Sac_de_cimentFace à la crise financière internationale et la pénurie du ciment en RDC, le ministère de l'Economie déploie tous ses efforts pour que le prix concerté de 23,82 USD soit encore revu à la baisse.  Malgré les mesures prises en matière de libéralisation, le ciment demeure rare sur le marché et son prix diffère d’un vendeur à un autre. Bonny Mwawatadi, secrétaire général au ministère de l'Economie, fixe l'opinion sur cette problématique et fait une projection sur le nouveau prix du ciment.
Interview…

Q : Le gouvernement central vient de libéraliser la vente du ciment en RDC, mais pourquoi rien n’est encore ressenti dans ce secteur?


BONNY MWAWATADI
: Je pense que vous n’êtes pas suffisamment au courant de l’évolution de la situation sur le terrain. Le gouvernement central a, non seulement libéralisé l'importation du ciment, mais il a également décidé de la défiscalisation en ce qui concerne l'exonération des droits d'entrée et des impôts sur le chiffre d'affaires. Aussi, les bénéficiaires de ces mesures incitatives doivent répondre à certaines conditions, notamment en présentant leur structure des prix à l'importation, une concertation avec le secrétariat général à l'Economie et la signature du contrat-programme avant la mise en vente de leurs produits. Donc, le prix de vente doit être concerté. Celui-ci doit refléter les dépenses réellement engagées par l'importateur du lieu de départ jusqu'à l'arrivée du produit dans le dépôt, augmenté de sa marge bénéficiaire légale.


Q : Comment expliquez-vous que le prix diffère d'un vendeur à un autre?

BM :
Le prix diffère d'un vendeur à un autre puisque le prix est fonction de la valeur d'acquisition du produit auprès du fournisseur étranger, du transport de ce lieu jusqu'à la frontière congolaise. A cela, il faut aussi ajouter les frais connexes à l'intérieur du pays, notamment la manutention ainsi que les autres taxes. En d'autres termes, ce prix est fonction du prix FOB, fret (le transport de ce lieu jusqu'à la frontière) et assurance. Ce qui fait le prix CIF.


Q : A quand la première livraison découlant de la libéralisation et à quel prix sera vendu le sac de ciment à Kinshasa?


BM
: La première cargaison est déjà à Kinshasa. Le prix CIF à Matadi de cette première cargaison, selon les dossiers qu'on nous a donnés est de 9 USD. Plus le coût intérieur, hormis les droits d'entrée et l'ICA, ce prix est de plus ou moins 13 USD. Ce qui fait que le ciment vendu à Kinshasa, y compris le transport, revient à plus ou moins 22 USD. Plus la marge bénéficiaire légale, le prix est à plus ou moins 24 USD. Le prix proposé était de 25,65 USD. Mais après concertation, le prix a été ramené à 23,82 USD, sans compter d'énormes pertes subies par l'importateur et les frais de distribution. A l'heure actuelle, le ministère de l'Economie est entrain de déployer les efforts pour faire bénéficier aux importateurs la baisse de certains frais intérieurs afin de voir le prix du ciment revu à la baisse.

Q : N'est-il pas possible de ramener le prix du ciment à moins de 21 USD le sac?


BM :
En effet, nous croyons qu'avec la concurrence entre plusieurs importateurs et le rabattement de certains frais intérieurs, nous pouvons gagner le pari de voir, dans les jours à venir, le prix du ciment rentrer dans la fourchette de moins de 20 USD.

Q : La libéralisation ne risque-t-elle pas de provoquer la faillite des entreprises locales?
BM :
Pour le moment, l'importation vient suppléer au déficit de la production locale. Nous devons aussi dire que cette importation est limitée dans le temps et l'espace.

Q : Quel message avez-vous pour la population?
BM :
La population doit comprendre à leur juste valeur les préoccupations du gouvernement de la République. Tout est fait pour rendre visible le ciment sur le marché à des coûts abordables.