Les relations diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo, en crise depuis neuf mois, devraient très bientôt être normalisées, a affirmé ce jeudi la RTBF, citant le ministre congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba.

Selon le chef de la diplomatie congolaise, le gouvernement de Kinshasa s’attend la publication par Bruxelles d’un communiqué. La teneur de ce communiqué avait été discutée avec les cabinets des Premiers ministres congolais et belge en décembre dernier, mais la chute du gouvernement d’Yves Leterme a retardé le processus de réconciliation, a précisé la RTBF sur son site internet, se fondant sur des informations obtenues par un de ses journalistes à Kinshasa.

Dès que le communiqué sera publié par Bruxelles, le Congo devrait agréer le nouvel ambassadeur de Belgique à Kinshasa, Dominique Struye de Swielande, actuellement en poste à Washington.

La reprise des relations entre la Belgique et le Congo doit se faire dans un respect mutuel et dans une collaboration franche et adulte, a encore souligné M. Thambwe, selon la radiotélévision publique.

Ces déclarations du ministre congolais interviennent alors que plusieurs indices, recueillis tant à Bruxelles qu’à Kinshasa, laissent penser qu’une normalisation - en fait souhaitée par les deux parties - est très proche.

Le dernier en date est un éditorial de l’agence de presse congolaise (ACP, officielle) qui a salué le 16 janvier l’accession de Herman Van Rompuy à la tête du gouvernement fédéral belge et exprimé l’espoir que sa « sagesse » contribuera à la normalisation des relations entre Kinshasa et Bruxelles.

Dans ce commentaire titré « Le Congo profond croit en la carte Van Rompuy », l’administrateur-délégué général de l’ACP, Jean-Marie Vianney Longonya Okungu Dembe D’Ote, rappelait que le nouveau Premier ministre belge « a déjà démontré de sa solidarité avec le peuple congolais » en se rendant le 30 juin dernier à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï occidental, pour les célébrations du 48ème anniversaire de la RDC, sur invitation officielle du président Joseph Kabila.

« Etant le plus vieux Premier ministre que la Belgique ait connu depuis 35 ans, nous croyons que sa sagesse, par ailleurs reconnue de tous, aidera à dégeler très rapidement le froid nocif des relations entre nos deux pays », ajoutait M. Longonya Okungu Dembe D’Ote en insistant sur la « redéfinition du partenariat entre le Congo et son ancienne métropole » réclamée par Kinshasa depuis le début de la crise diplomatique entre les deux pays.

Le gouvernement congolais avait décidé, le 23 mai, de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshimpanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.

Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant, le 18 mai, que la Belgique, octroyant tous domaines confondus «environ 200 millions d’euros» par an à la RDC, avait « l’obligation morale » de prendre position sur ce qui s’y passe.

Depuis lors, de timides tentatives de normalisation ont eu lieu, notamment à l’instigation de l’ancien Premier ministre, Yves Leterme, qui avait dépêché fin novembre son conseiller diplomatique, Geert Muylle, à Kinshasa. Mais la démission de son gouvernement le 19 décembre avait mis en veilleuse les efforts de rapprochement.