KAMEREHCette question qui ne devrait pas être d'actualité est, malheureusement, sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois déjà. Des gens que cela étonne, cherchent, en effet, à comprendre ce qui se passe au sein de la famille politique du chef de l'Etat où visiblement le registre pour un règlement des comptes personnels, sur la place publique, semble être ouvert depuis quelques mois déjà.

A la manière dont les choses se passent en ce moment, on est tenté de croire que la famille politique de Kabila est comme poursuivie par un signe indien qui n'ose pas encore dire son nom. Elle qui a gagné les élections, ne perd aucune occasion pour se mettre les bâtons dans les roues, dans l'espoir, cynique, que les choses ne marchent pas comme le souhaitent les Congolais. 

Alors que le pays croule sous le poids de plusieurs problèmes réels auxquels, curieusement, il peine à trouver des solutions satisfaisantes, il se trouve des personnes pour lui ajouter d'autres dont il peut, et doit bien, se passer. Car, il y a plus urgent qu'inventer des problèmes dans l'unique but de déstabiliser ceux qui, en conscience, font ce qu'ils doivent faire, pour le pays et pour Kabila. On sent, en effet, qu'à dose homéopathique, il y a un message que l'on tente de faire passer dans l'opinion.

La question : quelle est cette politique, et pour quel dividende palpable, qui consiste à déstabiliser malignement ceux des proches parmi les plus engagés aux côté du chef de l'Etat ? Qui a intérêt à inoculer ce virus de méfiance et de la confusion au sein de cette famille politique dont on attend qu'elle honore ses promesse électorales ?

Quel que soit l'habit qu'on lui fait porter, le combat contre Kamerhe est, à tous égards, dirigé contre Kabila lui-même. Vouloir coûte que coûte fragiliser Kamerhe, ce n'est pas là le meilleur moyen de consolider le pouvoir de Kabila. Maintenant, posons nous la question de savoir : de quoi s'agit-il ? De quelques faits récurrents qui sentent, même à distance, le règlement de compte.

Pris les pieds dans le tapis, quelques parlementaires indélicats de la famille politique de Kabila soufflent le chaud et le froid en distillant le message selon lequel Kamerhe jouerait un jeu personnel. Et comme s'ils savaient lire dans les nuages, ils soufflent aux oreilles qui leur sont attentives, que tout compte fait, le président de l'Assemblée nationale lorgnerait sur le fauteuil de Kabila. Ces parlementaires qui sont incapables de s'assumer publiquement essaiment partout où il y a un vide pour jeter leur message.

L'histoire de Nkunda qui aurait les faveurs de Kamerhe pour une négociation globale trouve là sa racine. En prenant prétexte des négociations de Nairobi autour desquelles Nkunda voudrait une implication personnelle de Kamerhe et de Kengo, ce qui n'engage que Nkunda lui-même, les mauvais amis de Kamerhe voient là la preuve qu'il est de connivence avec le rebelle de Jomba. Auprès de qui on chercherait, qu'on ne trouverait pas, le moindre dividende politique que Kamerhe pourrait en tirer.

N'importe comment, l'affaire Nkunda est la minable petite tige qui cache la vaste forêt. Pour le besoin de la cause, Nkunda devient le raccourci, le prétexte pour avoir la peau de Kamerhe à peu de frais. Qu'il ait failli devenir Premier ministre, lui qui ne nomme ni ministres ni le Premier d'entre eux, voilà le vrai péché que l'on ne veut pas pardonner à Kamerhe.

De quel droit, s'interrogent toutes ces consciences révoltées, Kamerhe voulait et pouvait devenir Premier ministre ? Et pour lui enlever jusqu'au goût d'y penser un jour, on lui confectionne des trahisons sur mesure et des problèmes de nature, espèrent les mêmes consciences, à le noyer complètement et définitivement.

Mais attention au retour de la manivelle, car les faits, têtus par essence, ne manquent pas pour inquiéter, s'ils persistent dans leur entreprise, tous ceux qui veulent créer un climat de méfiance entre Kabila et Kamerhe. Cela veut dire aussi que la capacité de nuire, n'est pas le monopole des seuls lâches. C'est toujours mieux de ne jamais perdre ça de vue

Source : l'observateur/Kinshasa