Réuni à la veille de l'ouverture du 12e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA), cette rencontre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) devait à l'origine être consacrée aux pourparlers de paix entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion du général tutsi congolais Laurent Nkunda et à la mise en oeuvre des différents accords signés pour stabiliser le Kivu (est de la RDC).

Mais, depuis le 20 janvier, l'ordre du jour initial de la rencontre est caduc. Ce jour-là, les armées congolaise et rwandaise ont lancé une opération conjointe contre la rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basée dans le Kivu.

Le premier objectif de l'offensive s'est avéré être la neutralisation de Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda le 22 janvier alors qu'il fuyait l'avancée des troupes rwandaises et congolaises vers ses positions, selon les deux gouvernements.

Face à ces "récents développements", le sommet de la CIRGL va "examiner les progrès réalisés dans la recherche des solutions à la situation sécuritaire à l'Est de la RDC", indique un communiqué de la Conférence.

"Onze chefs d'État et de gouvernement des principaux pays membres de la CIRGL, à savoir l'Angola, Burundi, République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Soudan, le Rwanda, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie sont attendus à Addis Abeba", selon ce communiqué.

"Les co-facilitateurs de la crise de l'Est de la RDC, les anciens présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria et Benjamin Mkapa de Tanzanie informeront le sommet sur l'état d'avancement des pourparlers de paix entre le gouvernement de RDC et le CNDP", le Congrès national pour la défense du peuple (rébellion tutsi) dirigée jusqu'à son arrestation par Laurent Nkunda, dont une partie des combattants a depuis rallié le gouvernement de Kinshasa.

Ce sommet est organisée conjointement par l'UA et la médiation dans la crise présidée par le Kenya.

"Malgré les derniers développements en RD Congo qui semblent indiquer des perspectives très encourageantes quant à la fin des hostilités, la situation humanitaire demeure incertaine et inquiétante pour les populations", a relevé de son côté le président de la Commission de l'UA, Jean Ping.

Les hostilités à grande échelle avaient repris fin août 2008 dans l'est de la RDC entre l'armée et la rébellion du CNDP, faisant redouter une nouvelle catastrophe humanitaire dans la région.

A la suite d'intenses pressions internationales, des pourparlers directs avaient débuté le 8 décembre à Nairobi entre le CNDP et le gouvernement congolais.

Depuis le déclenchement de l'opération congolo-rwandaise, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a indiqué avoir constaté une nette augmentation des rapatriements volontaires de rebelles hutus rwandais.

Au cours des deux premières semaines de janvier, 48 Rwandais, dont 33 rebelles, avaient été rapatriés vers le Rwanda par la Monuc. Depuis le 18 janvier, ce sont 148 Rwandais, dont 93 rebelles, qui sont rentrés volontairement dans leur pays, selon les chiffres de la Monuc.

Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda le 22 janvier alors qu'il fuyait l'avancée des troupes rwandaises et congolaises vers ses positions, selon les deux gouvernements.