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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

22 janvier 2009

Kabila prend un "risque énorme" avec l'entrée des soldats rwandais

KblaKgmeLe président congolais Joseph Kabila prend, selon des experts, "un risque politique énorme" en acceptant des soldats rwandais dans son pays, même si les intérêts de Kinshasa et Kigali convergent vers une alliance objective: vaincre leurs rébellions respectives.

Selon un diplomate à Kinshasa, M. Kabila, qui s'est adressé à la Nation pour la dernière fois début décembre, "prend un risque politique énorme". "Il doit faire très vite une campagne d'information pour expliquer à la population, ils ne vont pas avaler ça comme ça."

C'est dans le Nord-Kivu, - limitrophe du Rwanda -, où la situation est explosive en raison des conflits par rébellions interposées qui opposent de façon intermittente Kinshasa et Kigali depuis le génocide au Rwanda en 1994, que plusieurs milliers de soldats rwandais sont entrés cette semaine en accord avec Kinshasa.

Jusque-là, Kigali, qui a soutenu trois rébellions depuis 1996 en République démocratique du Congo (RDC), dont la première avait fait tomber le Maréchal Mobutu, n'avait jamais été invité à fouler le sol congolais. Et Kinshasa garde en mémoire des pogroms contre les Tutsis en 1998, lorsque le président Laurent Désiré Kabila, arrivé au pouvoir grâce à Kigali, s'était débarrassé de cet encombrant parrain.

En autorisant des soldats rwandais à traquer des rebelles hutu du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), Kinshasa a répondu à la demande constante de Kigali de les neutraliser.

Au prix d'un retournement d'alliance remarqué: les FARDC (Forces armées de RDC) utilisaient souvent les FDLR comme supplétifs contre la rébellion congolaise du chef tutsi Laurent Nkunda, soutenu par Kigali.

Objectivement, le processus, entamé en décembre 2008, permet aux deux capitales de neutraliser leurs rébellions réciproques.

Le Rwanda chasse les FDLR, et en échange, Kigali aide Kinshasa à se débarrasser de Nkunda, ennemi juré du président congolais, en ralliant l'essentiel des commandants de son mouvement - le Conseil national pour la défense du peuple (CNDP) - aux FARDC.

Kinshasa et Kigali avaient annoncé le 5 décembre leur intention de combattre ensemble les FDLR, après des années d'atermoiements du gouvernement congolais et de vigoureuses pressions de la communauté internationale pour régler les contentieux entre les deux pays.

L'offensive fin octobre de M. Nkunda en direction de Goma (capitale de la province du Nord-Kivu) - qui n'avait cessé depuis de réclamer des pourparlers directs avec M. Kabila - avait suscité de nombreux appels pour neutraliser tous les groupes armés sévissant dans l'est de la RDC.

L'entrée de troupes rwandaises au Nord-Kivu fait suite à ces exigences formulées notamment par l'ONU, qui entretient, en RDC, sa plus importante mission de maintien de la paix au monde.

"La vitesse de retournement d'alliances est très impressionnante", note le diplomate.

"Nous suivons depuis deux mois un va-et-vient entre les deux capitales, dont le premier objectif est la disparition de Nkunda et la reconquête de son fief de Bunangana (Nord-Kivu) par les FARDC avec l'aide des Rwandais", observe une source onusienne.

Les soldats rwandais, suivis des FARDC, marchaient jeudi sur Bunagana, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mais "si les Rwandais restent plus de 15 jours, ou si des massacres de civils ont lieu, ce sera catastrophique" pour M. Kabila, poursuit le diplomate.

Le président de l'Assemblée nationale congolaise, Vital Kamerhe, a lui qualifié de "grave" la venue des Rwandais, et la réaction des Congolais dans le pays se partage entre crainte et fureur.

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Démolition des constructions anarchiques scandaleusement érigées en plein Camp militaire Colonel Kokolo à Kinshasa

Construction_anarchiqueFini le désordre dans les constructions anarchiques scandaleusement tolérées jusqu’ici dans l’enceinte du Camp militaire Colonel Kokolo de Kinshasa : la hiérarchie vient d’ordonner la démolition de ces bâtisses par le bataillon de la Prévôté militaire.

Sur ordre de sa hiérarchie, le bataillon de la Prévôté Militaire ville de Kinshasa vient de procéder trois jours durant à l’opération de démolition de toutes les constructions anarchiques érigées autour de l’Institut et de l’Ecole primaire du Camp militaire Colonel Kokolo.

