Sur 98 votants, 63 députés provinciaux ont voté pour la destitution du gouverneur José Makila et 35 voix contre.

José Makila était sur un siège éjectable. Cela s’est confirmé à la suite du vote de la motion de défiance initiée par l’Assemblée provinciale de l’Equateur, conformément à l’article 198 de ala Constitution qui stipule : «les membres du gouvernement provincial peuvent être collectivement ou individuellement, relevés de leurs fonctions par le vote d’une motion de censure ou de défiance de l’assemblée provinciale». La décision est intervenue à la suite d’une enquête parlementaire diligentée par l’Assemblée nationale ayant confirmé le détournement de deniers publics par le désormais ancien gouverneur de l’Equateur José Makila Sumanda.

Du rapport de l’enquête parlementaire, il ressort que le gouverneur avait couvert et encouragé le détournement de près de 84 millions de francs congolais destinés à la paie des enseignants. Pire, un autre contrôle interne de la province a démontré l’existence d’un circuit de détournement mensuel de 19 millions de francs congolais de la paie du personnel médical. Le gouverneur José Makila serait ainsi personnellement impliqué dans ce réseau. Ce qui a poussé les députés provinciaux, de toutes les tendances, de voter la motion de méfiance contre sa personne.

Accusé de détournement de 84 millions de francs congolais destiné à la paie des enseignants du district du Sud-ubangi, le gouverneur de la province de l’Equateur, le MLC José Makila a été aussi accusé de détournement de 19 millions de francs congolais en vue de la paie du personnel du secteur de santé. La guerre de succession ouverte

Pour succéder à José Makila, des candidats se bousculent déjà au portillon. Au sein du MLC, des noms sont cités : Gabriel Bolenge, Jacques Djoli, Mayombe, Jean-Lucien Busa, Christine Ebuluke, Sam Bokolombe, Jean-Claude Baende l’actuel vice-gouverneur, Ndolela Siki Konde, Gustave Malenge, Bongongo etc. Toutefois, la dernière décision reviendra au MLC, le parti qui compte plus de députés à l’Assemblée provinciale de l’Equateur. Les critères de responsabilité, de bonne gouvernance et de moralité guideront les députés provinciaux MLC, à la base de la destitution de José Makila. Le temps ne joue pas en faveur du MLC. De son côté, l’AMP ne s’avoue pas vaincu. Le camp présidentiel espère ainsi «ramasser» le gouvernorat de l’Equateur, si le leadership du MLC ne tient pas compte de la fracture Nord-Sud qui a failli emporter ce parti lors de la dernière désignation du secrétaire général adjoint ayant mis face à face Jean-Lucien Busa et Gabriel Bolenge.

Manifestement, le défi de la succession de José Makila dépasse largement le seul cadre du MLC d’autant plus qu’elle engage toute la province. Le vote de la motion contre José Makila a démontré que les députés provinciaux de l’Equateur ne suivent pas nécessairement les consignes de vote. Ils peuvent trancher en âme et conscience.

Source: le Potentiel/Kinshasa