14 décembre 2008
Mbuji-Mayi : 5 officiers FARDC arrêtés pour détournement des salaires des militaires
Un colonel, directeur de finances à la 5e région militaire, un major, chargé du personnel à la même unité, ainsi que 3 lieutenants, tous agents payeurs sont aux arrêts depuis samedi dernier. Ils sont accusés de détournement des salaires des militaires inactifs et autres invalides de l’armée. Le Major Asani, auditeur militaire supérieur, précise que ces officiers de la 5e région militaire font partie d’un même réseau que le Chef de Division provinciale des Affaires sociales, arrêté au milieu de la semaine. Ces arrestations suite aux enquêtes de l’auditorat militaire entamées depuis le début de la semaine suite aux plaintes des ayant droit. A la suite de cette enquête, 3,8 millions de FC ont été retrouvés à la 5e région militaire. L’objectif est de démanteler tout le réseau, a indiqué l’auditeur militaire supérieur
Le président de la RD Congo réaffirme sa détermination à pacifier son pays
Le président de la RD Congo, Joseph Kabila, a réaffirmé samedi, dans son discours sur l'état de la nation, sa détermination à pacifier totalement et d'une façon permanente son pays.
Le président Kabila, qui s'adressait à la nation congolaise devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, a fait savoir que la "paix est à la fois un droit et une aspiration légitime pour chaque peuple".
Déplorant la situation des victimes de la guerre à l'Est de la RD Congo, le Président Kabila a rassuré que "la nation congolaise ne faillira jamais à son devoir de se battre pour que justice soit faite" , avant d'indiquer quelle protégera et défendra "le plus grand héritage que les ancêtres ont légué à la RD Congo, dans ses frontières du 30 juin 1960". Tout en affirmant qu'il va explorer toutes les voies que le droit et la pratique internationale autorisent pour une paix durable, le Chef de l'Etat congolais a également appelé la communauté internationale a apporté sa contribution dans les efforts tendant à résoudre les conflits à l'Est de la RD Congo car, selon lui, son pays était contraint par les Nations unie et certains pays amis de recevoir des réfugiés rwandais en 1994 dont une partie sert de prétexte aujourd'hui à la conflictualité récurrente dans cette partie de la RD Congo.
Il a par ailleurs parlé de la situation socio économique de la RD Congo pour laquelle il a signalé que des efforts d'amélioration étaient palpables, tout en appelant la population à prendre en charge son destin.
"Globalement, les signes vitaux de la Nation congolaise sont donc plus porteur d'espoirs que d'inquiétudes", a-t-il conclu.
Selon l’ONU, des Belges financent des groupes armés au Congo
Les cinq experts, sous la direction de Jason Stearns, épinglent en particulier un riche homme d'affaires d'origine congolaise mais possédant aussi la nationalité belge et établi à Bruges, Raphaël Soriano alias Katebe Katoto, et accusent également le Rwanda.
Raphaël Soriano, actionnaire du CNDP
"Le groupe a appris que l'un des financiers du CNDP (le Conseil national pour la Défense du Peuple, le mouvement politico-militaire du général tutsi Laurent Nkunda, en conflit avec le gouvernement de Kinshasa) est Raphaël Soriano", indique le rapport.
M. Soriano est poursuivi par la justice britannique pour détournement de fonds publics. Il est accusé d'avoir participé à la disparition de vingt millions de dollars de l'Etat zambien.
Homme d'affaires originaire de la province du Katanga (sud-est) qui a fait fortune notamment dans les pêcheries, n'est pas un poids-lourd de la scène politique congolaise même s'il a toujours été très actif en coulisses.
Les experts de l'ONU établi que le 7 février 2006 un transfert de 25.000 dollars a eu lieu entre le compte de son épouse, Nele Devriendt, et celui d'Elisabeth Uwasse, la femme de Laurent Nkunda, au départ d'un compte bancaire ouvert à la banque ING à Bruges sur lequel M. Soriano a une procuration.
Des virements bancaires entre les épouses
Selon ce rapport, les relevés d'ING confirment également que 20.000 dollars ont été virés le 10 avril 2006 à un compte à la Centenary Rural Development Bank à Kampala (Ouganda) au nom de Gendarme Rwema, lequel avait pour mission de fournir aux FRF le matériel Motorola et les espèces dont elles avaient besoin pour fonctionner.
