CNDP5 jeunes garçons ont été enlevés depuis une semaine à Kiwanja, à 4 kilomètres de Rutshuru centre. Leurs familles s’inquiètent. Des sources sur place attribuent ces enlèvements aux hommes du CNDP et indiquent que plusieurs autres cas pareils sont enregistrés chaque jour dans différents villages du même territoire. Le CNDP rejette ces allégations et parle plutôt d'adhésions massives et volontaires enregistrées ces derniers temps au sein de ce mouvement

Selon un activiste des droits de l’homme contacté sur place, ces jeunes gens dont l’âge varie entre 15 et 17 ans ont été pris de force alors qu’ils travaillaient dans un champ de soja. La même source ajoute que parmi d’autres jeunes arrêtés dans la même cité de Kiwanja il y a trois semaines lors d’un bouclage par le CNDP, certains sont restés introuvables jusqu’à ce jour. Selon l’activiste des droits de l’homme, certains de ces jeunes disparus se trouveraient dans un camp d’entraînement du CNDP.

Contacté, Me Mwitinganisha, cadre de ce mouvement politico militaire chargé des questions des droits de l’homme, a rejeté les accusations portées contre son organisation. D’après lui, une centaine de personnes seraient en formation à Rumangabo. Et ces personnes seraient des habitants de différents villages qui auraient adhéré volontairement au CNDP. Cette formation organisée à Rumangabo, précise le cadre du mouvement, viserait l’encadrement des forces d’autodéfense populaire dans tous les villages sous contrôle du CNDP, pour lutter contre le banditisme et des incursions des Maï-Maï.

« On n’a jamais cessé de déplorer la floraison de milices »

Réagissant aux propos du cadre du CNDP alléguant une formation des forces d’autodéfense, le ministre provincial du Nord- Kivu en charge de la sécurité et décentralisation, Charles Kasereka Kalwahe, estime que c’est une façon de créer des milices. Il explique : «Il faut une source indépendante pour poser la question à ces jeunes enfants pour qu’ils nous affirment qu’ils ont été recrutés volontairement. C’est que nous savons, ce qu’une partie parmi ces enfants a été recrutée par force. Dire que, on est en train de leur donner une formation d’autodéfense populaire, on est à l’encontre de le Constitution. C’est la police et l’armée qui ont en charge la sécurité de la population du territoire. Demander à des civils de s’occuper de leur propre sécurité c’est exactement former une milice. ». Et de conclure : « C’est à cause des milices qu’il y a prolifération d’armes, et c’est à cause de la prolifération d’armes qu’il y a des tueries en cascade. »

Le ministre de la Défense et le chef d’état-major général des FARDC à Goma

Par ailleurs, le ministre de la Défense, Mwando Nsimba et le chef d’état-major général des Forces armées de la RDC, le général Etumba, sont arrivés dimanche après-midi à Goma. Ils se sont rendus au poste de commandement des opérations des FARDC su l’axe Goma-Rusthuru, à Kibati, à une dizaine de kilomètres de la ville de Goma. Ces deux personnalités n’ont fait aucune déclaration, mais des sources proches des FARDC indiquent que le ministre de la Défense va rencontrer à Goma même son homologue rwandais

Source : Okapi/Kinshasa