Le représentant spécial du secrétariat général des Nations unies en RDC, Alan Doss, a dévoilé la feuille de route des activités de la Monuc sur le sol congolais pour l'année 2009, ce mercredi 14 janvier au quartier général de la mission onusienne.

Sur demande du Conseil de sécurité, la Monuc va accorder au cours de cette année qui vient de commencer une grande priorité à la résolution du conflit armé qui sévit au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Bien plus, la protection des populations civiles victimes des combats, doit être considérée comme priorité des priorités sur tous les autres objectifs de la Monuc.

Au crépuscule de l'année 2008, le Conseil de sécurité a adopté les résolutions 1856 et 1857 sur la RDC. Ces nouvelles résolutions qui ne s'adressent pas seulement à la Monuc, estime Alan Doss, doivent être comprises comme un tout.

Le haut fonctionnaire onusien précise que les résolutions 1856 et 1857 expliquent clairement les actions et obligations de toutes les parties ayant un rôle à jouer dans la réalisation de la paix en RDC. Dans ces mêmes résolutions, le Conseil de sécurité exige des actions concrètes particulièrement de la part des gouvernements congolais et rwandais, et des autres gouvernements de la sous-région des Grands Lacs et d'ailleurs.

Implication du Rwanda

A la lumière de ce qui suit, les Nations unies qui ont tergiversé pour reconnaître l'évidence, confirment implicitement une fois de plus l'implication du Rwanda dans la guerre qui endeuille des milliers de familles et déstabilise la partie Est de la RDC.

Le Conseil de sécurité met le gouvernement congolais devant sa responsabilité première d'assurer la sécurité de son territoire et de la protection de sa population.

En ce qui concerne le processus de paix en cours à Nairobi, ainsi que les accords de Goma, le Conseil de sécurité estime qu'ils demeurent le cadre approprié pour la stabilisation de la situation dans l'Est de la RDC. Toujours dans la recherche du retour de la paix dans la partie Est de la RDC, la Monuc appuie à fond les efforts des médiateurs Olusegun Obasanjo et Benjamin Mkapa de mener à bien le dialogue en cours à Nairobi.

Dans la résolution 1856, l'accent est mis sur la coordination et la collaboration étroite entre la Monuc et le gouvernement congolais. Hormis la résolution de la crise dans l'Est du pays et la protection des civils, cette résolution a fixé d'autres priorités à savoir : le renforcement des institutions démocratiques légitimes, l'appui en coordination avec les partenaires internationaux à la réforme du soutien sécuritaire, la promotion et le monitoring des droits de l'homme, l'appui aux efforts visant à mettre fin au commerce illicite de ressources naturelles, ainsi que le renforcement de la coordination avec les agences des Nations unies.

Par ailleurs, il est demandé avec insistance à tous les groupes armés de déposer les armes et aux parties prenantes au processus de Goma de respecter le cessez-le-feu et de démontrer leur bonne foi par des actes concrets.

Soutien aux Fardc

Parallèlement, les attaques répétées des groupes armés suivants : CNDP, Pareco, Mai-Maï, LRA et FDLR, à la base des atroces souffrances à la population, sont condamnés avec rigueur.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies a noté la différence entre la résolution 1856 et les résolutions précédentes.

La résolution 1856 a indiqué Alan Doss contient des éclaircissements précis. Elle souligne entre autre, la priorité à donner à la protection des civils par rapport à d'autres tâches lorsqu'il faut prendre une décision sur l'utilisation des ressources.

Sur le volet militaire, la Monuc promet de continuer d'apporter son soutien aux opérations des FARDC en imposant un certain nombre des conditions tout à fait inacceptable pour un pays souverain. La Monuc exige que ces opérations soient planifiées conjointement, et que les unités des FARDC impliqués aient bénéficié d'une formation de la Monuc, y compris celle des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Une démarche suicidaire qui pourrait livrer le pays à la merci des ennemis en livrant les secrets militaires aux non Congolais.