Bemba_CPILes avocats de Jean-Pierre Bemba ont exclu jeudi toute responsabilité de l'ancien vice-président congolais dans les crimes commis, selon l'accusation, par sa milice en République centrafricaine, devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

La défense a mis en cause le président centrafricain de l'époque Ange-Félix Patassé, que le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba était venu appuyer en 2002-2003 pour contrer un coup d'Etat.

"Ce n'est pas Jean-Pierre Bemba mais le président Patassé qui donnait les ordres relatifs aux opérations militaires sur le terrain et fixait les cibles", a affirmé Me Aimé Kilolo-Musamba, au dernier jour des audiences de confirmation des charges contre l'ex-leader rebelle congolais.

Ce sont les autorités centrafricaines, sur instruction directe de M. Patassé, qui ont fourni le matériel de combat, les véhicules, le carburant et les uniformes aux soldats du MLC, a-t-il ajouté.

L'armement et les munitions, ainsi que des moyens financiers, ont été livrés par la Libye, a souligné l'avocat.

Selon la défense, qui a demandé un non-lieu, "Jean-Pierre Bemba n'est même pas complice. Sa participation s'est exclusivement limitée à la mise à disposition de ses soldats" pour "soutenir un gouvernement démocratiquement élu dans le cadre d'un accord régional africain".

"Cela n'exclut pas que des crimes ont pu être commis" mais cela ne veut pas dire que M. Bemba les a cautionnés, a indiqué un autre de ses avocats, Me Nkwebe Richard Liriss.

Les audiences de confirmation des charges contre M. Bemba ont débuté lundi. Un procès se tiendra si les trois juges confirment dans les 60 jours les trois chefs de crimes contre l'humanité et cinq chefs de crimes de guerre qui sont imputés à M. Bemba.

Aux yeux de l'accusation, les preuves à charge sont "suffisantes" pour justifier un procès.

Comme "commandant en chef de jure et de facto du MLC", M. Bemba "savait que des crimes étaient commis et n'a rien fait pour les arrêter. (...) Il aurait pu en éviter des centaines", a affirmé le procureur Fatou Bensouda.

Elle a dénoncé des "attaques généralisées et systématiques contre la population civile".

"Les crimes ne sont pas arrivés par accident, ce ne sont pas des dommages collatéraux imputables à un conflit armé. Les meurtres étaient intentionnels", a-t-elle souligné.

"M. Bemba a envoyé ses soldats en sachant qu'ils violeraient, tueraient et pilleraient la population civile pour la terroriser et annihiler sa capacité à soutenir les rebelles de Bozizé", a-t-elle dit.

Jean-Pierre Bemba, 46 ans, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. En 2006, à la tête du MLC, il avait perdu les élections présidentielles en RDC face au président actuel Joseph Kabila. Il s'était exilé en avril 2007. Le MLC est actuellement la principale force congolaise d'opposition

Source : Afp