comme si tout ce monde était frappé d’amnésie.
Autant que l’on s’est levé pour rejeter le rapport de Human Rights Watch, autant on doit le faire pour ce génocide qui est en train de tendre vers des proportions inquiétantes. Depuis le 28 août avec la reprise des combats, les populations congolaises vivent un calvaire et un cauchemar : tuées, pillées, déracinées, violées, elles ont tout perdu, jusqu’à leur dignité dans leur propre pays.
Comment les institutions nationales ne peuvent-elles pas constituer un « dossier solide » sur ce génocide congolais avec 5 millions de tués pour des actions judiciaires et politiques conséquentes ? Peu importe les causes de cette guerre complexe déjà connues de tout le monde avec leurs implications économiques. Serait-ce une raison valable pour tuer 5 millions de Congolais ?
Toute la valse diplomatique n’aura de sens que si les institutions nationales parviennent à faire accepter aux instances internationales compétentes qu’il y a génocide en République démocratique du Congo. Ce qui permettrait d’ouvrir un dossier en vue de poursuivre tous les « génocidaires nationaux et étrangers » afin qu’ils soient jugés.
Il y a déjà un précédent en Afrique avec ce qui s’est passé au Rwanda. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour qu’il n’y ait plus de « génocide silencieux ». Les institutions nationales sont plus que jamais interpellées.
Source : Le Potentiel/Kinshasa
DES INVESTISSEURS AMERICAINS ONT PALPE DU DOIGT LES POTENTIALITES DU BARRAGE HYDRO ELECTRIQUE
Des investisseurs Américains interessés par les potentialités du Bas-Congo au sud-ouest de Kinshasa. C’est dans cette optique qu’ils sont allés visiter le barrage d’Inga à 40 Km de Matadi.
Au Belvédère donnant une vue panoramique sur le majestueux fleuve Congo, ces investisseurs ont été mis au parfum des potentialités énergétiques du barrage d’Inga. Kapia Boshinga, Directeur provincial ouest de la Société nationale d’électricité(Snel) leur a fait plusieurs révélations. ‘’ La forte concentration hydrique du fleuve Congo est unique au monde, il prend sa source dans la partie sud-ouest du pays et traverse l’équateur deux fois, son bassin versant est plus vaste que l’étendue de la superficie du pays.’’. Et d’ajouter : ‘’ Ces atouts occasionnent notamment la régularité des pluies nécessaires qui donne au fleuve d’énormes potentialités énergétiques.’’.
Pour un membre de la délégation Américaine : ‘’ Ces potentialités seront capitalisés pour leurs différentes investissements. ‘’.
Selon Patrice Mayuba, Commissaire général aux mines, ces investisseurs vont :’’Construire une cimenterie moderne, un aéroport internationale, une autoroute sur l’axe Boma-Moanda, un hôtel de 5 étoiles à Moanda, fenêtre ouverte à l’extérieur par l’océan atlantique…’’.
Leur séjour prévoit notamment la visite de la cimenterie nationale basée à Kimpese à 145 km de Matadi, la cité de Moanda, celle de Lukula à 170 km au Nord-ouest de Matadi.
Le nouveau chef d’état-major général des FARDC a pris ses fonctions
La défense de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC sont les principales missions auxquelles s’engage à se consacrer le nouveau chef d’état-major général, Didier Etumba Longila.
Le nouveau chef d’état-major les FARDC, le lieutenant général Didier Etumba Longila, a pris officiellement ses fonctions hier jeudi à Kinshasa en jurant solennellement de « défendre l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC contre toutes les forces d’invasion ou d’agression ». En y consacrant toutes ses « forces » et tout son « savoir-faire ». Nommé par ordonnance présidentielle n° 08/69 du 17 novembre 2008 à la fonction de chef d’état-major général des FARDC, Didier Etumba a prêté - au QG de l’Etat-major général au Mont Ngaliema - le serment prévu par l’article 49 de la loi portant organisation générale de la défense et des FARDC.
