07 avril 2009
Walikale: les FDLR attaquent les camions des commerçants : 6 morts et 17 blessés
6 morts et 17 blessés par balle, tel est le bilan d’une attaque des FDLR sur les camions des commerçants vendredi dernier entre Mera et Kindo, à environ 70 kilomètres du chef lieu du territoire de Walikale
Selon les premières informations dont dispose l’administrateur de ce territoire, les deux camions des commerçants quittaient Walikale-centre pour le marché de Kibua lorsqu’ils sont tombés dans cette embuscade tendue par les FDLR. Les 6 victimes sont mortes sur place, et les 17 blessés ont été acheminés au centre de santé de Kibua où ils sont soumis à des soins, précise Monsieur Dieudonné Tshishiku
Source : okapi
Les vérités de Joseph Kabila au NY Times : cas Nkunda, MONUC, contrats chinois, crise financière, Obama, BDK,. ..
Ce qui suit sont des extraits de l'entrevue de Jeffrey Gettleman, correspondant pour l'Afrique de l'est du journal américain "The New York Times ", avec le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila.
New-York Times(NYT) : Permettez-moi de commencer par la façon dont les choses ont évolué. Comment vous sentez-vous actuellement ?
Joseph Kabila (J.K.): Pour apprécier la façon dont les choses vont, nous devons regarder comment elles allaient il y a de cela 2 ; 10 ; 15 ans, et comment la situation fut il ya quelques mois, et enfin il ya quelques semaines.
Je pense que nous allons dans la bonne direction. Cela nous a pris beaucoup de temps, d'énergie, de ressources, de sacrifices, et particulièrement du côté de la population. Mais nous commençons à parler de paix, d'une paix à long terme.
NYT : Parlez-nous du récent accord qui a été conclu entre le Congo et le Rwanda pour débusquer les groupes rebelles. Faites-vous confiance aux Rwandais ?
J.K. : Eh bien, eux, ont-ils confiance en moi ? La confiance est un grand mot, surtout quand on parle de pays ou de nations. Pour les pays et les nations tout n'est qu'une question d'intérêts.
Nos intérêts ? Avoir un voisin paisible, un voisin qui respecte notre intégrité territoriale, un voisin qui respecte notre indépendance et, bien sûr, un voisin, avec qui nous pouvons faire des affaires. Quels sont les intérêts du Rwanda au Congo ? Je veux croire qu'ils sont les mêmes. Mais s'il ya un agenda caché, et que les intérêts du Rwanda sont, plus ou moins, le contrôle des concessions minières, et tout cela illégalement, et s'ils sont impliqués dans tout ce qui se passe, et se fait, dans le Nord et le Sud-Kivu, alors nous sommes encore loin de la confiance. Laissons leur le bénéfice du doute, une fois de plus, probablement pour la dernière fois.
NYT : Que va-t-il advenir de Laurent Nkunda (le général rebelle congolais, qui a été arrêté par les troupes rwandaises en janvier) ? J'ai entendu dire qu'il pourrait revenir au Congo en tant que général. Êtes-vous d'accord avec cela ?
J.K. : Eh bien, je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses. Mais il y a certaines choses avec lesquelles vous devez de vivre avec. Mais l'une de ces choses n'est pas le fait que Nkunda va revenir et retourner dans l'armée. Non, ca c'est en dehors de la question ! Le peuple congolais aimerait avoir des réponses sur pourquoi et comment Nkunda a fait tout ce qu'il a fait. Après tout, nous avons perdu tant d'années à cause de ses aventures et nous aimerions avoir des réponses. S'il revient ou quand il reviendra, ou devrais-je plutôt dire lorsqu'il reviendra, nous voudrions fermement avoir des réponses et le meilleur moyen d'obtenir des réponses est à travers le système judiciaire. Qu'en sera-t-il par après ? Cela est une autre question.
NYT : Dans les faits, qu'est-ce que cela signifie ? Une sorte de commission vérité et réconciliation ?
J.K. : Nous n'avons pas encore cela. Mais on peut bien avoir la justice en premier et la commission de vérité et de réconciliation venir par après. Mais nous ne voulons pas entreprendre des actions ou initiatives qui nous ramèneraient à l'endroit où nous étions hier ou avant-hier. Donc nous nous efforçons de peser les actions.
NYT : Est-ce que cela veut dire que Laurent Nkunda va être extradé au Congo pour y être jugé ?
J.K. : Effectivement ! Il va revenir, et assurément nous allons le juger dans le but d'avoir des réponses à beaucoup de questions. Et ensuite, nous verrons. Cela dépendra de combien de temps la procédure va prendre.
