Kivu_en_guerreUn confrère de l’AFP les a rencontrée à Kasiki, petit village de la province du Nord-Kivu, à la limite des territoires de Lubero et Walikale. Près de 187 membres d’une faction dissidente des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) y vivent. Depuis six mois, ils attendaient de savoir s’ils pourraient un jour rentrer au Rwanda. Ces miliciens hutu rwandais se demandent maintenant s’ils seront la cible de l’offensive rwando-congolaise en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En juillet 2008, ils annonçaient déposer les armes « pour entamer un processus de paix visant au rapatriement volontaire », rappelle à l’Afp leur chef, le colonel Sabin Gaheza. Ces 80 combattants et leurs familles vivent depuis, apparemment sans arme, dans des cabanes faites de bâches de plastique bleu données par une organisation caritative locale.

Un détachement des FARDC les protège, pour prévenir une attaque d’un groupe FDLR voisin, mais également pour les surveiller et éviter qu’ils ne soient recrutés par un autre groupe, selon un officier congolais. Une vingtaine de rebelles en tenues dépareillées conservent néanmoins leur kalachnikov et surveillent une barrière à l’entrée de Kasiki. Selon l’AFP, ses membres étaient notamment présents sur l’axe routier Kiwanja-Ishasha situé à 100 km au nord de Goma, d’où ils se sont retirés sans combattre en fin de semaine face à l’avancée des troupes congolaises et rwandaises qui vise les FDLR.

Alors que ces troupes progressent vers les sanctuaires des rebelles hutu, « nous sommes dans le doute », s’exclame le colonel Afrika, interviewer par le confrère de l’AFP.

« Nous n’avons eu aucune garantie, ni de Kinshasa, ni de Kigali, que nous ne serons pas attaqués », explique cet officier du RUD. « L’objectif de cette offensive est de nous anéantir ; il s’agit d’exterminer nos gens dans les forêts, pas de les désarmer », renchérit le colonel Gaheza, qui estime que « Kigali manipule une nouvelle fois les Congolais ». Que feront les «Rudi» en cas d’attaque de leur camp? Pas question de reprendre les armes, affirme M. Afrika. « Si les FARDC ne sont pas en mesure de nous protéger, alors nous n’aurons pas d’autre choix que de fuir comme des civils, dans la forêt ». Avec le soutien de la Monuc, des éléments du RUD mènent depuis vendredi, et pour une semaine, une « visite exploratoire » au Rwanda, en perspective d’un éventuel rapatriement.

Source : le Potentiel/Kinshasa