Aux termes de cette disposition légale, il s’est engagé « devant le président de la République et devant la nation » à « respecter scrupuleusement l’esprit et la lettre de la Constitution de la RDC et des lois de la République, d’accomplir avec loyauté et honneur toutes les missions » qui lui sont confiées.
Le président de la République et commandant suprême des FARDC lui a donné immédiatement « acte » de son serment, en présence du Premier ministre Adolphe Muzito et du ministre de la Défense et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba.
La « nation » était représentée à la cérémonie par les présidents Vital Kamerhe de l’Assemblée nationale et Léon Kengo du Sénat. L’ensemble des officiers généraux et supérieurs présents dans la capitale ainsi que les ambassadeurs des pays accrédités en RDC et les chefs de missions étrangères étaient parmi les invités.
Toutefois, aucune explication officielle n’a été fournie à la presse pour justifier l’absence, à cette cérémonie de « reconnaissance de grade et de passation de commandement », du chef d’état-major général sortant, le lieutenant général Dieudonné Kayembe. Le président de la République n’ayant pas reçu l’étendard de ses mains avant de le remettre au lieutenant général Didier Etumba.
Défis majeurs
Le lieutenant général Didier Etumba a pris jeudi à Kinshasa le commandement des FARDC alors qu’elles sont confrontées à des défis majeurs à relever. Le premier étant celui de la pacification de l’Est du pays où les populations civiles sont quotidiennement victimes d’exactions multiples.
Dans le Nord et le Sud-Kivu, où sont enregistrés près de deux millions de déplacés de guerre, l’armée régulière est aux prises avec des groupes armés locaux et étrangers, notamment le CNDP du général dissident Laurent Nkunda et les rebelles hutu rwandais. La situation ne se présente pas mieux dans le district de l’Ituri, des milices locales et des rebelles ougandais continuant à y semer la mort et la désolation.
Le deuxième défi est celui de l’édification des FARDC. Ici, l’état-major général est appelé à avoir une vision à court, moyen et long termes permettant la mise sur pied des forces capables à la fois de procéder à la relève de la Monuc d’ici à fin 2009 et de développer en priorité des forces de couverture et des forces d’intervention rapide. « Il faut de la méthodologie », recommandent des experts militaires.
Parmi les défis, figurent par ailleurs l’utilisation efficiente de la quinzaine de brigades brassées, leur déploiement et, surtout, la logistique ad hoc et l’actuelle chaîne de commandement qui n’est pas à l’abri des critiques de la classe politique et des populations des zones actuellement en guerre.
L’ambassade de la RDC en France dans l’attente d’un lot de 265 passeports
La carence de passeports se fait sentir en République démocratique du Congo depuis le début de cette année. C’est ainsi que l’ambassade de la RDC en France reste dans l’attente d’un lot de 265 passeports d’une valeur de 27.000 dollars américains pour faire face à plusieurs demandes formulées. Selon un document de cette ambassade remis à la presse, cette représentation diplomatique avait même dépêché à cette fin au ministère des Affaires étrangères (à Kinshasa : NDLR), un membre de son personnel. Cette précision contredit des informations faisant état d’un lot de passeports pré-signés surpris sur un ressortissant congolais à Paris par la police. A ce même sujet, le document indique que l’homme arrêté faisait partie d’une bande de délinquants congolais reconnus pour des forfaits de contrefaçon, au mois d’avril 2008. Pour se tirer d’affaires, il s’est réfugié derrière un argument fallacieux de coopération avec un diplomate de l’ambassade afin de justifier les documents consulaires saisis sur lui. L’un de ces documents est un passeport portant la signature imitée de la diplomate chancelière de l’ambassade de la RDC en France. Selon l’ambassade dont le communiqué porte la signature du chargé d’affaires intérimaire Jean Buesso Samba, le diplomate cité a dû répondre à la convocation de la police française le 2 octobre 2008 pour audition et perquisition de son domicile. En attendant la conclusion de l’enquête, le soupçon de complicité avec l’homme arrêté s’est déjà dissipé.