NYT : Pensez-vous réellement que les rwandais vont l'extrader ?
J.K. : Je crois, en toute bonne foi, qu'ils le feront - ou qu'ils doivent le faire.
" Je ne suis pas un 'vautour' de la guerre "
NYT : Étiez-vous à la base des récents combats contre Nkunda ?
J.K. : Je ne suis pas un " vautour" de la guerre. Mais, je ne suis pas non plus un pacifiste. Toutefois, j'aime la paix. Donc, il est hors de question que nous ayons ordonné une offensive contre Nkunda. Non ! Non ! Nous n'avions aucune raison de le faire.
NYT : Comment se fait-il que l'armée a été impuissante face à lui ? Quel est le problème avec les militaires ?
J.K. : Je ne pense pas que l'armée fut impuissante face à lui. Il ya deux questions que nous devons garder à l'esprit. Primo, Le Congo est encore en phase de reconstruction de ses institutions, et ce qui y inclus le domaine de la sécurité. Deuxièmement, et c'est ce que le monde doit savoir, le Congo a quasiment été sanctionné d'un embargo sur les armes pendant longtemps.
D'une part, nous avons l'obligation de protéger et de défendre notre pays. C'est ce que nous faisons et nous continuerons à le faire. Mais d'un autre coté, vous avez ces messieurs assis quelques part à Bruxelles ou ailleurs, qui font essentiellement que nous enchainer les mains derrière le dos.
NYT : Est-ce que laisser entrer les Rwandais fut un risque ?
J.K. : Dans la vie, on prend toujours des risques. Respiré est un risque… Lorsque vous mangez, vous pouvez avaler de travers ; c'est un risque. Il s'agit là d'un risque que nous avons dû prendre en vue de faire disparaître un problème qui a affecté la population durant ces 15 dernières années.
NYT : Avez-vous eu de la pression de la part des États-Unis ou d'autres [pays] ?
J.K. : Non, personne. Vous pourriez être surpris de savoir qu'ils ont aussi été pris au dépourvu.
NYT : Que pensez-vous de la MONUC ?
J.K. : Qu'est ce que je ressens par rapport à la MONUC ? Elle a réussi dans certains domaines, comme dans l'Ituri. Maintenant, nous devons nous poser la question: est-ce suffisant - en particulier après ce que nous avons été témoins lors des derniers déroulements de combats ?
En quoi la MONUC fut-elle utile, alors qu'elle été déployée partout sur le terrain ? En quoi fut-elle utile - non pas pour protéger l'armée congolaise, non, nous n'avons pas besoin de la protection de la MONUC, mais [alors] pour protéger la population locale ? Evidemment, il ya eu des massacres qui ont eu lieu à Kiwanja et ailleurs, sous leur nez. Il ya là un grand point d'interrogation… Nous devons être d'accord que la MONUC devra certainement partir un jour. Quand cela ? C'est une autre grande interrogation.
NYT : Avez-vous été déçus par ce qui s'est passé ?
J.K. : Non seulement moi, mais la population congolaise s'est sentie abandonner. La MONUC a fait des promesses et avait des obligations et elle n'a pas su répondre à ses obligations ni respecter ses promesses.
NYT : Quel type d'obligations et de promesses ?
J.K. : Ses obligations de protéger la population. Les promesses de faire en sorte que le cessez-le-feu ne soit pas rompu. Elle ne les a pas tenues.
NYT : Bien de choses au Congo est pris en otage par ce qui se passe à l'est du pays. Est-ce cela qui rend difficile pour vous de poser d'autres actions ?
J.K. : C'est pénible, très pénible. L'impression qui ressort des médias du monde entier est que l'ensemble du Congo est en train de brûler, ou serait en feu. Non, nous avons 145 territoires dans ce pays et en dehors ceux-ci, vous avez 4 ou 5 qui ont été problématiques. Mais, il est vrai que 80 pour cent de mon temps, au lieu de travailler sur les questions de développement, a été passé à travailler sur la façon de résoudre les problèmes dans le Nord et le Sud-Kivu. Comment expliquez cela ? La souffrance du peuple, vous ne pouvez la supporter.
" lorsque vous vivez à Washington, ou à New York, vous pensez que le monde entier est comme Washington ou New York "
NYT : Parlez-moi un peu des difficultés économiques du Congo. Dans quel mauvais état est-il ?
