BelgiqueLe Comité ministériel restreint s'est réuni mercredi matin pour se pencher sur le dossier congolais.

La Belgique est saisie de deux demandes des Nations Unies. L'une consiste à participer au renforcement de la MONUC décidée par l'Assemblée générale. Celle-ci a en effet décidé d'envoyer 3.000 hommes supplémentaires dans l'est du Congo. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a demandé à la Belgique de participer à ce renforcement. L'autre demande consiste en la participation à une force de jonction (Bridging Operation), le temps que s'opère le renforcement de 3.000 hommes prévu, ce qui devrait prendre de 3 à 4 mois.

M. Ban Ki-Moon avait demandé une réponse sur cette dernière demande pour le 5 décembre.

L'envoi de troupes belges dans l'est du Congo reste délicat et contraire à l'une des recommandations de la Commission Rwanda mise en place après la mort des 10 casques bleus belges à Kigali lors du déclenchement du génocide rwandais. Malgré tout, le gouvernement était ouvert à la participation à une force de jonction, à la condition qu'elle s'inscrive dans un cadre européen.

La constitution d'une force avec d'autres pays européens ne semble cependant pas possible à ce stade. Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a pris contact, mardi, en marge de la réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, avec ses collègues de France, Pays-Bas et Grande-Bretagne. Il a constaté à cette occasion qu'aucun pays européen ne voulait prendre actuellement la direction d'une telle mission et que personne n'était prêt à envoyer des troupes.

M. De Gucht a regretté cette situation et a rappelé que si la Belgique est prête à fournir des troupes pour une mission de l'UE au Congo mais n'est pas assez forte pour « conduire » elle-même cette mission, a fortiori elle ne veut pas être seule à assumer une telle mission.

M. De Gucht a officiellement informé ses collègues mercredi matin de cette situation. Le Comité restreint en a pris acte tout en la regrettant.

Le gouvernement avait toujours dit qu'il fallait un débat au parlement avant toute décision sur un envoi de troupes. Un tel débat ne sera donc pas nécessaire dans l'immédiat.

Le Comité restreint s'est dès lors limité à confirmer la volonté qu'il avait déjà exprimée de participer activement au renforcement de la MONUC dans deux domaines : des moyens de transport (C130 et hélicoptères) et le renseignement militaire.

Une commission technique composée essentiellement de militaires est chargée de déterminer avec les Nations-Unies la force exacte de cette aide en fonction des moyens dont la MONUC a besoin et de ceux que la Belgique pourrait mettre à sa disposition. Il s'agit notamment de déterminer le nombre de C130 ou d'hélicoptères qui serait mis à disposition.

Pour le renseignement, la Belgique pourrait aider à mettre à disposition des moyens et du personnel pour l'analyse des renseignements militaires. Il pourrait notamment s'agir d'analyser les informations recueillies par des drônes (avions sans pilote) que la MONUC pourrait acquérir. Ceux dont dispose la Belgique et qui ont été déployés autour de Kinshasa lors des élections congolaises ne sont en effet pas adaptés au terrain de l'est du Congo.