http://www.rtbf.be/info/guerre-1998-2004-en-rdc-183000-morts-la-libre-belgique-67776

A la veille des festivités marquant la fin de l'année, le quotidien belge "la libre Belgique" reprenait les conclusions d'une étude commandée par l'union européenne auprès de deux experts Belges (André Lambert & Louis Lohlé-Tart). Cette étude avait pour objectif, de se pencher "plus sérieusement", "plus objectivement" sur la surmortalité observée en République Démocratique du Congo, durant les événements qui se sont produits sur une période s'étalant entre 1998 et 2004. Mon propos ici n'est pas de remettre en cause les méthodes "comptables" ou encore "statistiques" de ces deux experts, bien plus, je souhaite attirer l'attention des nos lecteurs, sur une tendance lourde qui caractérise aujourd'hui "la communication politique" : il s'agit de la concurence victimaire. le manièment des chiffres, est loin d'être un exercice anodin dans la mesure où, il y a des "effets de seuil ", des "effets de sens" qui jouent. les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds internationaux, les professionnels de l'humanitaire, l'opinion publique...............sont les principaux destinataires/consommateurs de ces études. N'oublions pas non plus, la dimension "reconnaissance" qui est inhérente également à ce type d'exercice.

"les effets de seuil"

A partir de combien de victimes, le curseur passe de "massacres généralisés" au "génocide" ?
A partir de quel seuil, peut-on envisager le montage "d'une opération-militaire" ?

"les effets de sens"

ici il s'agit de la perception autour de ce qui fait la légitimité ou l'illilégitimité d'une mobilisation, cause probable de la frilosité dont font preuve certains pays, qui n'osent condamner Israël ou le Rwanda (ou lorsque les victimes d'hier, deviennent les bourreaux d'aujourd'hui).

Au vu de ces quelques observations, soyons vigilants car derrière le maniement des chiffres, se dissumulent d'autres enjeux tout aussi importants tels que le fait de distinguer l'agresseur de la victime.