J.K. : La situation est très mauvaise pour nous. Soixante pour cent de nos revenus provenaient de l'exploitation minière. Le secteur minier a été cruellement touché - très, très durement. Mais, nous croyons que nous avons d'autres secteurs à développer, et nous pouvons les développer rapidement. À l'instar de l'agriculture.
Nous étions l'un des plus grands producteurs de café, de cacao, nous avions d'énormes plantations de caoutchouc. Nous devons relancer tout cela et ces efforts sont en cours. Dans les villes congolaises, la population est fort jeune. C'est presque une bombe à retardement. Vous devez vous assurer que ces jeunes hommes et jeunes femmes trouvent de l'emploi ; sinon vous aurez des troubles sociaux.
NYT : Qu'en est-il de 9 milliards de dollars du contrat de développement avec les chinois ?
J.K. : Je ne comprends pas les réticences que nous avons rencontrées. En quoi consiste le contrat avec les chinois ? Nous avons dit que nous avions cinq priorités : les infrastructures, la santé, l'éducation, l'eau, l'électricité et le logement. Maintenant, comment faire face à ces priorités ? Nous avons besoin d'argent, de beaucoup d'argent. Pas les 100 millions USD de la Banque mondiale ou les 300 millions USD du FMI [Fonds monétaire international]. Non, beaucoup d'argent, et d'autant plus que nous sommes toujours asservie par une dette de près de 12 milliards USD , qui nous coûte entre 50 à 60 millions de dollars par mois, ce qui est énorme. Remettez-moi 50 millions USD chaque mois pour le domaine social et nous allons progresser… Quoi qu'il en soit, c'est un autre chapitre.
Bref, nous nous sommes dits : ok, nous avons ces priorités, et nous avons discuté avec tout le monde : Les Américains : - Avez-vous l'argent ? Non, pas pour le moment ; L'Union européenne : - Avez-vous trois ou quatre milliards de dollars pour ces priorités ? Non, nous avons nos propres priorités. Ensuite, nous nous sommes dits : pourquoi ne pas en parler à d'autres individus, les Chinois ? Et alors nous leur avons dit : - Avez-vous l'argent ? Et ils ont répondu, bien, nous pouvons discuter. Donc, nous avons discuté.
NYT : Avez-vous le sentiment que l'Occident se plaigne actuellement de ce contrat ?
J.K. : Eh bien, je ne comprends pas pourquoi ils nous disent de ne pas signer ces accords. Probablement en raison de l'ignorance ; l'ignorance de la situation difficile dans laquelle nous sommes. Bien sûr, lorsque vous vivez à Washington, ou à New York, vous pensez que le monde entier est comme Washington ou New York. Mais les gens sont en train de souffrir ! Ce qui me révolte est le fait qu'il y ait de la résistance à cet accord mais sans aucune contre-proposition.
" Pour moi, la priorité aujourd'hui, c'est la paix ! "
NYT : Vous avez certainement une tâche immense. Vous avez des problèmes de sécurité. Votre pays est très vaste. Ne vous sentez-vous pas parfois dépasser ?
J.K. : Eh bien, parfois je me sens débordé. Mais il ya certains d'entre nous qui sont nés pour vivre une vie agréable, réaliser toutes les choses que n'importe qui peut rêver vouloir, vivre leur rêve. Et il ya ceux qui sont nés sans doute pour souffrir et apporter les changements nécessaires afin que la prochaine génération ait un avenir meilleur. Elle est immense, mais nous essayons de traiter les problèmes un par un. Évidement le temps n'est pas entre nos mains ; il ne nous appartient pas.
Le problème principal qui était la sécurité nous l'avons traitée. L'autre question est le développement. Et bien sûr, vous avez aussi la corruption et l'administration qui ne fonctionne pas, ce n'est pas fluide, et vous avez des partenaires qui ne comprennent pas la totalité des défis.
NYT : Qu'en est-il de la justice ? Il ya eu beaucoup de plaintes à propos de Bosco Ntaganda (un ancien général des rebelles accusés de crimes de guerre, qui a récemment été incorporé dans l'armée congolaise). Allez-vous livrer Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale ?
J.K. : Il n'ya pas d'autre pays en Afrique, qui ait coopéré avec la CPI comme le Congo. Sur les quatre détenus à la CPI, les quatre sont des congolais. Cela vous démontre à souhait combien nous avons été coopératifs. Mais nous devons aussi d'être pragmatiques et réalistes. Une justice qui entrainerait la guerre, l'agitation, la violence, la souffrance et toutes ces choses, je pense qu'il nous faut dire : " Patience, pour le moment sortons nous de cela ". Pour moi, la priorité aujourd'hui, c'est la paix !
