La communauté humanitaire à Dungu, la société civile locale ainsi que la division Droits de l’homme de la Monuc/Kisangani se disent préoccupées par le sort des populations civiles de cette juridiction. Ces préoccupations ont été soulevées samedi au cours de deux rencontres séparées tenues respectivement avec les commandements des opérations militaires ougandaise et congolaise, rencontres organisées par la division des droits de l’homme de la Monuc. Il s’avère que depuis le début des opérations militaires contre les rebelles le 14 décembre dernier, des populations civiles sont de plus en plus menacées par les rebelles dans diverses localités.
Les chiffres avancées sur place, bien que divergents, font état de plus ou moins un millier de personnes assassinées par la LRA. Conscients de cette triste réalité, le commandant des opérations militaires a fait savoir que des efforts sont en train d’être fournis par la coalition de trois armées pour neutraliser totalement l’ennemi. Ce qui faciliterait, d’après le général de brigade Patrick Kankiriho, la protection des civils. La même source indique que par rapport à cette logique, les bombardements aériens n’ont visé que des camps à force concentration de l’ennemi. Et pour sécuriser davantage les civils, les FARDC leur demandent de rejoindre chaque fois les zones qu’elles occupent pour isoler l’ennemi, afin que ce dernier soit bien combattu.

Depuis le 14 décembre dernier, les opérations militaires conjointes des armées de la RDC, de l’Ouganda et du sud Soudan ont débuté dans le parc de la Garamba contre les rebelles ougandais de la LRA. Ces opérations ont pour objectif notamment de contraindre les rebelles ougandais à se rendre. Il faut dire d’abord que ces opérations ont été engagées après le refus de Joseph Kony de se rendre à Djuba pour signer l’accord de paix avec le gouvernement ougandais en décembre dernier. Environ trois semaines, après le lancement de ces opérations, il est difficile de tirer un quelconque bilan parce qu’elles sont toujours en cours.

Quelle est la stratégie utilisée au cours de ces opérations ? La stratégie est celle de bombarder les camps de force concentration de l’ennemi. Mais depuis, le commandant des opérations militaires a décidé d’allier la sensibilisation au canon pour aller vite. Cette sensibilisation se fait au moyen des dépliants qui sont largués par hélicoptère en forêt. Ces dépliants montrent les photos de 5 femmes de Joseph Kony et plusieurs enfants qui avaient été enlevés par les rebelles et repris par l’UPDF, l’armée ougandaise. Un autre dépliant met en exergue la photo d’un commandant de Koni qui avait été capturé par l’UPDF et qui vivrait paisiblement dans la localité de Koru. Tout ceci dans l’objectif d’exhorter les rebelles à se rendre.

Mais cette sensibilisation ne se fait pas du tout aisément. Elle est émaillée de plusieurs difficultés selon le commandant des opérations. La première difficulté, selon le commandant des opérations militaires conjointes, c’est la guerre psychologique menée par Joseph Kony contre ses éléments. Celui-ci empêcherait les rebelles d’être en contact avec ces dépliants, qui, selon lui, seraient infectés de poison. La personne qui les toucherait serait empoisonnée ipso facto, explique le commandant Kankiriho. La deuxième difficulté, c’est la peur de rebelles de se faire bombarder à l’approche de l’hélicoptère qui largue les dépliants. Ce qui fait que la plupart des rebelles se cachent en forêt.

Source : Okapi/Kinshasa