MicroDes députés réagissent à chaud

L'Assemblée nationale a connu une ambiance particulière ce lundi 16 mars à l'occasion de la rentrée parlementaire du mois de mars. Pour cette séance d'ouverture qualifiée de tous les enjeux et dangers, le Palais du peuple a été quadrillé par un dispositif policier particulier. Plusieurs personnes désireuses d'assister à la cérémonie n'ont pas pu pour de raison de sécurité. Naturellement, un seul point a été à l'ordre du jour, le mot d'ouverture du président Kamerhe. A la suite de ce mot, plusieurs députés abordés par L'Observateur ont apporté leur témoignage et commentaire.

Voici quelques réactions

Député Justin Bitakwira (Maî-Maî)

Je viens assister à la séance par respect pour la population qui m'a élu et en accord avec ma conscience. Les députés sont là pour défendre la population... Même si Kamerhe doit partir, il faut y mettre la forme. Il est question de respecter la Constitution et le règlement d'ordre intérieur.

Député Delly Sessanga (MLC)

Sans nos amis de l'AMP l'Assemblée nationale risque d'être bloquée. De même, sans l'Assemblée nationale, le gouvernement risque d'être bloqué sur certaines questions. Les députés membres de l'AMP doivent venir assister aux travaux... S'ils ne viennent pas on ne pourra pas remplacer les autres membres du bureau qui ont démissionné...

Député Mohamed Bule ( MLC):

Pour nous, c'est un devoir parlementaire d'être là, comme le président l'a si bien souligné. Si eux ne viennent pas, ils ont répondu au mot d'ordre de leur plate-forme politique, autre fois quand il nous arrivait à l'opposition de sécher les séances, nos amis de la majorité nous recommandaient toujours de venir et en débattre dans hémicycle pas en dehors. Aujourd'hui c'est à nous de leur demander d'être tous là lors de la prochaine plénière pour avoir l'occasion d'exprimer ce qu'ils auront à dire.

Député Jean-Claude Vuemba (MPCR) :

Vous savez la démocratie est en marche. Figurez-vous quand l'opposition sortait de l'Assemblée à propos du dossier de cinq chantiers, la majorité restait dans la salle. La Constitution autorise le cas de " séchage " de l'Assemblée nationale quand il y a un mot d'ordre. Moi, je dis simplement que la démocratie est en marche. Sur la démission de Vital Kamerhe, il faut se référer à la Constitution et au règlement intérieur...

Député François Mwamba (SG du MLC) :

Le président de l'Assemblée nationale a tout fait pour que cette institution soit ouverte aujourd'hui en dépit de la situation qui prévaut au sein de la classe politique. Cela fait de lui un homme qui mérite notre respect et notre considération. Puisque quel que soit le destin des hommes, les hommes passent mais les institutions restent. Et les institutions ne pourront rester que si elles sont régies par des lois et des règles, et en plus ces lois et ces règles sont respectées. Le propos de l'opposition est de tout faire pour que dans notre pays qu'on ait une culture de textes et notamment le respect de notre Constitution. Nous avons malheureusement noté que la majorité a déserté les bancs de l'Assemblée nationale comme pour marquer le fait qu'elle a déserté le pouvoir. Ce pouvoir leur confié par la population congolaise qui, comme tout le monde le sait, est confronté aujourd'hui aux problèmes énormes en matière sécuritaire, économique et social. Il est donc dommage que ceux qui ont la charge d'apporter des réponses aux Congolais, brillent aujourd'hui, dans leur grande majorité car quelques uns étaient là, véritablement par cette sorte de démission devant leurs responsabilités. La population congolaise doit pouvoir compter sur nous. Non seulement, nous allons sauvegarder la Constitution, l'esprit et le travail au sein des institutions de la République notamment parlementaires. Et nous ferons en sorte que dans ce pays l'agenda redevienne celui de s'occuper des problèmes que connaît la population congolaise et non pas de la distraction et des agissements de la politique politicienne.

Député Thomas Luhaka (MLC) :

Aujourd'hui la question, c'est l'AMP qui craint qu'elle ne puisse plus avoir la majorité au niveau de l'Assemblée nationale pour prendre acte du départ de Vital Kamerhe. S'ils arrivent à régler leur problème à l'interne, ça ne posera aucun problème au niveau de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, c'est dommage de constater que l'AMP perturbe le fonctionnement d'une institution... On reproche à Vital Kamerhe deux choses. 1. L'effritement de la loyauté vis-à-vis de sa famille politique, ça c'est une question interne qui ne nous concerne pas. 2. Deuxième reproche, on dit qu'il est très proche de l'opposition. Pourquoi, parce qu'il nous accorde la parole, nous permet qu'il y ait un débat. Nous craignons que l'AMP puisse vouloir mettre à sa place un faucon qui va radicaliser et étouffer le débat démocratique dans notre Assemblée. Moi personnellement, si on me pose la question du départ de Vital Kamerhe, je voterai contre... On ne peut dissoudre l'Assemblée que quand il y a un conflit persistant entre l'Assemblée et le gouvernement. Aujourd'hui, il n'y a pas de conflit entre ces deux institutions. Il y a plutôt un conflit au sein de l'AMP. On va maintenant dissoudre une institution parce que des cadres d'un parti politique ne s'entendent pas entre eux ?... L'Assemblée ne peut pas fonctionner sans le quorum, c'est une crise politique. Vous savez qu'ils sont nombreux plus de 300 députés. On ne pourra pas fonctionner sans eux. Il faut qu'ils viennent s'ils ont le sens de la responsabilité. Le plus rapidement possible qu'ils règlent leur problème interne pour permettre le redémarrage ou le fonctionnement régulier de cette institution qu'est l'Assemblée nationale... Nous, ce qui nous préoccupe est que les problèmes internes d'un parti politique, d'une coalition politique affectent le fonctionnement d'une institution de la République. Ça c'est inacceptable.