armesA l’issue d’un mois de campagne, soit du 19 novembre au 19 décembre 2008, le Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (Parec en sigle), mené par son promoteur le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, a récupéré 4.051 armes à feu des mains des habitants de la capitale congolaise, Kinshasa, en République Démocratique du Congo, RDC. Les possesseurs d’armes ont reçu chacun 100 dollars et en public à la remise de ces armes.

Dans le bilan publié par le Parec, cette Ong a fourni de plus amples précisions sur la moisson d’armes à feu et autres armes blanches, armes défensives et effets militaires. Dans son entrepôt outre les armes à feu, le Parec a recueilli 2.154 grenades, 3.862 chargeurs d’armes garnis (d’au moins 20 cartouches), 561 baïonnettes, 62 lance roquettes, 390 ceinturons militaires et ’autres effets militaires.

Dans la démarche d’échange d’armes contre le montant de 100 dollars, les membres du Parec ont révélé avoir obtenu dès avant le début de campagne (c’est-à-dire avant le 19 novembre 2008) dans la commune de Barumbu où est le siège de l’Ong ; 258 armes à feu, 58 grenades et 117 chargeurs garnis. Aux premiers jours du lancement officiel de la campagne, les activistes du Parec ont recueilli 297 armes à feu, 144 grenades et 270 chargeurs garnis. Lors de la deuxième étape dans la commune de Kintambo dans la partie Ouest de la ville et près du camp militaire d’infanterie et des agents de transmission, ils ont reçu des mains des habitants du lieu 565 armes à feu, 230 grenades et 317 chargeurs garnis.

L’immense commune de Ngaliema dans la périphérie sud de la ville a fourni 912 armes à feu de différentes calibres, 330 grenades et 848 chargeurs garnis. Dans la commune de Kalamu, au centre névralgique de la capitale congolaise et lieu d’ambiance des noctambules de la ville de Kinshasa, les membres du Parec ont récolté 176 armes à feu dont deux armes lourdes, 186 grenades, 150 chargeurs garnis, 33 baïonnettes et d’autres effets militaires.

Au cours de cette dernière cérémonie de remise d’armes à feu, le pasteur Ngoy Mulunda a dédié la 4.000ème arme à feu à la presse congolaise qui n’a cessé de sensibiliser ses lecteurs et autres téléspectateurs au danger de possession d’armes de guerre par la population civile. Le promoteur du programme Parec a également souhaité obtenir une prolongation de cette campagne en vue d’atteindre les communes de la partie Est de la ville, du reste la partie la plus populeuse de la capitale comme les communes de Ndjili, Kingasani et autre Kimbanseke. Il souhaite également réaliser le chiffre de 10.000 armes récoltées, qui selon cet homme d’Eglise, font de Kinshasa une véritable poudrière en instance d’exploser. Il a profité de cette occasion de remercier la présidence de la République congolaise qui a financé cette opération tout en émettant le vœu de voir la communauté internationale soutenir également ce genre d’entreprise.

Des femmes possesseurs d’armes en majorité et danger d’une opération biaisée

Une des curiosités de l’opération ‘échange d’armes de guerre contre 100 dollars’ a été le grand nombre de femmes venues remettre les armes de guerre aux activistes du Parec. Au-delà des mesures de précaution pour ne pas être identifiées, ces femmes ont révélé être en majorité envoyées par leurs compagnons dont certains sont des militaires actifs. Elles n’ont pas expliqué comment leurs compagnons se sont retrouvés en possession d’armes en surplus mais cela constitue un indice inquiétant sur le faible contrôle dans la distribution d’armes aux hommes de troupe, ont noté les observateurs. Toutefois ces femmes ont affirmé, en aparté, ne pas avoir été inquiétées ni à la remise, ni après cette opération par les forces de l’ordre. Un des mérites collatéraux de pacification de la capitale est la réduction d’armes de guerre aux mains des irresponsables tant civils que militaires a avoué, à la presse locale, une des autorités municipales présentes à cette cérémonie.