JusticeLe meurtre du député provincial Daniel Botethi Loleke revient encore sur le tapis. L’affaire est cette fois jugée en appel. Mais la défense exige l’irrecevabilité de la partie civile.

On les a encore revus hier jeudi 22 janvier, le sergent Inoki Lesene, le 1er sergent Kady Munungu, le sergent-major Patrick Mwewa et le civil Ilunga Mbayo. Condamnés à mort par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema pour le meurtre du député provincial Daniel Botethi, ils avaient interjeté appel le même jour. Ils sont en ce moment jugés en chambre foraine au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Et c’est la Cour militaire de Kinshasa/Gombe qui statue sur ce dossier.

Les intérêts de la partie civile sont assurés par Mes Claude Watangelo Karl, Serge Etombodji et Papy Niango. Du côté de la défense, on a vu Mes Théodore Mukendi et Gérard Ledi. Mais au cours de cette audience, les discussions ont été axées sur un moyen d’ordre public. C’est-à-dire bien qu’ayant aussi interjeté appel, la partie civile Botethi n’avait pas consigné des frais, tel que l’exige le Code judiciaire militaire. Rappelé à l’ordre, Me Claude Karl a consigné sur le banc. Mais pour sa part, Me Papy Niango a dit à la Cour que tous les justiciables ne sont pas tributaires de l’article qui parle de la partie civilement responsable. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas tenus par les dispositions de l’article 122 du Code de procédure morale ».

Les violons ne se sont accordés à ce sujet. Me Gérard Ledi de la défense a posé cette question : « Qui comparaissent comme parties civiles appelantes ? » Ainsi, la Cour va prendre position pour les parties qui n’ont pas consigné des frais au greffe. A ce sujet, il a rappelé qu’une circulaire interdit de consigner à la barre. Mais pour Me Claude Karl, la défense utilisait des manœuvres dilatoires, du moment qu’on est venu pour la manifestation de la vérité.

La discussion a été houleuse. La défense a rétorqué : « Ils viennent consigner tout à l’heure. Alors qu’ils ont fait appel depuis le mois de décembre. C’est l’irrecevabilité de l’appel. Nous avons dit ! ». Pour Me Théodore Mukendi, la consignation se fait au moment où l’on interjette appel. C’étaient donc des appels formés en violation de la loi. La Cour militaire de Kinshasa/Gombe va les départager le 30 janvier 2009 par un arrêt avant-dire-droit.