NairobiLe mouvement rebelle de Laurent Nkunda a refusé de s'engager de nouveau à respecter un cessez-le-feu unilatéral qu'il a déclaré le 6 décembre au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, indiquent les médiateurs aux pourparlers de Nairobi.

"Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) a refusé de signer une déclaration commune de cessation des hostilités avec le gouvernement de RDC", ont souligné les médiateurs dans un communiqué.

"En outre, le CNDP n'a pas voulu s'engager à nouveau à respecter sa propre déclaration unilatérale de cessez-le-feu", ont-ils ajouté.

Les médiateurs, qui s'efforcent d'obtenir à Nairobi un accord pour mettre fin à quatre ans de conflit dans l'est de la RDC, ont ajouté que Kinshasa avait en revanche renouvelé son engagement à respecter sa trêve décrétée le 18 novembre.

Les discussions dans la capitale kényane sont pilotées par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et l'ex-président tanzanien Benjamin Mkapa. Elles doivent reprendre le 7 janvier.

Etant donné la persistance de désaccords sur la composition même des formations habilitées à négocier, le gouvernement congolais et le CNDP ont déclaré que les discussions devaient d'abord s'attacher à consolider le cessez-le-feu.

Mais le refus des rebelles tutsis de renouveler leur engagement à respecter une trêve fait craindre un retour des affrontements, qui ont fait 250.000 déplacés depuis juillet.

"LE DIALOGUE SE POURSUIT"

Les médiateurs ont expliqué que le CNDP ne comptait pas étudier un accord de cessez-le-feu commun car les forces gouvernementales congolaises ont selon lui repris des territoires à la suite du retrait des rebelles. Ces allégations sont "sans fondement", ont-ils ajouté.

Laurent Nkunda a insisté au cours des pourparlers pour obtenir des négociations directes avec le président Joseph Kabila. Les délégués du CNDP ont également réclamé que des représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat, soient désignés comme "facilitateurs".

Ces revendications ont été rejetées par Kinshasa, mais les médiateurs ont assuré que le dialogue se poursuivait.

Les Nations unies ont décidé l'envoi de 3.000 hommes en renfort des 17.000 casques bleus déjà présents en RDC dans le cadre de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc). Mais le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a souligné qu'il faudrait six mois pour les déployer dans le pays et demandé à l'Union européenne d'envoyer une mission relais.

Les Vingt-Sept sont divisés sur cette question et le porte-parole de la diplomatie européenne Javier Solana a été chargé de préparer une réponse.