Le Programme d’assainissement urbain de Kinshasa (PAUK) financé par le Fonds européen de développement (FED) effectue depuis quelques mois des grands travaux dans les communes de Barumbu et Kinshasa. A divers endroits de ces deux bassins versants, des caniveaux et collecteurs restés longtemps bouchés et dans un état de délabrement très avancé pour la plupart sont en train d’être réfectionnés ou carrément construits..

Ces travaux doivent être achevés dans les prochaines semaines. A ce délai, le PAUK pourra mettre à la disposition de la population des communes précitées des exutoires réfectionnés et/ou nouvellement construits, susceptibles d’assurer un bon écoulement des eaux de pluie. Mais le problème ne sera jamais résolu si les résidents de ces deux communes n’arrivent pas à intégrer le bien-fondé de la présence d’un réseau d’assainissement pluvial réhabilité et surtout si ils ne s’engagent pas à divorcer d’avec les pratiques de triste mémoire qui consistent à faire des caniveaux leurs dépotoirs de secours.

La situation a déjà suffisamment été compliquée du fait de la surexploitation de cette zone de la capitale, de l’insuffisance d’exutoires, ainsi que de l’occupation anarchique de l’espace. Aujourd’hui, la tâche du PAUK n’est pas aussi aisée qu’on le croirait. En effet, construire ou réfectionner les caniveaux et collecteurs là où l’espace est envahi par des constructions anarchiques, et surtout là où il n’était pas prévu que les câbles électriques et tuyaux d’eau alimentant les parcelles des particuliers passent, présente des risques pour ceux qui y travaillent et les contraint à beaucoup d’acrobaties. Des murs ayant dépassé les limites prévues, des kiosques posés à la limite ou même sur les caniveaux, des toilettes sans fosses septiques avec pour seule issue les caniveaux et bien d’autres réalités sont encore là des situations qui rendent plus difficile l’intervention du PAUK dans ces deux communes.

Qu’à cela ne tienne, les travaux avancent et présentement, le caniveau secondaire longeant l’avenue Galla Sidamo dans la commune de Barumbu, long de 350 mètres, est en pleine réfection dans son tronçon compris entre les avenues Kabinda et Kabambare. De plus sur l’avenue Aviation I, dans son tronçon compris entre les avenues Kongolo et Progrès, les PME auxquelles les marchés des travaux ont été confiés doivent construire deux caniveaux. Le premier dont les travaux sont en phase finale est long de 256 mètres, avec une section de 1 mètre de largeur sur 1,20 mètres de profondeur. Quant au deuxième, il aura une section de 0,50 mètre de largeur sur 0,50 mètre de profondeur et mesurera 250 mètres.

La construction de ces ouvrages dans ce secteur de la commune de Barumbu est très importante. En effet, ils vont permettre l’écoulement normal des eaux de pluie, avec comme corollaire la protection de la chaussée de Kabinda et la réduction de l’ampleur des inondations. Ils sont d’ailleurs exigés par les normes urbanistiques, surtout quand il s’agit d’un site accidenté ou marécageux. Le cas échéant, ceux de l’avenue Aviation I faciliteront d’une part l’écoulement des eaux de pluie vers le collecteur secondaire de l’avenue Progrès, et de l’autre épargneront leurs riverains des acrobaties auxquelles ils se livrent pour se mouvoir à cause des eaux stagnantes laissées par les fortes pluies qui s’abattent sur Kinshasa.

L’avenue Progrès elle-même est dotée d’un caniveau long de 180 mètres et dont la section est de 1,20 mètres sur 1,20 mètres. En plein milieu de cette avenue, à moins de 10 mètres du marché connu sous le nom de «  Wenze ya Kabambare », une traversée a été aménagée afin de faciliter le passage des eaux sous la chaussée. Elle protège aussi ledit marché des inondations qui le rendent souvent moins fréquentable. Le PAUK effectue aussi des travaux sur Bakongo, toujours dans la commune de Barumbu. Le canal de cette avenue est en pleine réfection dans son tronçon compris entre les avenues Kabambare et Kigoma. Et dans cette première phase, le programme prévoit la réhabilitation du pont Kigoma actuellement affaissé, ainsi que l’aménagement de plusieurs dalles d’accès afin d’assurer la continuité de la circulation sur les avenues

Enfin dans la commune de Kinshasa, entre l’avenue Dima et le canal Bitshakutshaku, le PAUK réfectionne les regards du collecteur longeant l’avenue du Plateau. Grâce à l’intervention en cours, les eaux restées depuis longtemps en stagnation sur ladite avenue seront canalisées et la circulation des véhicules en provenance du centre ville facilitée.

Au finish, quand les travaux en cours dans ces deux communes réputées les plus sales de la ville de Kinshasa seront achevés, ces dernières pourront petit à petit renouer avec un environnement sain et redorer leur blason terni. Ainsi grâce au PAUK dont les travaux doivent être inscrits dans un cadre plus large, celui de l’assainissement de la ville de Kinshasa, la population bénéficiaire pourra jouir d’un réseau d’assainissement pluvial susceptible d’assurer l’écoulement des eaux pendant un temps relativement long. Mais la meilleure façon d’en jouir convenablement c’est pour elle de veiller à ce qu’il serve uniquement à l’écoulement des eaux et non plus de décharges publiques, cause de plusieurs maladies dont elle est souvent victime. Car lorsque les caniveaux remplacent les décharges, la conséquence est que l’eau y stagne et favorise la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme dont l’effectif des victimes dépasse celui du VIH sida. La balle est donc dans le camp des résidents de ces deux communes qui doivent savoir qu’un réseau d’assainissement pluvial bien entretenu contribue à la réduction des maladies au sein de la population.