FranceLa secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme, Rama Yade, a exhorté dimanche dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) la communauté internationale à se mobiliser d'"urgence" face à "la situation catastrophique" dans cette région en guerre.

"J'ai eu confirmation de la forte dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire" au cours des derniers mois, a déclaré à l'AFP la ministre, arrivée dimanche à Goma, la capitale de la province congolaise du Nord-Kivu (est).

"Beaucoup (d'habitants) ici ont un sentiment généralisé d'abandon. La manière dont les gens se tournent vers la communauté internationale (...), c'est révélateur d'un certain état de désespoir", a-t-elle dit.

"La situation est devenue catastrophique. Je ne sais pas ce qu'il faut de plus pour que la communauté internationale réponde à l'urgence", a-t-elle ajouté.

"Les autorités congolaises ont besoin d'un soutien encore plus fort de la communauté internationale. De toute part, l'armée (congolaise) ne tient plus le choc", a-t-elle estimé.

"L'Union européenne (UE) est très attendue ici et très demandée, parce que la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) estime qu'en terme de matériel et d'unités combattantes, elle a besoin de davantage de renfort, et elle estime que seule l'UE est capable d'apporter cela", a-t-elle déclaré.

En outre, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), "avec l'Angola, la Namibie et l'Afrique du Sud, peut jouer un rôle déterminant sur le plan politique", selon la ministre, ajoutant: "Le Rwanda pourrait davantage jouer de son influence dans la région pour contribuer au cessez-le-feu".

Mme Yade a aussi dénoncé "une situation catastrophique" concernant les violences sexuelles à l'égard des femmes au Nord-Kivu.

La ministre, qui est arrivée samedi en RDC pour une visite de trois jours, s'est notamment entretenue dimanche avec des déplacés par le conflit.

La guerre dans le Nord-Kivu oppose la rébellion de l'ex-général congolais tutsi Laurent Nkunda à l'armée gouvernementale et des groupes armés alliés.

Les combats ont repris fin août après quelques mois d'accalmie. Kinshasa accuse Kigali de soutenir la rébellion.