Il s’agit de deux établissements scolaires situés dans ce camp militaire. Les démolitions concernées entrent dans le cadre du soutien au secteur de l’éducation, l’un des volets des Cinq Chantiers initiés par le Chef de l’Etat, le président Joseph Kabila Kabange.

La hiérarchie des Forces armées de la RDC (FARDC) qui souscrit au programme de redressement national visé par les Cinq chantiers considère et tient résolument à ce que les infrastructures scolaires du Camp militaire Colonel Kokolo soient épargnés de la scandaleuse spoliation rampante du patrimoine foncier qui se constate dans le site militaire concerné.

Cette situation gênait beaucoup le climat de scolarisation des hommes de troupes et des enfants des militaires fréquentant l’institut et l’école primaire du camp dans la mesure où ces étudiants et élèves ne jouissaient plus de bonnes conditions d’études.

La cour de récréation de ces établissements scolaires avait été morcelée en plusieurs parcelles résidentielles. Des maisons et boutiques y étaient même construites à un mètre seulement de distance des salles des classes. Des douches et latrines prévues pour les élèves et les enseignants ont été transformées en salons ou chambres.Des maisonnettes pour vente de boisson, bars, terrasses, échoppes, petits hôtels de passe, églises comme cadre de prière jadis non autorisés rivalisent à ces jours dans ces lieux. Ces espaces stratégiques et tactiques militaires sont même envahis par des civils.

Cette occupation anarchique du domaine réservé de l’armée s’effectue sous le silence coupable et complice des responsables du ministère des Affaires foncières. Devant une telle situation et fort de l’instruction de la hiérarchie, le Commandant P.M. Garnison de Kinshasa, le ci-devant Major Zelwa Katanga Djadidja chargé de diriger personnellement les démolitions ordonnées a confirmé à la presse militaire sa détermination à poursuivre cette opération.

Le Major Zelwa a expliqué que les concessions des camps militaires sont toujours bien délimités et leurs entrées et sorties passibles de contrôle et enregistrement rigoureux. Pour lui, une cohabitation en ces lieux entre civils et militaires est synonyme de dérèglement de la bonne conduite du militaire, ce qui ne peut être toléré.

Source :

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Les FARDC font leur entrée à Rutshuru-centre

Militaires_FARDCLes troupes avancées des FARDC (Armée nationale de la République démocratique du Congo) sont arrivées ce mercredi après-midi à Rutshuru-centre, à 70 kilomètres au nord de Goma, sous les applaudissements nourris de la population locale, selon plusieurs habitants sur place. Ces derniers ne signalent pas par contre l’entrée des troupes rwandaises

« On ne voit pas encore les troupes rwandaises, mais on nous dit qu'elles sont derrière », a affirmé un notable de Rutshuru. Il a ajouté que les soldats de Nkunda sont encore sur place à Rutshuru et à Kiwanja. Aucune animosité n’est observée pour l'instant entre les 2 parties, fait savoir ce notable qui a requis l'anonymat.

Selon des sources militaires, des militaires congolais, ceux du CNDP aile Ntaganda et même des soldats rwandais ont progressé à pied vers Rutshuru. Les mêmes sources renseignent que le nombre des militaires rwandais déployés en RDC dépasserait maintenant les 2 à 3 bataillons initialement annoncés. Entre-temps à Kinshasa, le MLC parle d’une décision grave tandis que le PPRD la qualifie d’alternative pour le désengagement de Nkunda. Quant à l’UDPS, elle soupçonne des agendas cachés.
Des voyageurs en provenance de Rutshuru déclarent que le front avancé des militaires FARDC sur l’axe Goma-Rutshuru est actuellement situé à Rugari, 35 kilomètres au nord de Goma, à l’entrée du parc national des Virunga.

Rugari est située à seulement 15 kilomètres du camp de Rumangabo, toujours occupé par les troupes du CNDP, selon des habitants sur place. Un officier militaire FARDC déclare, sous anonymat, que les troupes FARDC au sein desquelles se trouveraient également des hommes du CNDP-aile Bosco Ntaganda, n’ont pas Rumangabo comme objectif. La même source ajoute qu’ils comptent atteindre Rutshuru ce mercredi.

