Le gouvernement et l’ex-principale rébellion de République démocratique du Congo (RDC) sont arrivés dimanche à un « pré-accord » destiné à ramener la paix dans l’est du pays, a-t-on appris auprès des deux parties. Relancées mercredi à Goma (est), les négociations entre le gouvernement et l’ex-rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), jadis dirigée par Laurent Nkunda – arrêté le 22 janvier au Rwanda – se sont achevées dimanche avec l’adoption d’un « pré-accord », ont indiqué à l’AFP les deux délégations. Le contenu de ce texte n’a pas été communiqué officiellement.

Des représentants du gouvernement et de l’ex-rébellion doivent rencontrer la semaine prochaine à Nairobi les médiateurs de l’ONU, les anciens présidents nigérian Olusegun Obasanjo et tanzanien Benjamin Mkapa, ont déclaré les deux parties. Cette réunion devrait permettre de fixer une date pour la signature de « l’accord global », ont précisé l’abbé Jean Bosco Bahala (gouvernement) et Kambasu Ngeve (CNDP), joints à Goma par téléphone depuis Kinshasa.

Selon M. Ngeve, le rendez-vous kényan est prévu mercredi et jeudi. Chacune des deux commissions qui avaient été mises en place, l’une consacrée aux questions politiques et juridiques, l’autre aux questions « socio-humanitaires et économiques », a adopté dimanche un rapport, a indiqué M. Ngeve, secrétaire exécutif du CNDP. Ces deux documents ont abouti à un « texte commun », ou « pré-accord », qui doit désormais être examiné par les médiateurs, les autorités congolaises et la direction du CNDP, a-t-il ajouté.

Selon l’abbé Bahala, l’accord final inclura également les autres groupes armés du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale. En plus du CNDP, d’autres milices opèrent dans la province, notamment des groupes traditionnels pro-gouvernementaux Maï-Maï. La plupart de ces milices, dont les Patriotes résistants congolais (Pareco), ont annoncé en janvier qu’elles cessaient les hostilités.

Le projet d’accord reprend « les grandes lignes » de « l’acte d’engagement » signé par le CNDP en janvier 2008 à Goma, prévoyant notamment une cessation des hostilités, mais que Laurent Nkunda avait violé en relançant les combats fin août, a affirmé cet expert.

drapeauLe texte prévoit ainsi « l’intégration des combattants dans l’armée », « le retour des réfugiés et des déplacés » et « la création de zones sécurisées », a indiqué l’abbé Bahala. A partir de la signature de l’accord final, « en trois mois, nous pouvons terminer le processus », a-t-il assuré.

La délégation gouvernementale était conduite par le ministre de la Coopération régionale Raymond Tshibanda et celle de l’ex-rébellion par Désiré Kamanzi, qui a succédé à Laurent Nkunda à la tête du mouvement. Des pourparlers entre le gouvernement congolais et le CNDP avaient commencé le 8 décembre à Nairobi, sous médiation de l’ONU, pour trouver une issue à la crise dans l’est de la RDC. Ces négociations ont été interrompues après le déclenchement le 20 janvier d’une opération rwando-congolaise dans le Nord-Kivu contre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), à l’occasion de laquelle Laurent Nkunda a été arrêté. Après l’arrestation de Nkunda et le ralliement de l’essentiel de ses commandants à Kinshasa, une partie des anciens rebelles ont commencé à être intégrés dans l’armée.

Source : Afp