Le système actuel de paiement en RDC accuse beaucoup de faiblesses, ainsi s'explique le besoin ressenti pour sa modernisation, un chantier majeur pour la Banque centrale du Congo (BCC). Dans le cadre du Projet compétitivité et développement du secteur privé ( PCDSP), financé par la Banque mondiale et exécuté par le Copirep, une étude sur la définition de la vision stratégique du cadre conceptuel et la préparation de mise en œuvre du projet sur la modernisation du système national de paiement et de règlement vient d'être confiée au consultant ERNST & YOUNG et associés.

Cette étude devra dégager avec le concours des toutes les parties prenantes les grandes orientations pour la mise en œuvre d'un système. Le coup d'envoi de l'étude a été donné ce mardi 26 décembre à l'hôtel Venus de Kinshasa par le gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu. Les conclusions de l'étude sont attendues d'ici deux ans.

Le projet lancé ce mardi devant la profession bancaire et le Copirep, est le fruit d'un financement de la Banque mondiale sous forme d'un don de 9,5 millions de dollars. Il va couvrir les besoins en investissements et s'inscrit dans le cadre de la consolidation du système bancaire congolais et l'amélioration du système national de paiement et de règlement de la RDC.

Dans son mot d'ouverture, le n°1 de la BCC a exprimé sa reconnaissance au Copirep qui assure le suivi administratif et financier du contrat avec le consultant recruté ERNST & YOUNG. Par ailleurs, le Copirep veille au respect des termes de référence du projet.

Un grand chantier de la BCC

Selon J.C Masangu, le projet de réforme des systèmes de paiement et de règlement mené par la BCC avec le concours de tous les acteurs publics et privés est actuellement l'un des plus grands chantiers de l'Institut d'émission. Et ce concomitamment avec la réforme monétaire et le lancement du Franc congolais, l'instauration du régime de change flottant et l'informatisation de la BCC couplée avec son réseau intranet de communications sur 39 points d'exploitation éparpillés sur le territoire national. Pour lui, hormis les enjeux stratégiques (techniques, commerciaux, économiques et politiques) du projet, cet important chantier s'explique par les faiblesses du système actuel. Faible taux de bancarisation soit 200 000 comptes pour 60 millions, soit 0,033 compte par habitant, une extrême faible diversité des instruments de paiement et par conséquent l'hégémonie de la monnaie fiduciaire dans le règlement des transactions ; un coût élevé des transactions ainsi qu'une lenteur avérée dans le dénouement des transactions qui passent par le circuit bancaire ; un réseau monétaire en développement privatif et cloisonné et l'inexistence d'un cadre juridique basé sur un système de paiement électronique. Autant des faiblesses listées par J.C Masangu.

Face à telle situation peu reluisante, il était urgent que la BCC mette sur pied ce projet d'envergure visant la modernisation du système. A en croire J.C Masangu, cela s'impose d'autant plus que cette réforme a des implications importantes pour la politique monétaire, l'établissement d'un système financier inclusif et intégré ainsi que de l'infrastructure nécessaire pour la mise en place d'un marché financier et boursier.

Dans tous les cas, il a émis le vœu de voir les travaux démarrés sur la conception, la mise en œuvre, le fonctionnement du système national, prendre en compte des facteurs propres à l'environnement congolais en intégrant les évolutions technologiques observées dans le secteur financier.

Au nom du Copirep, son secrétaire exécutif adjoint, Alexis Mangala a fait savoir que ce projet s'inscrit dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires. Le PCDSP comporte deux volets : l'amélioration du climat des affaires et la réforme des entreprises publiques. Et l'amélioration du climat des affaires passe notamment par l'amélioration de l'intermédiation bancaire. Alexis Mangala a fait remarquer que grâce à un financement additionnel de la Banque mondiale, le Copirep entend assister la BCC dans les axes ci-après : la modernisation du système national de paiement et règlement ; la modernisation de la centrale des risques de la BCC, la formation et l'appui technique à la sous-direction de la microfinance de la BCC,... Il a émis le vœu de voir la Banque mondiale et d'autres bailleurs du projet veiller pour que le système national de paiement à mettre en place soit conforme aux normes internationales.

Les banques commerciales ont montré la voie

Intervenant en sa qualité de président de l'Association congolaise des banques (ACB), Michel Losembe, administrateur délégué de Citi, a relevé aussi les faiblesses du système actuel. Pour lui, le nouveau système à mettre en place sera une étape décisive pour le secteur bancaire. Il va permettre de gérer dans un environnement électronique les flux bancaires et non bancaires. Sur ce point précis, il estime que les banques commerciales de la place ont déjà montré la voie en se lançant dans la modernisation.

Ces banques disposent de leur propre réseau satellitaire, d'investissement dans la monétique, des opérations bancaires par téléphone,... Toutefois, il a déploré que tout cela se fait sans interconnexion entre les banques commerciales et en ordre dispersé. Il croit ainsi que le nouveau système sera harmonisé et intégré pour bien faire les choses. Michel Losembe a plaidé pour que le nouveau système prenne en compte les technologies et les investissements déjà mis en place par les banques commerciales. En ce qui concerne l'ACB, elle s'engage en tant que partenaire à accompagner le projet lancé ce mardi 16 décembre.

En définitive, parmi les avantages attendus du système amélioré, il y a le dénouement des transactions financières en temps réel et la production des données y relativement aussitôt ; l'élimination total de tout risque de non paiement car tout ordre de paiement est exécuté de manière irrévocable ; la réduction considérable des délais de compensation bancaire ; l'introduction de nouveaux moyens de paiement autres que le numéraire (cartes de crédit, de débit ; le porte-monnaie électronique, le e-commerce,...) ; la liaison des différents ministères, des régies financières et des PTT au réseau du système national de paiement et règlement