Une autre source FARDC affirme que des centaines de militaires de l’armée rwandaise, entrés mardi par le secteur de Kibumba et Kibati, font également mouvement, parallèlement aux troupes FARDC, vers Rutshuru. La source précise que les militaires rwandais seraient au nombre d’au moins 5 mille.

Pendant ce temps, des sources de la société civile à Nyamilima confirment que l’axe Kiwanja-Ishasha via Nyamilima, long de 80 kilomètres, est toujours tenu par les FDLR. Ceux-ci administrent et prétendent assurer la sécurité des trois quarts de la population, déjà retournés sur place. La société civile locale signale que les FDLR, situés sur cet axe et agissant sous le commandement d’un certain colonel Kasongo, sont bien armés et affichent une attitude sereine.

Cependant, à Kinshasa, les états major politiques réagissent diversement:

PPRD : « C’est la contrepartie de désengagement de Nkunda »

Pour Maître Mbuyu, les décideurs politiques savaient que la contrepartie du désengagement de Laurent Nkunda devrait être la permission pour le Rwanda de venir dans une opération militaire conjointe contre les FDLR, du genre Ouganda. Il déplore la cacophonie créée par les propos du président de l’Assemblée nationale.
Maître Mbuyu explique : « Ce dispositif, qui a été discuté ici à Kinshasa, en présence des militaires rwandais et en association, disons, des forces internes congolaises, a été signé. Alors, il ne faut pas venir, plus tard, dire non, moi je ne sais pas ce qui s’est passé parce que j’ai demandé ceci. Ce qui est vrai, les dispositifs demandés, pour que les forces régionales interviennent, n’ont pas d’effet parce que les forces régionales n’ont pas accepté. Et c’est clair, l’Angola l’a déclaré et c’est sur l’Angola qu’on visait. Alors, il ne faut pas, quand il n’y a pas de solutions souhaitées et qu’on doit chercher des solutions alternatives, intervenir et dire non, nous, on ne connaît pas de solutions alternatives. »
Pour Maître Mbuyu, il faut éviter la cacophonie.

MLC : « Une décision grave et lourde de responsabilité »

Face à toutes ces décisions, Germain Kambinga, secrétaire permanent chargé de la communication du MLC appelle les populations de l’Est de rester vigilante. Cependant, il exhorte les tenants du pouvoir à privilégier l’intérêt supérieur de la nation dans la prise de décisions : « Ce que nous espérons, est que le pouvoir en place, qui exerce celui-ci au travers son adhésion au serment constitutionnel de la protection de notre territoire et de la défense de notre souveraineté et intégrité nationale, prend toutes ces décisions en connaissance de cause et que jamais l’intérêt supérieur de la nation ne sera menacé. C’est une exhortation. Pour lui, cette décision reste grave en terme de responsabilité. »

Par ailleurs, Germain Kambinga annonce que le MLC va se réunir, dans les jours qui viennent, pour proposer une réponse politique adéquate à cette décision


L’UDPS s’oppose à cet « accord secret » et parle des agenda cachés

Valentin Mubake, président du comité national de l'UDPS, veut que les tenants et les aboutissants de ces accords soient dévoilés à la population. Il s'oppose à la manière dont l'opération conjointe est menée. Valentin Mubaki explique : « Nous sommes pour la traque des FDLR. Mais, nous ne sommes pas d’accord avec la manière, avec les accords tenus secrets au niveau de deux gouvernements sans que la population congolaise soit informée des tenants et des aboutissants de cette opération. Nous, nous y opposons. Parce qu’il nous semble que cette opération cache quelque d’autre que la traque des FDLR. Un bataillon qui entre, c’est 3.000 et 4.000 hommes, deux bataillons qui entrent, c’est 6.000 et 8.000 hommes. Où ces gens vont-ils se déployer ? Sous quel commandement vont-ils travailler ? Combien de temps vont-ils faire ? Nous demandons au gouvernement congolais d’appliquer la décision de l’Union Africaine, qui préconise de constituer une force africaine pour désarmer les forces de FDLR. »

Source : okapi/kinshasa

Posté par Kongolais à 15:22 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Coalition Rwanda - RDC : Didier Etumba dit ne pas être informé

Etumba« Les opérations militaires conjointes des armées congolaise et rwandaise contre les FDLR ne sont pas connues, jusque là, par le chef d’état-major général des FARDC. Elles n’engagent que le gouvernement qui les a annoncées. » Cette déclaration a été faite, ce jeudi à Kisangani, par le Lieutenant général Didier Etumba, chef d’état-major général des forces armées de la République démocratique du Congo, en provenance de Dungu. Il promet de se renseigner et dit « respecter la position du gouvernement ».

