kagame_08_01Le président du Rwanda, Paul Kagame, n’a changé ni étoffe ni casquette pour se convertir en démocrate. Il demeure le même : dictateur, avec des velléités expansionnistes. Son allégeance au pouvoir de Kinshasa pour de bons rapports n’est qu’un leurre. Et son soutien à Nkunda qu’il compte infiltrer dans les institutions politiques congolaise, une imposture.

Ce n’est pas un canular. Le chef rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Laurent Nkunda Mihigo, «arrêté» au Rwanda dans les circonstances non encore élucidées, souhaite être jugé par les tribunaux congolais. S’il le mérite. Il l’a dit Digital Congo, s’exprimant en lingala (une des quatre langues nationales de la République démocratique du Congo, parlée notamment à Kinshasa).

C’est malin ! Le nouveau «prisonnier» de Kagame, après le colonel Jules Mutebusi, «appréhendé» lui aussi à Kigali après la débâcle de ses troupes rebelles face à celles loyalistes commandées par le général Mbuza Mabe, sait qu’il n’est pas poursuivi – du moins pas encore – par la justice internationale. Mieux la Cour pénale internationale (CPI) où, avec la longue procédure judiciaire, il risque politiquement d’être vite jeté dans les oubliettes. N’étant pas né de la dernière pluie, Nkunda, qui, jusqu’à preuve du contraire, bénéficie encore du soutien de l’homme fort de Kigali, n’ignore pas qu’aucun accord d’extradition ne lie le Rwanda à la RDC.

En outre, les récents propos de son «maître à penser», le président rwandais, le rend confiant. En effet, Paul Kagame, interrogé par une radio périphérique, a émis le vœu de voir le problème Nkunda être réglé politiquement. Il souhaite même que son «poulain» fasse partie des institutions politiques de la RDC. C’est là que les Romains «congolais» vont s’empoigner et se faire mal. Cela dans la mesure où les vrais nationalistes n’accepteraient pas cette énième humiliation, doublée d’imposture. Ce serait donner, une fois de plus, l’occasion à Kigali d’infiltrer un pion majeur dans l’arène politique congolaise. Et Nkunda ne serait pas seul. Ses lieutenants, y compris, bien entendu le soi-disant reconverti Bosco Ntagana, le «terminator» de l’Ituri en Province Orientale, prendraient, eux aussi, leur part du gâteau. N’en déplaise à ceux qui pensent «bêtement» que leur acceptation dans les institutions demeure le prix à payer pour la restauration de la paix dans l’Est du pays.

Par ailleurs, il est risqué de croire à la bonne foi de Kagame qui, mine de rien, vient d’accomplir 15 ans de pouvoir sans partage à la tête du Rwanda. Où il a succédé à Juvénal Habyarimana en 1994 de la manière que l’on sait. Un dictateur, en somme ! Avec des velléités expansionnistes. Même la rencontre des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs prévue le samedi 31 janvier 2009 à Addis-Abeba en Ethiopie ne lui fera pas changer de politique régionale. Et ne va, en aucune manière le convertir en démocrate. Son refus naturel d’engager un dialogue franc avec ses compatriotes hutu, exilés en RDC et ailleurs, montre à suffisance que la dictature lui colle toujours à la peau. D’ailleurs, des coups fourrés contre la souveraineté nationale et l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation sont en vue avec l’opération conjointe de Rwandese defense forces (RDF) et les Forces armées de la RDC (FARDC) pour la traque des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Interahamwe impliqués dans le génocide rwandais de 1994.

Au bout du compte, son soutien à Laurent Nkunda et à d’autres Tutsi congolais ne procède qu’à l’assurance de ses intérêts au Congo qu’il faut absolument préserver. La solution pour une paix durable dans l’Est de la RDC est la neutralisation du président rwandais par qui vient le malheur des filles et fils du Nord et du Sud-Kivu. Bien sûr, c’est facile à dire. Car la RDC n’en a pas les moyens. Du moins pour le moment. Qu’à cela ne tienne, le Congo est appelé à vite s’organiser pour se doter d’une armée dissuasive, forte et républicaine, épine dorsale d’un pays. Ce, pour non seulement sécuriser nos frontières, notamment celle avec le Rwanda, mais aussi pour porter la guerre d’où elle est venue. Comme le clamait tout haut feu le président Laurent-Désiré Kabila. Les Congolais ne doivent pas se leurrer. Leur pays et le Rwanda sont toujours en état de belligérance. Aucun traité de paix n’a encore été signé.

Source: le Potentiel/kinshasa