n témoin, qui accusait des miliciens de Thomas Lubanga de l'avoir enrôlé en Ituri (est de la République démocratique du Congo), s'est rétracté mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, entraînant un ajournement du procès jusqu'à jeudi.

"Non, je n'ai pas été dans un camp d'entraînement militaire", a déclaré le jeune homme, interrogé par l'accusation, au troisième jour du procès pour crimes de guerre de Thomas Lubanga, le premier procès de la CPI.

"C'est faux", a-t-il répondu ensuite au président de la Cour, le Britannique Adrian Fulford, qui l'interrogeait sur les déclarations qu'il avait faites mercredi matin.

Le témoin avait affirmé avoir été enrôlé à la sortie de l'école par des soldats de l'UPC (Union des patriotes congolais), la milice de Thomas Lubanga, qui est jugé pour l'enrôlement d'enfants soldats en 2002-2003.

L'accusation a demandé une suspension du procès pour permettre la tenue d'une "enquête sur les inquiétudes du témoin quant aux mesures de protection dont il fait l'objet (...) et à ce qui se passera lorsqu'il rentrera au pays, après son témoignage".

"Nous sommes persuadés que cela a un effet sur le témoignage qu'il livre en ce moment", a affirmé le procureur, Fatou Bensouda.

Le président Adrian Fulford a ordonné la suspension de l'audition du témoin "pour savoir s'il s'est passé quelque chose pendant la journée qui ait pu (le) déstabiliser ou (le) perturber de façon telle qu'il a pu s'écarter de sa déposition".

"Nous verrons ensuite s'il y a lieu de prendre des mesures de protection supplémentaires", a-t-il ajouté.

Jeudi matin, les trois juges devraient entendre, "probablement à huis clos", l'accusation, en présence de la défense et des représentants des victimes, mais sans le témoin, selon une porte-parole de la CPI. Ils se prononceront ensuite sur les suites à donner au témoignage, a-t-elle précisé.