NYT : Donc, pour Bosco, cela veut dire ?
J.K. : Bosco a été coopératif en apportant le changement nécessaire qui a procuré la paix dont nous avions besoin. Il faut lui donner une chance, ce que nous appelons en français, le doute… le bénéfice du doute. C'est ce que nous faisons. Nous le surveillons ; nous le suivons. Nous n'avons pas oublié qu'il est recherché par la justice. Mais dans le même temps, nous faisons comprendre au monde judiciaire qu'ils ne seront pas au Congo, s'il advenait qu'une guerre éclate.
NYT : Et, pour revenir à Laurent Nkunda ?
J.K. : Il n'y a pas de mandat [d'arrêt] pour le moment contre Nkunda.
NYT : Donc, en fin de compte, sera-t-il puni ?
J.K. : quiconque commet des crimes devrait en être puni, et doit pour ainsi dire reconnaitre avoir perpétré des délits, car le processus de guérison commence à partir de là, de la reconnaissance : ce que nous avons fait était mal. C'est une garantie en soi de ce que cette personne ne vas pas recommencer. Or, jusqu'à présent, cela n'a pas été fait.
NYT : Avec Nkunda ?
J.K. : Oui. Et je crois que s'il est aussi intelligent que tout le monde pense, il devrait commencer par ça, en demandant à la population, en particulier ceux du Nord et du Sud-Kivu, de lui pardonner, et de dire, voilà , ce qu'il a fait était très mauvais.
On ne peut calculer combien et dans qu'elle mesure cela peut atteindre en profondeur le cœur de quelqu'un qui a perdu un être cher. C'est déjà en soi le commencement d'un processus de guérison.
NYT : Que pensez-vous de l'Africom (le nouveau commandement militaire américain en Afrique) ? Trouvez-vous un intérêt à accueillir une base au Congo ?
J.K. : La Création d'une base au Congo, est hors de question ! Nous ne pensons pas que le Congo doit servir de base à qui que se soit ou pour une quelconque puissance, pas du tout. Mais nous avons toutefois un projet avec le gouvernement américain pour former certains de nos troupes.
NYT : Que pensez-vous de Barack Obama ?
J.K. : Ce que je pense d'Obama ? Je ne sais pas ce qu'il pense de moi. Je n'ai donc rien à dire sur lui. Toutefois, je crois qu'il y a beaucoup à espérer, pour l'Afrique, bien sur, mais aussi, pour le monde entier, que l'Amérique fera ce qu'elle doit faire.
NYT : Quels sont vos loisirs ? Pour évacuer la pression ?
J.K. : Je suis un collectionneur des engins à roues. Je collectionne les motos : vieilles motos, nouveau modèle. J'en ai 4, 5 ou 6.
NYT : Votre favori ?
J.K. : La Ducati (une marque italienne haut de gamme)
NYT : Où roulez-vous ?
J.K. : À Kinshasa, non pas dans la ville, mais dans la périphérie.
NYT : sortez-vous ?
J.K. : J'avais l'habitude de sortir. Je crois que cela m'aidait à réduire le stress. Malheureusement, je n'ai plus temps. J'ai pris beaucoup de poids. (Tapote son ventre) je dois perdre 10 kg.
NYT : Est-il vrai que vous ne fumer pas ni ne buvez ?
J.K. : Je ne fume pas. J'essaie de boire un peu de vin, en société, ce qui n'arrive pas souvent, mais, bon, vous ne voulez pas non plus donner l'impression que venez de la planète Mars.
NYT : Vous préoccupez-vous de votre propre sécurité, après ce qui est arrivé à votre père ?
J.K. : Bien sûr, il ya toujours cette question, et après ? Non, cela ne me vient pas à l'esprit, dans tout les cas, on ne vit qu'une fois. Et l'on ne meurt une fois, je l'espère, pour ceux qui ne croient pas en la réincarnation, comme moi (rires). La mort, est toujours présente avec nous. Quand va-t-elle frapper ? C'est un point d'interrogation…
" la démocratie a désormais ses racines au Congo "
NYT : Qu'est ce qui vous convient le mieux, d'être un soldat ou d'être un président ?
J.K. : Eh bien, je ne sais pas. Je crois que vous devriez poser cette question à ma mère. Mais c'est vrai que je suis devenu un soldat, un officier, simplement par volontarisme. Par contre, il est vrai que je suis devenu président, en particulier à partir de 2001, en raison de ces circonstances tragiques. Mais vous apprenez à vivre avec les situations qui vous sont imposées.
