Avec dans leur lot des passeports qui portent des numéros de série identiques, on les appelle désormais les passeports à problèmes. Dans tous les cas, ils ont sérieusement écorné le crédit de tout un pays.

Ce n’est pas dans deux ou trois jours que l’on va tirer les rideaux sur les passeports semi-biométriques. Il en faut encore plusieurs du fait de la grossière méprise commise dans l’impression de ce document : des numéros de série identiques, poussant ainsi certaines ambassades, le Benelux notamment, à ne pas accorder de visa à leurs détenteurs.

Comme c’est par ces passeports que le scandale est arrivé, le ministre des Affaires étrangères n’a pas trouvé mieux que d’en interrompre la délivrance. « Dans un cas comme celui-là, nous avons pris nos responsabilités. J’ai interrompu immédiatement la délivrance de ces passeports », a indiqué Thambwe Muamba.

Et d’expliquer : «Ceux qui avaient passé la commande de cette nouvelle série de passeports semi-biométriques - 53.000 au total - n’ont pas eu le temps nécessaire de se rendre compte qu’ils avaient commis une erreur monumentale, à savoir ces passeports semi-biométriques ont les mêmes numéros de série que les passeports ordinaires qui étaient déjà en circulation ».

Résultat : on peut trouver deux porteurs congolais d’un passeport ordinaire portant le même numéro. « Il est évident que, même nous au niveau congolais, nous ne l’aurions jamais accepté», a déclaré le ministre. «On aurait pu s’en rendre compte et ce, d’autant plus que ces passeports ont été imprimés par l’Hôtel de monnaies », commente-t-il.

«Nous allons corriger»

«Nous allons essayer de corriger cette méprise avec les passeports biométriques à partir du mois d’avril prochain », s’est engagé le ministre des Affaires étrangères, affirmant que l’on allait « remplacer en priorité les passeports semi-biométriques pour lesquels les porteurs actuels sont des victimes ».

«Nous trouverons une formule pour les remplacer », a-t-il rassuré. Comment ? Soit gratuitement pour tous ceux qui sont porteurs de ces passeports soit alors on va leur faire payer la différence entre le prix officiel qu’ils ont payé au ministère des Affaires étrangères et le prix du passeport biométrique. Celui-ci, a-t-il indiqué, va se situer autour de cent dollars.

Un accord a été signé avec une entreprise française pour la fabrication d’un million cinq cent mille passeports biométriques définitifs. « Elle va nous livrer les premiers passeports à la fin du mois de mars prochain, à raison de 300.000 passeports par mois à partir d’avril», a révélé Thambwe Muamba, se confiant à radiookapi.

«Je vais, a affirmé le ministre, réunir ce lundi un certain nombre d’ambassadeurs pour que nous puissions trouver une formule transitoire pour les deux mois qui nous séparent de l’arrivée des passeports biométriques ». De toute façon, il n’y a pas que les pays du Benelux qui posent le problème. « Il y a également d’autres pays du système Schengen », a-t-il reconnu.

Source : le Potentiel/Kinshasa