C’est au cours d’un point de presse tenu ce jeudi matin dans son hôtel, à l’intention de la presse locale, que le Chef d’état major général des FARDC a fait cette déclaration. A la question de savoir quel est son point de vue par rapport aux opérations militaires conjointes FARDC et FDR, le lieutenant général Didier Etumba explique : « Il y a une position du gouvernement qui a été donnée. Je dois d’abord me renseigner, moi-même. Nous avons un gouvernement qui, certainement, a donné une position, mais est-ce que derrière cette position…. Moi, je n’ai pas une position à donner. »

Outre ce point de vue, le Chef d’état major général a fait l’état de lieu des opérations militaires conjointes entre les FARDC et l’armée ougandaise, en vue de traquer les rebelles ougandais de la LRA dans le territoire de Dungu. Pour lui, le bilan est positif, car l’ennemi a été anéanti et serait en débandade : « Il a été accepté par tout le monde, après une évaluation conjointe, que les terroristes de la LRA ont été réduits à leur plus simple expression. Il est question qu’on fasse une opération à des endroits bien précis de manière que les troupes ougandaises puissent rentrer chez eux. »

Quant au retrait des troupes ougandaises du sol congolais, le lieutenant général Didier Etumba précise qu’il se fera dans 21 jours, sans préciser la suite des opérations.

Le déploiement des militaires FARDC, FDR et CNDP se poursuit à Rutshuru

Les troupes FARDC ainsi que des militaires rwandais, partis mardi du nord de Goma, sont arrivés à Rutshuru-centre et à Kiwanja depuis mercredi soir. D’autres troupes FARDC ont continué d’arriver ce jeudi à Kiwanja, en provenance de Kanyabayonga, notamment au nord. La cohabitation entre les troupes qui arrivent et celles du CNDP-Aile Nkunda, trouvées sur place, ne semble pas poser des problèmes pour l’instant. Entre-temps, la situation est restée calme ce jeudi.

L’atmosphère est à la confiance entre les troupes qui arrivent, y compris les militaires rwandais, et celles du CNDP-Aile Nkunda qu’ils rencontrent sur place, affirment des habitants de Kiwanja. Ils indiquent que l’arrivée des troupes FARDC parties de Kanyabayonga a été accueillie par les populations locales de Kiwanja, avec des applaudissements nourris. Et ce, au même titre que l’arrivée des troupes parties du nord de Goma.

Toutefois, des habitants de Kiwanja expriment quelques préoccupations sur ce qu’ils appellent « la surmilitarisation » de la cité. Ces dernières 48 heures, pas moins de 5 brigades militaires, toutes origines confondues, seraient arrivées dans la cité, nous explique la même source.

Côté CNDP-Aile Nkunda, un cadre, qui a requis l’anonymat, déclare que son mouvement n’exclut pas la possibilité de prendre part à des opérations programmées contre les FDLR dans la zone, pour autant, dit-il, qu’elles tiennent compte des préoccupations d’une population qui a vécu plus de 14 ans avec les FDLR. Cependant, il ajoute que son mouvement souhaite que les partenaires tiennent compte de son plan déjà établi à ce sujet, pour ne pas être tenu responsable des exactions du genre « massacres de Kiwanja ».

Pour sa part, le porte-parole des FARDC dans les opérations, le capitaine Hamuli Olivier, n’a pas souhaité déclarer pour l’instant à la presse, quelle sera la prochaine étape du mouvement des troupes, après Rutshuru et Kiwanja.

Les humanitaires craignent pour la protection des civils

La communauté humanitaire au Nord-Kivu se dit aussi inquiète de la protection des civils pendant les opérations militaires conjointes FARDC et FDR contre les FDLR. Déclaration faite mercredi par le représentant du secrétaire général de l’ONU pour les droits des déplacés, Walter Kalin, à l’issue d’une visite de 48 heures à Goma.