Les relevés de la même banque révèlent aussi que 60.000 dollars ont été virés le 25 janvier 2006 à un compte à la Banque de commerce, de développement et d'industrie, établissement rwandais, au nom de Bilal Abdul Kalim Baziki, homme d'affaires libanais établi à Goma. Selon des témoignages recueillis par le groupe d'experts, M. Bilal a servi d'intermédiaire pour la réception de capitaux externes destinés au CNDP.
Les fonds zambiens détournés, utilisés par Soriano ?
Les experts de l'ONU affirment redouter que M. Soriano n'utilise des millions de dollars qui auraient été détournés de fonds publics zambiens pour continuer à financer le CNDP et les FRF.
Ils ajoutent que M. Soriano a quitté la Belgique pour Kigali à la fin du mois d'octobre, lors de l'escalade de la violence dans l'est de la RDC, selon des diplomates étrangers et des sources au CNDP.
La société belge Tradmet au centre du collimateur
Leur rapport cite également deux sociétés belges qui seraient impliquées dans l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC, principalement la cassitérite et le coltan.
La société Tradmet achète ainsi la production - plusieurs centaines de kilos de minerai par semaine - de la mine de coltan de Bibatama dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, une zone contrôlée par le CNDP par le biais du comptoir MUNSAD que gère Damien Munyarugerero, proche, selon plusieurs sources, du mouvement de Laurent Nkunda.
Selon les experts, Trademet a indiqué avoir travaillé avec le comptoir MUNSAD et le préfinancer depuis des années.
Dans une réaction à ce rapport, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a assuré que la Belgique coopérait pleinement avec le groupe des experts pour mettre en évidence des ressortissants belges ou des entreprises qui violeraient le régime des sanctions imposées par l'ONU.
"Le gouvernement belge prendra les mesures appropriées - tant en application de possibles décisions du Conseil de sécurité que pro-activement - pour que nos entreprises respectent les codes de conduite internationaux en vigueur", a-t-il assuré dans un communiqué.
Offensive conjointe contre la LRA dans l'est du Congo
Des militaires ougandais, congolais et sud-soudanais ont lancé dimanche une offensive conjointe contre les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le Parc national de la Garamba, à l'extrémité nord-est de la République démocratique du Congo.
"C'est une opération conjointe (...) Nous avons attaqué des bases de la LRA. L'opération a débuté ce matin", a dit à Reuters Paddy Ankunda, porte-parole de l'armée ougandaise.
Les gouvernements de RDC, de l'Ouganda et du Sud-Soudan se sont mis d'accord en juin pour lancer des opérations militaires conjointes contre la LRA si son dirigeant, Joseph Kony, ne signait pas un accord de paix définitif destiné à mettre fin à 22 ans de conflit.
Selon Ankunda, les forces coalisées ont attaqué plusieurs camps de la LRA. Dans un communiqué conjoint, les renseignements militaires des trois pays annoncent avoir "attaqué avec succès et détruit" le principal camp des rebelles.
Une victoire rapide est peu probable, soulignent cependant des experts en faisant remarquer que les rebelles ougandais sont implantés dans cette région de la RDC depuis quelque temps déjà et qu'ils ont l'habitude de la lutte de guérilla contre des forces supérieures en nombre et mieux équipées.
Le commandement de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), principale opération de maintien de la paix dans le monde, a précisé qu'aucune décision n'avait été prise à ce stade concernant le rôle qu'elle entendait jouer.
"Nous sommes en phase de collecte d'informations", a dit à Reuters le colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la force onusienne.
Le président ougandais, Yoweri Museveni, avait renouvelé la semaine dernière son appel à Kony pour qu'il signe l'accord de paix. Le chef de la LRA a boudé de nouveau les médiateurs et ne s'est pas présenté pour signer l'accord, élaboré au fil de deux ans de négociations menées au Sud-Soudan.
Kony exige que les inculpations prononcées par la Cour pénale internationale (CPI) contre lui et plusieurs de ses lieutenants soient annulées avant de sortir de ses repaires dans la jungle du nord-est de la RDC.
Des milliers de personnes ont été tuées et deux millions d'autres ont été déplacées en 22 ans de combats entre la LRA et le gouvernement ougandais. Ce conflit a déstabilisé ces dernières années des régions du Sud-Soudan, producteur de pétrole, et de l'est de la RDC, riche en minerais.
"Il est essentiel que les chefs de la LRA, dont Joseph Kony, que réclame la CPI pour des atteintes atroces contre des civils, soient appréhendés et livrés à la justice pour répondre de leurs crimes présumés. Cependant, toute initiative en ce sens doit minimiser le risque encouru par les civils et éviter l'utilisation excessive de la force", a déclaré Elise Keppler, conseillère de l'ONG Human Rights Watch