Trois armées africaines ont lancé l'offensive contre le mouvement rebelle ougandais LRA, détruisant sa principale base dans le nord-est du Congo-Kinshasa, ont annoncé lundi des responsables militaires.

Les armées d'Ouganda, du Sud-Soudan et de la République démocratique du Congo (RDC) ont attaqué les bases de l'Armée de résistance du seigneur, et totalement détruit le campement principal, utilisé notamment par le chef de la rébellion Joseph Kony, a précisé le colonel Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armée de RDC.

Ce campement, connu sous le nom de code de "camp Swahili", a été incendié, et "les opérations militaires contre ces terroristes se poursuivent", a-t-il ajouté.

Qualifiant l'opération de "succès", le porte-parole du gouvernement de Kinshasa Lambert Mende n'a cependant pas pu confirmer "la présence de Joseph Kony" dans le camp en question.

La LRA est l'un des plus vieux et sanguinaires mouvements de guérilla d'Afrique, qui sévit depuis 20 ans dans le nord de l'Ouganda, l'est de la RDC et le sud du Soudan.

Dirigée par Joseph Kony, sorte de prophète autoproclamé, elle est une émanation d'un groupe rebelle du nord constitué après l'arrivée au pouvoir en 1986 du président Yoweri Museveni, originaire du sud. Quelque 100.000 civils seraient morts dans le conflit, et 1,7 million de personnes ont fui, selon les organisations humanitaires. La sanguinaire LRA est tristement célèbre pour ses enlèvements de milliers d'enfants, forcés à combattre, transformés en serviteurs ou esclaves sexuels.

Kony et quatre autres hauts responsables de la LRA sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Après de longs pourparlers de paix, le Sud-Soudan assurant la médiation, Kampala avait renoncé en juin à aboutir à un accord, Kony traînant des pieds et réclamant l'immunité de ces poursuites.

Selon Paddy Ankunda, porte-parole de l'armée de Kampala, l'offensive désormais "se poursuivra jusqu'à ce que Kony et ses rebelles soient complètement finis".

David Matsanga, porte-parole de la LRA, jugeant que le processus de paix était donc bel et bien terminé, a menacé d'une riposte de grande ampleur, "ce qui sera malheureux, notamment pour les civils des trois pays"