carte_kIVU5000 déplacés, 200 jeunes enrôlés, 20 enfants portés disparus, 13 civils tués,…

Même si le mouvement rebelle du CNDP continue à nier sa responsabilité dans ce qui s'est passé dans la journée du 25 novembre à Kiwanja, la première mission d'enquête a accueilli des témoignages crédibles impliquant les miliciens du général déchu du RCD dans ce massacre.

Une mission onusienne envoyée à Kiwanja du 3 au 8 décembre a ramené les premiers résultats. Ces derniers font état de plusieurs exactions contre des civils. Au moins 5000 personnes ont fui leurs villages pour se refugier en Ouganda. 200 jeunes garçons ont été enrôlés de force dans les rangs du CNDP et sont soumis à des travaux forcés.20 enfants sont portés disparus, 29 maisons pillées dont neuf brulées.

Il y a trois jours, dans sa logique d'extermination, le CNDP a procédé à une nouvelle incursion à Kiwanja. Ses éléments ont, une fois de plus, volé. Ils ont passé à tabac plusieurs personnes et ont arrêté d'autres.

Le prétexte est toujours le même, la protection de " leurs populations " contre les envahisseurs ( entendez par là, le PARECO et les FARDC, pour le CNDP). Et en même temps, il a ouvert le feu, le dimanche soir, sur deux villages situés à 25 kms du territoire de Masisi.

Des tirs nourris à l'arme lourde ont retenti durant toute la nuit. Comme dans pareilles circonstances, les populations civiles ont été contraintes de fuir vers les villages encore calmes.

Les éléments de Laurent Nkunda voulaient ainsi récupérer ceux qu'ils qualifient des postes stratégiques occupés par le PARECO. Le congrès national pour la défense du peuple a continué ses enlèvements, ses détentions illégales ainsi que ses pratiques frauduleuses de fixation des taxes sans lesquelles, ses miliciens ne peuvent survivre, note la Monuc.

Tous ces actes de violence se passent sur le territoire congolais alors qu'au même moment, sur le sol Kenyan, des tractations pour le retour de la paix se poursuivent. Celui là même qui se proclame défenseur du peuple Tutsi, qu'il tue en même temps, est devenu d'un coup défenseur de tous les congolais.

Ses revendications ont dépassé les bornes de la province du Nord Kivu. Elles s'étendent désormais sur toute la République. Le CNDP remet en cause tout le processus démocratique. Toute personne qui le ramène à la raison, est soit son ennemi, soit un allié de Kinshasa. Bref, le CNDP n'est pas prêt à déposer les armes.

DDRRR : plus des 10.000 ex combattants déjà rapatriés

Malgré les négociations qui piétinent et les crises humanitaires horribles, les atrocités sans précédent, un travail de fourmi s'effectue malgré ces nouvelles alarmantes.

La section Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration (DDRRR) de la MONUC compte déjà à son actif, 10.597 ex-combattants qu'elle a accompagné. Parmi eux, on compte 6.387 rwandais. Pour l'année 2008, 751 ex-combattants, 41 enfants soldats et 511 dépendants ont profité de ce processus. Parmi eux, 18 combattants FDLR ainsi que leurs dépendants sont rentrés au Rwanda.

L'épine dans les relations rwando-congolaises, les ex-FAR Interhamwe soufflent toujours le chaud et le froid quant à leur retour sur sol rwandais. Ils ne veulent jamais pousser sur l'accélérateur afin d'obliger le gouvernement Kagame à engager un dialogue national.

Au contraire, toutes ses revendications se font sur le sol congolais. Dernièrement, les FDLR ont menacé d'attaquer l'armée congolaise si jamais elle met à exécution, le plan de désarmement signé avec le Rwanda.

Qualifiant ces accords de déclaration de guerre. Les ex-FAR se trompent-ils de cible ou sont- ils incapables d'affronter leur propre gouvernement ? C'est la question que tous les Congolais se posent toujours. Il n'est jamais tard pour se rattraper. Nous pensons qu'à l'instar de la République Centre Africaine ; le Rwanda pourra aussi s'engager dans le dialogue national avant la fin de l'année qui va commencer dans 14 jours. Afin de mettre définitivement fin à ce prétexte des conflits qui jettent des milliers des Congolais sur les routes alors que les rwandais vivent dans la quiétude.

Sinon, le schéma emprunté par les gouvernements congolais, soudanais et ougandais pour traquer la LRA de Joseph Koni sera une bonne expérience pour résoudre cette épineuse question qui envenime au jour le jour les relations diplomatiques de ces deux frères ennemis condamnés pourtant à vivre ensemble.