KAMEREHLe feuilleton Vital Kamerhe continue à alimenter les conversations des salons et de la rue de Kinshasa depuis la sortie médiatique du président de l'Assemblée nationale après l'entrée des troupes rwandaises en Rdc, au Nord-Kivu, dans le cadre des opérations militaires conjointes FARDC-FPR contre les rebelles rwandais des Fdlr. Attendu à Kinshasa, hier lundi en provenance des Etats-Unis, pour venir se prononcer sur la tenue de la seconde session extraordinaire d'entre deux sessions ordinaires de septembre 2008 et de mars 2009, le président de l'Assemblée nationale a préféré prolonger ses vacances par l'Afrique du Sud. Effectivement, les députés pétitionnaires, plus de 260 qui ont signé la pétition, l'attendent à Kinshasa pour la tenue de la session extraordinaire de l'Assemblée nationale qu'ils voudraient consacrer à la question de la présence des troupes rwandaises dans le Nord-Kivu. Lui qui est soupçonné d'être l'instigateur de cette pétition, saura-t-il s'assumer jusqu'au bout, s'interroge l'opinion qui s'étonne de voir la personne choisir le moment pour disparaitre de la circulation.

C'est aussi le moment que choisit son parti, le Pprd, pour exprimer son désaveu vis-à-vis de la démarche politique trop risquée de Vital Kamerhe, un désaveu qui lui ouvre largement la porte de sortie. S'étant mis ouvertement en porte-à-faux avec la politique de pacification de l'Est du pays prônée par le président Joseph Kabila, ses compagnons du parti lui demanderaient de tirer toutes les conséquences de cet acte. Il doit rendre le tablier, et le Pprd aurait voulu rendre public comme nous l'avons annoncé dans notre édition du vendredi 13 février dernier, la décision officielle de désaveu de Vital Kamerhe ce jour-là. Mais, les tractations de dernière minute aurait poussé la direction politique du parti de procéder autrement.

C'est ainsi que, selon toute vraisemblance, l'homme du perchoir du Palais du peuple serait contraint à la démission de son poste, tout en restant à la disposition du chef de l'Etat. Cette option serait, d'après certaines sources généralement bien informées, celle qu'aurait adopté Vital Kamerhe qui n'attend que le moment de son retour au pays pour annoncer officiellement sa démission de la tête de l'Assemblée nationale. Et, avec lui, toute son équipe du Bureau de la chambre basse.
Entretemps, la course est déjà lancée pour l'occupation des différents postes du Bureau. Certaines ambitions pour ces postes seraient déjà exprimées tant au sein du Pprd qu'au sein des partis de la coalition, et même des partis de l'opposition. Ainsi des noms sont avancés dont celui de Gilbert Tshiongo Tshibinkumbula wa Ntumba qui est de plus en plus cité. Ancien challenger de Vital Kamerhe pour ce poste, candidature qu'il avait finalement retirée à la veille de la compétition électorale pour la formation du Bureau, l'élu de Dimbelenge, Kasaï occidental, Gilbert Tshiongo occupe à ce jour le poste de vice-président de la commission Aménagement du territoire et Infrastructures de l'Assemblée nationale. De par sa longue expérience de gestion et sa crédibilité tant nationale qu'internationale, il aurait la confiance du chef de l'Etat et beaucoup plus de chance de succéder à Vital Kamerhe à la tête de la chambre basse du Parlement.

Un membre, pas le moindre, du Mlc, en la personne de Thomas Luhaka, ancien président de l'Assemblée nationale, version 1+4, et secrétaire exécutif du parti cher au chairman Jean-Pierre Bemba, serait aussi candidat, non pas pour le poste de président, mais l'un des postes de vice-président du Bureau de l'Assemblée nationale. Saura-t-il arracher le poste que revendique aussi le MSR au nom de la coalition, qui a été oublié dans la dernière configuration de l'équipe Kamerhe ?
Les jours qui viennent seront décisifs sur l'échiquier politique congolais.

sOURCE / aCP