Kinshasa et la rébellion du CNDP avaient reçu sept jours pour conclure un cessez-le-feu au Nord-Kivu. Ce délai arrive à expiration ce samedi. La communauté internationale, médiatrice aux pourparlers de Nairobi, entend imposer au gouvernement et à la rébellion de signer, aujourd’hui, le fameux accord. Lequel sera endossé, le 15 janvier, par les chefs d’Etat de pays des Grands Lacs. Est-ce trop demander aux belligérants ?

Ce jour, Nairobi III est arrivé à son terme. L’Onu attend un accord formel de cessez-le-feu dûment signé par les délégués du gouvernement de la RDC et du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Afin de mettre définitivement la province du Nord-Kivu à l’abri des crépitements si fréquents des armes automatiques.

A observer la disponibilité dont le chef du CNDP a fait preuve, en envoyant ses représentants au troisième round des pourparlers de Nairobi, il y a une lueur d’espoir que, cette fois, le médiateur Olusegun Obasanjo et le co-médiateur Benjamin M’kapa tireraient leur épingle du jeu.

Jeudi, déjà, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies aux pourparlers de Nairobi, de retour de New York, avait conféré avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à Kinshasa.

Son périple l’a conduit le même jour à Kigali, où était prévue une rencontre avec le président rwandais Paul Kagamé. Vendredi, il s’est rendu tôt le matin à Jomba, au Nord-Kivu, pour échanger avec le général rebelle Nkunda. Et ce, avant de s’envoler pour Nairobi.

Par téléphone avec Kamerhe et Kengo

De sa rencontre avec le chef du CNDP, les agences de presse internationales, dont AFP, rapportent ces propos attribués à Nkunda. « Le général Obasanjo s’entretiendra par téléphone avec Vital Kamerhe et Léon Kengo, présidents respectivement de l’Assemblée nationale et du Sénat ». Ces propos font écho à l’exigence antérieure de L. Nkunda de voir participer aux discussions de Nairobi les présidents de deux chambres du parlement congolais.

Il y a lieu de s’accorder sur le fait que les pressions de la communauté internationale sont en passe d’avoir un impact positif sur le comportement du chef rebelle. Ce qui laisse augurer d’une issue heureuse de Nairobi III.

Incidemment, la crise de leadership ouverte au sein du CNDP par Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, le chef d’état-major du mouvement rebelle, a insufflé tant soit peu l’esprit de collaboration du premier cité avec la médiation onusienne. On peut penser, en outre, que les non dits de cette crise auraient inspiré plus de crainte que d’assurance à tous les leaders du CNDP.

Cette donne-là de crise de leadership au CNDP - est venue apporter de l’eau au moulin de la médiation. Un facteur qui pourrait jouer en faveur de la signature ce samedi, sans atermoiements, de l’accord formel de cessez-le-feu. Il ne restera plus qu’à le consolider au niveau des chefs d’Etat.

La prochaine étape, justement, sera marquée, le 15 janvier, par la conférence des chefs d’Etats des pays des Grands Lacs. Ceux-ci ont reçu mission d’avaliser l’accord de cessez-le-feu du 10 janvier. La détermination de Kinshasa et Kigali

Il s’agira, selon les observateurs, d’appliquer la résolution 1856 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour mémoire, la résolution engage les belligérants au respect du « Programme Amani » élaboré et agréé à Goma en janvier 2008.

En conséquence, la question des rebelles hutus rwandais (FDLR et Interahamwe) basés en RDC depuis 1994 trouvera sa réponse. En clair, ceux des réfugiés qui accepteront de se démobiliser et de rentrer au Rwanda seront assistés par la Monuc.

Par contre, ceux qui craignent pour leur vie seront contraints de choisir un autre pays d’accueil, à défaut de subir l’assaut conjoint des armées de la RDC et du Rwanda, sous commandement de la Monuc, en vue d’une démobilisation forcée.

Les rencontres actuelles de la hiérarchie militaire de deux pays en dit long sur la détermination de Kinshasa et Kigali d’extirper l’écharde aux fins de rebâtir la confiance et la coopération entre les deux pays et leurs peuples. En fin de compte, l’accord de cessez-le-feu est vivement attendu. De sa signature dépend les graves décisions que devraient prendre les chefs d’Etat la semaine prochaine.

Plaise au ciel que ce samedi devienne historique, grâce à la coopération franche des délégués congolais aux négociations directes entre le gouvernement de la République et la rébellion qui endeuille depuis une décennie le Nord-Kivu.

Source : le Potentiel/Kinshasa