KinshasaC'est avec fracas que l'Hôtel de ville de Kinshasa, au travers de son service la Direction générale des recettes de Kinshasa, DGTK avait déployé une vaste campagne médiatique pour inciter tous les propriétaires des véhicules de la capitale à l'achat de la vignette, précisément pour l'exercice 2005-2006.

C'est également à travers une vaste campagne de recouvrement forcé qui avait même rendu difficile le transport des Kinois pendant cette période (à cause de l'absence de la circulation de certains véhicules encore non en règle voulant échapper au contrôle) que le même Hôtel de ville s'était assuré du résultat produit par cette opération de vente de la vignette. Résultat selon lequel la DGRK avait réussi à empocher plus de 2 000 000 de dollars américains d'après certaines informations.

De son côté, le gouverneur de la ville de Kinshasa André Kimbuta se félicitant du bon résultat produit par ladite opération avec les recettes mobilisées avait même annoncé que l'Hôtel de ville a réussi à obtenir un montant allant au-delà de ce qui était attendu. Et depuis lors, plus d'autres échos. Et la question aujourd'hui posée est de savoir à quoi a servi cet argent de la vignette ?

Celui qui ce pose cette question n'est autre qu'un député provincial de Kinshasa, William Cannot. Ce dernier, après une requête formulée au bureau de son institution, entendez assemblée provinciale de Kinshasa, vient d'obtenir la constitution d'une commission qui va enquêter sur l'affectation exacte de cet argent.

Le député fonde sa démarche sur un certain nombre de préoccupations qu'il a soulevées au cours d'une plénière tenue le week-end de la semaine dernière au Collège Boboto à Gombe ; plénière du reste présidée par Roger Nsingi Mbenza, président de l'assemblée provinciale de Kinshasa.

Parmi ces préoccupations, l'honorable Cannot a notamment fait part de l'impayement de plusieurs mois de salaires des agents de la DGRK qui, pourtant, collectent non seulement les recettes issues de la vente de la vignette, mais aussi celles issues du payement des différentes taxes qu'elle perçoit dans la capitale.

Il y a également l'absence presque totale à Kinshasa de grands travaux de salubrité publique. Ici, il convient de faire remarquer que la ville devient toujours de plus en plus sale dans tous les quartiers, particulièrement dans des marchés devenus presque des poubelles.

C'est dans cette optique que ce député tient à voir clair dans l'utilisation des recettes produites par la vente de la vignette 2005-2006 ; car bientôt, a fait remarquer William Cannot, va commencer les opérations sur la vente de la vignette exercice 2007-2008.

Toujours à propos des recettes produites dans la capitale, il faut signaler que l'Assemblée provinciale va diligenter un certain nombre de missions d'enquête auprès de quelques entreprises et structures économiques opérant dans la capitale. Il s'agira précisément de vérifier les recettes produites par la perception des taxes sur la consommation locale des biens produits par ces entreprises, d'une part (Bralima, Bat, Bracongo, comptoirs de diamant), et d'autre part, contrôler la gestion financière et technique des entreprises gérées par l'Hôtel de ville (Retranskin où il est fait état de 51 bus immatriculés et des pannes régulières de bus en circulation).

Dans les entreprises brassicoles et tabassicoles, le travail consistera notamment à recueillir des informations qui aideront à déterminer les quantités réelles des produits vendus et déclarées tout en faisant un rapprochement avec les montants perçus et déclarés par l'Hôtel de ville et la PGRK.

Dans tous les cas, tout ce travail de contrôle de l'exécutif provincial que veut désormais initier l'Assemblée provinciale ne peut qu'être encouragé, mais il ne servira à rien si les résultats escomptés ne contribueront pas à apporter un changement positif dans la gestion et le développement de Kinshasa.

Ceci veut tout simplement dire que l'Assemblée provinciale doit véritablement se doter de ses pouvoirs pour sanctionner l'exécutif lorsqu'elle constatera de cas de mégestion. Mais la seule crainte demeure le recours à la corruption, danger qui guette les élus de la capitale pendant leurs mission de contrôle.

Nul n'est besoin de rappeler aujourd'hui que c'est grâce à cette même arme redoutable (corruption) que ces députés de la capitale avaient été amenés à porter au haut sommet de la ville celui que les Kinois attendaient le moins. Pour preuve, ils avaient même refusé de lui confier le mandat d'aller les représenter à la chambre basse du parlement lors des élections législatives de 2006.

Espérons que les députés provinciaux vont se ressaisir cette fois.