Walter Kalin indique toutefois que certaines mesures pour assister les civils en déplacement sont déjà envisagées, notamment par le Haut commissariat pour les réfugiés HCR. Il réitère à cet effet que les règles humanitaires soient respectées par les belligérants : « Les déplacés ont beaucoup de soucis lors de ces opérations. Les combattants ne vont pas distinguer entre la population civile et ceux qui sont les cibles de ces actions. On ne sait pas comment les choses vont se développer. On n’est pas informé. Mais, on est en train de préparer des mesures. Le HCR a déjà un plan de mettre en place des stations sur les chemins que les déplacés vont prendre. Des endroits où ils peuvent avoir besoin de l’eau, des nourritures, des soins médicaux. C’est vraiment de la responsabilité de ceux qui mènent les opérations de respecter à 100% les règles de droit international humanitaire. »

L’Asadho s’oppose à l’exclusion du parlement dans ce dossier

Cette présence de troupes rwandaises au Congo était aussi au centre d’un point de presse que l’Association africaine des droits de l’Homme a tenu mercredi à Kinshasa. L’Asadho dit être contre la décision de faire venir les troupes rwandaises au Congo, sans consulter le parlement. Cependant, elle réclame l’implication de la Monuc, ainsi que la présence des ONG des droits de l’Homme, et des journalistes, lors de ces opérations.

Maître Jean-Claude Katende, président de l’Asadho : « Ce n’était pas une bonne chose que le gouvernement ait pris la décision de faire venir les troupes rwandaises au Congo, sans avoir eu le temps d’en discuter avec le Parlement, notamment l’Assemblée nationale. Pour nous, c’est une situation qui risque de mettre en péril les droits des citoyens civils, mais aussi les droits de certains Hutus, qui ne sont pas impliqués, d’une manière ou d’une autre, dans le génocide qui avait eu lieu au Rwanda. Donc, nous avons demandé que la Monuc soit impliquée. Parce que nous pensons que c’est une institution indépendante qui peut faire l’observation des opérations militaires qui vont se passer, de sorte qu’elles puissent respecter, dans la mesure du possible, les droits de l’Homme, donc les droits des citoyens congolais qui sont dans cette partie du pays. Et nous avons demandé aussi que le gouvernement accepte la présence des ONG de droits de l’Homme lors de ces opérations, ainsi que la présence des journalistes. ».

Source : Okapi/kinshasa

Posté par Kongolais à 15:17 - Actualités politiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les troupes rwandaises en RDC / cacophonie au sein des institutions

Les soldats rwandais sont revenus en Rdc, par le Kivu. Ce n’est plus un secret, et avec l’intention de traquer les rebelles rwandais des FDLR. Mais la manière dont s’est effectuée cette « rentrée » choque. Pour preuve, ces déclarations contradictoires, même au sommet de l’ Etat. Etrange cacophonie au sein des institutions nationales alors qu’il s’agit d’une affaire nationale relevant de la souveraineté d’un Etat.

Répondant à une question de la presse sur l’entrée des troupes rwandaises au Kivu, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a dit n’avoir pas été informé. « Si ce que j’apprends est vrai, c’est tout simplement grave. Ca soulève beaucoup de questions », s’est-il empressé de souligner. Le président de l’ Assemblée nationale a rappelé que son institution a adopté un « plan de sortie de crise » soumis au gouvernement comme recommandation. Ce qui explique la tenue des négociations de Nairobi et les démarches engagées pour normaliser les relations avec le Rwanda. En ce qui concerne le désarmement et la neutralisation des rebelles rwandais, Vital Kamerhe a relevé qu’il a été proposé de faire appel aux troupes de la SADC tant il est vrai que les populations congolaises locales n’ acceptent pas facilement la présence des soldats rwandais compte tenu des exactions commises par eux lors de « l’occupation ». C’est ainsi que le « Plan de sortie » de l’Assemblée nationale a été adressé au Secrétaire général de l’Onu, à l’Union africaine, à l’Union européenne et à la SADC.

Abordé à son tour, le ministre de la Communication et des Médias, Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement, a reconnu effectivement l’entrée des troupes rwandaises en Rdc. Entrée consécutive à l’invitation de Kinshasa. Mais il s’est empressé à son tour de préciser qu’il s’agit « des officiers de renseignements rwandais pour observer la traque contre les FDLR ». Mais faut-il nécessairement plus 1500 soldats rwandais avec un armement lourd pour observer ?... Que cette opération conjointe consécutive à l’accord du 5 décembre 2008 s’effectue en concertation avec la Monuc.

