Des experts de l'ONU soupçonnent que des armes chinoises ont été livrées l'été dernier au Zimbabwe via le Soudan et la République démocratique du Congo (RDC), selon leur rapport d'activité.

"Du 20 au 22 août, un Boeing 707 a effectué quatre vols entre deux villes congolaises (Kinshasa et Lubumbashi) et Harare et transporté 53 tonnes de munitions destinées à l'armée zimbabwéenne", selon ce rapport au Conseil de sécurité publié le 12 décembre.

"Bien que cette livraison ne constitue pas une violation de l'embargo sur les armes imposé à l'est de la RDC, elle démontre que le Congo sert peut-être de plaque tournante pour des cargaisons d'armes à destination d'autres pays", souligne le document.

Le Conseil de sécurité a imposé un embargo sur les armes à destination de la multitude de milices armées qui opèrent dans l'est de la RDC mais pas à l'armée régulière du pays, les FARDC. Celles-ci peuvent recevoir des équipements militaires à condition que l'exportateur informe à l'avance le comité des sanctions de l'ONU.

Or le groupe d'experts affirme avoir obtenu des informations concernant "des fournitures militaires importées par avion à destination des FARDC en provenance de Khartoum, sans qu'il y ait eu notification au comité des sanctions".

Et il a "reçu des informations crédibles selon lesquelles les armes transportées provenaient de Chine". Il "a écrit au gouvernement chinois et attend sa réponse".

"Etant donné que la RDC ne produit pas d'armes ou de munitions, ce stock aurait été importé en RDC sans notification et ensuite éventuellement exporté (au Zimbabwe) en violation de l'accord originel concernant l'utilisation finale avec l'exportateur d'origine", explique le rapport.

Plus généralement, le groupe d'experts fait état de nombreuses liaisons aériennes suspectes en provenance de pays voisins ou proches (Afrique du sud, Burundi, Kenya, Ouganda, Tanzanie) et à destination de la RDC, pour lesquelles il a demandé sans succès des documents de vol et manifestes de chargement.

Il indique aussi que peu d'Etats, en particulier dans la région des Grands Lacs, ont pris des mesures pour mettre en oeuvre les sanctions du Conseil de sécurité, notamment l'interdiction de voyager à l'étranger et le gel des avoirs financiers imposés à certains ressortissants congolais.

Le groupe recommande au Conseil de renforcer les moyens de controle du respect des embargos.