Jose_MakilaLe gouverneur de la province de l’Equateur, José Makila Sumanda, ne s’est pas prêté hier à la traditionnelle cérémonie de remise et reprise avec son vice-gouverneur après sa destitution par l’Assemblée provinciale par 63 voix contre 35. Une instruction du ministère de l’Intérieur avait pris acte de la décision de l’Assemblée provinciale et demandait au gouverneur destitué de laisser la gestion de la province à son adjoint en attendant la fin de la procédure.

Il est clair que le recours introduit par le gouverneur José Makila n’est pas suspensif de la procédure. La jurisprudence renseigne que Trésor Kapuku du Kasaï Occidental avait aussi accepté de se mettre à l’écart jusqu’à l’aboutissement de la procédure judiciaire devant la Cour suprême de justice. Il s’agit d’une question d’honneur et de dignité pour un homme d’Etat, ayant occupé des fonctions prestigieuses de gouverneur élu d’une province. Etre mis en cause dans une affaire de détournement des fonds issus de la rétrocession ou encore la paie des enseignants, devrait le stimuler à se mettre à l’écart, le temps de vider toute la procédure plutôt que d’engager un bras de fer inutilement préjudiciable pour la province.

Pour le moment, le gouvernement central est appelé à faire respecter le droit. La Cour suprême de justice qui serait saisi devra rendre son verdict en toute diligence pour permettre à cette province de bien fonctionner.

En attendant, le recours de José Makila, à en croire des juristes, ne serait pas suspensif de la procédure de l’Assemblée provinciale. La mesure conservatoire du ministère de l’Intérieur permettra par ailleurs une bonne administration de la justice.

Toutefois, rien n’invite à une accélération de la procédure, au risque de mettre la charrue devant le bœuf. Ainsi, l’acceptation de sa destitution serait un geste élégant, mais si l’incriminé s’estime lésé dans ses droits, il est indiqué de lui offrir l’opportunité de présenter ses moyens de défense.

Il convient de souligner à ce stade que les ambitions se sont publiquement exprimées au sein du Mouvement de libération du Congo pour le remplacement de José Makila, comme si un consensus était préalablement dégagé au sein de ce parti. Pour le reste, la législation prévoit des mécanismes pour assurer la continuité de l’action de l’Etat, en attendant une clarification définitive de la situation.

source : le potentiel/Kinshasa