18_KinshasaNous ne devons jamais nous attendre à ce que d'autres disent du bien de nous. Bien au contraire. Personne n'est plus indiqué à faire nos relations publiques, que nous-mêmes. A moins que des intérêts évidents l'exigent. Sinon, nous seront toujours notre propre bourreau et victime consentante. Et c'est malheureusement ce à quoi nous nous attelons.

A chaque parution d'un rapport sur le respect des droits de l'homme en RD Congo élaboré par l'un ou l'autre organisme international (ou même national), d'aucuns s'agitent, le pouvoir en tête, comme quoi on aime pas le Congo et ses dirigeants. Comme si le fait de ne pas nous aimer modifierait la vision en relations interétatiques.

En fait, nous sommes à la base de ces mauvais rapports en ce que les structures nationales chargées de la sécurité des biens et des personnes ne sont pas nécessairement à la hauteur de l'écrasante tâche.

En clair, la police nationale, l'armée ou la justice ne fonctionnent pas correctement. La police fait le travail de l'armée et vice-versa. Les militaires congolais arrêtent tout le monde. Les services de renseignement vous envoyent au cachot pour avoir battu votre épouse.

S'agissant spécialement de la police, on se souvient du jour de la commémoration du soixantième anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme où un véhicule de nos forces de l'ordre chargeait sur le boulevard du 30 Juin, aux environs de midi, les enfants sans domicile fixe dénommés les " shégués ". Ordre avait certainement été donné aux policiers. Mais, la manière n'y était pas du tout. Les policiers jetaient ces enfants dans les véhicules exactement comme de sacs de farine ou des bêtes sauvages. Au vu et au su de tout le monde. Dans ce cas, on ne va pas demander aux organismes de droits de l'homme d'être plus catholiques que le pape. La matière leur est offerte gratuitement.

Pas plus tard que mardi dernier, sur le boulevard du 30 Juin, des policiers de la circulation routière ont exigé, aux environs du ministère du Genre, Femme et Famille, les documents du véhicule d'une ambassade qu'on venait pourtant de cogner. Les policiers congolais ignorent que les diplomates, leurs biens meubles (dont les véhicules) et immeubles jouissent des immunités et privilèges de juridiction. Ils sont inviolables.

Ceci arrive par le simple fait que, si nos soldats n'ont pas de notions de droit international humanitaire, nos agents de l'ordre ignorant celle de droit civil, mais aussi de droit diplomatique et consulaire. Il est quasi certains que l'ambassade en question doit avoir noté cette bavure qu'elle a communiqué aux instances intéressées par la chose. Ainsi, des éléments non formés expose la RD Congo aux critiques les plus acerbes. Pour rien.

Toute initiation est le passage de l'état nature a celui de la culture ; c'est-à-dire de l'ignorance à la connaissance. Il n'y a que l'initié qui arrive à l'être, sinon il est dans l'animalité la plus vulgaire.

La RD Congo connaît aujourd'hui une époque où l'histoire suit un cours paresseux ; à un tournant pourtant décisif. Mais, on se croit assujetti " à la terrible obligation de suivre notre pensée jusqu'à ses ultimes conséquences et d'y conformer nos actes ". On ne peut pas vouloir une chose et, directement son contraire.

Le cartésianisme ne devrait pas se limiter aux seuls Occidentaux, dès lors que le bon sens est la chose la mieux partagée par les humains.

Fort malheureusement pour nous, le bons sens est un don de Dieu. Or, tout le monde n'en est pas doté. Nos autorités policières doivent former les agents. Il y va de la sécurité des biens et des personnes, en plus de l'image de marque du pays. Ne continuons pas à fournir aux autres les armes les plus sophistiquées pour nous abattre si facilement.