Non, répond la Monuc qui relève à son tour qu’elle n’a pas été associée à la planification de cette opération. Bien plus, elle n’y participe pas. La question maintenant est celle de savoir qui a décidé de cette traque des rebelles rwandais.

Des conséquences juridiques

Certes, le Rwanda et la RDC ont signé un accord non rendu public le 5 décembre 2008. A en croire les informations en notre possession, lors de sa visite à Kinshasa, le général major James Kabarebe, chef d’Etat major de l’armée rwandaise, est venu s’entretenir avec son collègue, le général Etumba, des modalités de l’ application de cet accord. Au cours de sa dernière réunion, le gouvernement a décidé du « recours à la force » pour neutraliser les interahamwe. Et au début du mois de janvier, à Goma, James Kabarebe signe le plan de planification de l’opération avec l’ Inspecteur général de la Police, le général Numbi, après la déclaration de fin de guerre du CNDP-Bosco Ntaganda. Mardi 20 janvier, les troupes rwandaises entrent en Rdc par Kibumba, au Kivu, pour le début de l’opération militaire conjointe Rdc- Rwanda.

Une entrée surprise, comme dit ci-haut, parce que du côté congolais la manière n’est pas celle préconisée. Or, cette opération devrait prendre en compte la protection de la population civile encore sous le choc des affrontements entre les FARDC et le CNDP. Ensuite, déterminer le mandat de l’armée rwandaise ainsi que la durée probable de cette opération conjointe. Rien de précis du côté du gouvernement congolais comme si le Congo subissait cette opération alors que le Rwanda donne des informations cohérentes.

La première conséquence à tirer est d’ordre juridique. Cette opération conjointe rappelle à quelque chose près celle de 2001 -2003 de Centrafrique et qui a conduit le sénateur Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale. En fait, les FDLR s’identifient à une tribu, hutu. L’armée rwandaise est composée en majorité des tutsi ainsi que les CNDP 1 et 2 qui se vantent d’être des tutsi, mais congolais. On ne peut exclure l’hypothèse d’un génocide dans cette traque avec l’extermination d’une tribu, hutu. Qu’adviendra-t-il demain si un malin portait cette affaire devant les tribunaux internationaux ? Sûr que l’on cherchera à savoir qui a invité les troupes rwandaises et sous le commandement de qui elles étaient. Même question qui suscite un débat autour du procès de Bemba à La Haye pour savoir qui de lui et de Patassé avait le commandement des troupes du MLC en RCA.

Comme pour répondre à cette interrogation et à cette préoccupation, Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise de l’Information déclare ce qui suit à l’ agence Reuters : « Toutes les forces sont sous le commandement de l’armée congolaise. C’est là le fruit d’efforts récents, intenses et sincères - diplomatiques, militaires et autres - de la part de divers acteurs, pour ramener la paix et la stabilité dans la région ».

Pression extérieure

Cette précision amène à s’interroger si le gouvernement congolais a fait « endosser » cette opération conjointe à l’Onu, l’Union européenne et l’Union africaine après avoir contacté ou saisi le Parlement congolais, conformément à l’esprit de l’ Accord de Lusaka, du Dialogue intercongolais, de la Tripartite plus 1 et de l’Accord de Nairobi. A analyser la réponse du président de l’Assemblée nationale et la réaction des responsables de la Monuc, la réponse est négative.

Mais le communiqué de l’Union européenne signé par Louis Michel, Commissaire européen en charge du Développement et à l’Aide humanitaire apporte une petite éclaircie. Kinshasa aurait agi sous pression de la communauté internationale, pour ne pas dire de l’ Union européenne et d’autres puissances.

Dans un communiqué remis à la presse, Louis Michel souligne que « l’Union européenne salue cette opération conjointe comme un signe tangible de l’amélioration des relations entre le Rwanda et la Rdc. Elle souligne les efforts menés pour trouver une solution régionale au conflit au Congo ».

Certes, il est temps que l’on en finisse avec ces forces négatives qui tiennent les Congolais à la gorge. Mais pour une question de souveraineté nationale, on ne peut vouloir une chose et son contraire. Il est important de « bien gérer » cette question et non donner libre court à la confusion, au dysfonctionnement entre les institutions nationales. Gérer de façon segmentaire une question d’une aussi haute portée nationale, ce serait faire preuve justement de cette « organisation étrange » soulevée dernièrement par le président français. Comme s’il continue à exister des agendas cachés.

