Assembl_e_nationale
On est loin de sortir de l’auberge. L’affaire Kamerhe encore et toujours elle divise les Députés, à la chambre basse du Parlement, au Palais du Peuple. L’AMP estime qu’en démissionnant, Kamerhe n’a plus qualité d’expédier les affaires courantes. L’Opposition dit, par contre, que le Règlement Intérieur reconnaît au Président, fut-il démissionnaire, de le faire. La plénière d’hier s’est soldée par un cuisant échec. Pas de progrès, trop de motions. Le prochain rendez-vous, c’est dans trois jours. Ce sera naturellement pour le lundi 6 avril, avec Kamerhe, en tête du Bureau sortant, même si l’AMP n’en veut plus. L’homme convoque jusqu’à preuve du contraire, les plénières, en s’assumant pleinement devant l’histoire. Là où les espoirs étaient permis de commencer les choses sérieuses, les Députés ont, eux, étalé hier, un spectacle insolite. La plénière de ce jeudi s’est soldée par un cuisant échec. L’AMP et l’Opposition en sont sorties, dos à dos. La guerre larvée autour de Kamerhe est remontée désormais, à la surface. D’abord, l’inflation de motions enregistrées, dans tous les sens. Puis, la confusion sur l’expédition des affaires courantes. La surchauffe a gagné les esprits à telle enseigne que la prochaine plénière a été renvoyée à lundi 6 avril, après trois jours. La question posée était celle de savoir si Kamerhe devait « oui ou non » expédier les affaires courantes, en attendant le renouvellement du bureau de l’Assemblée Nationale. L’Alliance de la Majorité Présidentielle est restée catégorique, sur ce sujet crucial. Plus de Kamerhe à la tête de cette institution. C’est tout. Et le reste des membres démissionnaires ? Là aussi, la brèche demeure ouverte. Si bien qu’on risque de tourner en rond. Pourtant, c’était facile de parer au plus pressé, en déclenchant, par exemple, le mécanisme de renouvellement du bureau. Mettre en place la commission spéciale chargé d’organiser les scrutins, fixer la date, enregistrer les candidatures et publier les résultats, une fois le nouveau Président élu et ses collaborateurs désignés. L’astuce de l’AMP aurait due être, aux yeux de maints analystes, d’y aller vite. Elle en a les moyens et les hommes. C’est elle, la majorité au Parlement. L’AMP devait, au fait, « imposer » ses vues, démocratiquement parlant. Elle n’aurait, par conséquent, rien à craindre. Et quoiqu’il arrive, Kamerhe est et demeure en place. C’est lui qui, jusqu’à preuve du contraire, convoque les plénières, en s’assumant pleinement devant Dieu et l’histoire. L’AMP n’ayant pas réussi à le faire partir, en dehors de la plénière, pouvait, en principe, tirer le drap de son côté, en cliquant sur le clavier de la sagesse. Stratégies, contrôle des troupes (306 Députés motionnaires), moyens financiers, pouvoirs d’Etat, … sont à sa totale portée. Rien ne peut la freiner, pour l’instant. Rien ne peut l’empêcher de faire aboutir ses visées. Kamerhe étant finalement parti, de lui-même, l’AMP aurait intérêt à l’aider à bien préparer le lit, pour son successeur. Le bon sens recommanderait d’ailleurs qu’elle prêche par l’exemple, après tout. Le pavé de l’Opposition L’Opposition parlementaire est montée hier sur ses quatre chevaux, pour appeler au respect du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale. A l’en croire, celui-ci est clair, en cas de démission, fut-elle de Kamerhe ou d’un autre Président qui poserait ses pénates, au perchoir de la chambre basse. L’Opposition n’y a rien compris. D’autant qu’elle exigeait de l’AMP une rectification de sa ligne de conduite dans la perspective de sauvegarder les acquis de la paix. La survie de la jeune démocratie, dit un des Députés, en dépend étroitement. Le départ de Kamerhe ne doit nullement occulter le sens de l’Etat, ni le sens de responsabilité. L’histoire est têtue. Les jours passent et ne se ressemblent pas. Le mandat, lui-même, court. Cinq ans, ce n’est pas une éternité. Qu’on se le dise !

Source : la Prosperité