Source : le Potentiel/kinshasa

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Intégration des CNDP et PARECO dans les FARDC

La Monuc prête à faciliter le processus

La déclaration tonitruante du Congrès pour la défense du peuple (CNDP) faite le week-end dernier, annonçant la fin de leur rébellion avec l'engagement de mettre immédiatement leurs éléments armés à la disposition des FARDC (armée nationale), a donné une lueur d'espoir quant au retour de la paix dans l'Est de la RDC.

A la suite de cet engagement des officiers supérieurs du CNDP, suivi de celui des officiers du PARECO, la Monuc s'est déclarée, ce jeudi 21 janvier dans son point de presse hebdomadaire, prête à faciliter l'intégration des troupes de ces deux mouvements rebelles dans les Forces régulières de la RDC.

Saluant ces décisions, la mission onusienne précise qu'elles sont conformes à la demande du Conseil de sécurité contenue dans la résolution 1856.

Quant à l'opération militaire conjointe RDC-Rwanda enclenchée depuis le mardi 20 janvier dernier, destinée à traquer les éléments du groupe rebelle rwandais des FDLR sur le territoire congolais, la Monuc constate bel et bien son effectivité sur le terrain.

Ces opérations militaires conjointes en cours contre les FDLR, note le porte-parole de la Monuc Madnodje Mounoubai, sont issues de l'accord bilatéral signé le 5 décembre dernier entre les deux pays à Goma. Avant de déclarer que la Monuc ne prend pas part à ces opérations pour n'avoir pas été impliquée dans sa planification conformément à la résolution 1856 du Conseil de sécurité sur la RDC.

Veiller au respect droit

Qu'à cela ne tienne, elle demande aux parties impliquées dans ces opérations, la nécessité de prendre en compte la protection des civils et d'assurer pleinement le respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Néanmoins, la Mission onusienne rassure le gouvernement congolais de sa collaboration et de toute son assistance aux FARDC dans ces derniers domaines en rapport avec son mandat plaçant en première ligne la protection des civils.

Dans le même registre, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Alan Doss, exprime son inquiétude après le blocage mardi 20 janvier d'un convoi humanitaire par les FARDC, empêché de rejoindre sa destination pour livrer l'assistance qu'il transportait.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC rappelle à cette occasion à toutes les parties en conflit dans l'Est du pays l'obligation qu'elles ont de protéger les civils et de respecter le droit international humanitaire. Notamment, ne pas empêcher le mouvement des humanitaires et l'accès aux personnes nécessiteuses. Le respect de la liberté de circulation des humanitaires doit donc être totalement garanti. Un appel est également lancé à tous les groupes armés dans l'Est de libérer tous les enfants encore dans leurs rangs avant toute action militaire.

Dans la province Orientale, les éléments de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony, sème la désolation au sein de la population. Cette situation sécuritaire préoccupante a amené les Forces armées de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan, avec l'appui logistique de la Monuc, de mettre en place les opérations " Rudia " et " Eclairs du tonnerre " visant à chasser les rebelles ougandais du sol congolais.

La LRA en débandade

Selon les responsables des Forces de défense du peuple ougandais (UPAF) basés à Dungu, ces opérations commencent déjà à donner ses fruits. 30 éléments de la LRA ont trouvé la mort, 7 arrêtés, et 100 armes en bon état ont été récupérées.

A l'heure actuelle, note la Monuc, les éléments de la LRA sont en dispersion et divisés en plusieurs groupes opérant à l'Ouest et l'Est de Doruma, autour de Gangala et Faradje.

Cependant, Joseph Kony et ses officiers supérieurs qui sont jusque-là insaisissables, dans leur débandade et à la recherche des vivres, ils intensifient leur tuerie au sein de la population civile congolaise. Les attaques ont été enregistrées notamment dans les villages Tomati, Sambia et Durba. Comme il fallait s'y attendre, ces attaques ont aggravé la situation humanitaire et sécuritaire déjà désastreuse dans cette partie du pays. Les attaques des LRA à Duru, Faradje et Doruma, ont vidé littéralement tous ces villages du district de Haut-Uélé de leurs habitants. La majorité de la population s'est cachée dans la forêt environnante de Dungu et du Soudan.

Source : l observateur/Kinshasa

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