NYT : Avez-vous les bonnes personnes pour vous épaulez ?
J.K. : (longue pause) Mobutu a dirigé ce pays pendant plus de 37 ans. Il a créé une classe politique et une mentalité et nous en n'avons pas encore fini avec cela. Les anciennes méthodes sont mauvaises - corruption, mauvaise gouvernance, mauvaise gestion et tout cela. Notre plus grande erreur, c'est que nous n'avons pas eu assez de temps pour préparer et former nos propres cadres.
Vous n'avez pas besoin d'un millier de personnes pour transformer un pays. Non, vous avez besoin de 3, 4, 10 ou 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes ? Probablement, seulement 5, 6 ou 7, pas encore 15.
NYT : Que considérez-vous comme votre plus grande réalisation ?
J.K. : Remettre le Congo sur la carte du monde. Vous savez, quand nous étions encore en train d'organiser notre propre résistance en 1995-1996, et que vous vous rendiez en Zambie et lorsque les gens apprenaient que vous veniez du Zaïre à l'époque, ils vous traitaient avec un tel mépris, que je ne pouvais pas le supporter. " Ah, le zaïrois" ; Zaïrois c'était comme une insulte. Un peu comme "à l'américain" dans la province de Kandahar (rires).
Donc, aujourd'hui, à l'heure actuelle, quand vous allez en Zambie, la population dit: "Ah, il est du Congo! Il vient du pays du président Kabila ! "
Nous avons rendu au peuple congolais ce respect et cette estime de soi. Pour moi, c'est le début de l'édification d'une nation ainsi que du patriotisme lui-même. Nous avons aussi fait en sorte que la démocratie devienne une réalité au Congo. Personne ne l'avait fait depuis l'indépendance. Mais peut-être la chose la plus importante est l'espoir que nous avons donné au peuple congolais, l'espoir de l'avenir ; qu'il ya quelque chose que nous appelons lendemain et qu'ils ne vont pas mourir aujourd'hui mais qu'il ya un avenir meilleur : ce que demain sera meilleur qu'aujourd'hui…
NYT : Ne vous êtes vous jamais mis en colère ?
J.K. : Non, je ne me mets jamais en colère, et les gens disent que ce n'est pas bon. Que je devrais me fâcher et boxer les gens. Il est très difficile de parvenir à m'énerver.
NYT : Nkunda y est probablement parvenu fort près ?
J.K. : Très proche. Mais au Congo, afin d'aller de l'avant et en vue de vraiment avancer, il faut avoir la tête froide, très cool ; une figure très calme.
NYT : Quand vous voyez des gens portant des chemises à votre effigie, qu'en pensez-vous ? Ca vous fait rire ? Pensez-vous que c'est cool ? Ou en Êtes-vous gêné ?
J.K. : Un mélange des trois. (Rires) J'ai toujours été pour un profil bas, rien d'ostentatoire. Mais en Afrique, et particulièrement au Congo, c'est une façon de montrer son attachement. La plupart d'entre elles ont été distribués au cours de la campagne [électorale]. Nous avons été obligés de le faire. Sinon, nous allions perdre.
" le Congo est un géant, un gentil géant. "
NYT : Qu'est-ce que vous voulez que le monde connaisse du Congo ?
J.K. : Je crois que le monde est très conscient de ce qui se passe au Congo. Mais ils ont du Congo une connaissance négative à cause de la guerre, des viols, des massacres, etc. Mais ce que le monde a également besoin de savoir c'est que le Congo est un pays stratégique sur ce continent. On ne peut prétendre développer tous les autres pays [africains], sans l'aide du Congo, comme la véritable locomotive et le moteur. Et le Congo est prêt à discuter et faire des affaires avec tout le monde.
Effectivement, Nous avons nos désavantages, comme tout autre pays. Nous avons nos des défis, d'énormes défis. Mais la démocratie a désormais ses racines au Congo, ce qui en soi est un facteur de stabilité et une stabilité à long terme. Si nous n'avions pas eu d'élections démocratiques dans ce pays, la question de Nkunda et tous ces autres rébellions auraient pu devenir ingérable. Mais c'est justement parce que les gens sont tellement déterminés à défendre leur démocratie que tout cela finira par brûler comme un feu sans essence.
NYT : Comme vous l'avez évoqué, parlez-moi de ce qui s'est passé avec ces massacres dans le Bas- Congo. Qu'avez-vous à dire à ce sujet ?
J.K. : Il ne faut pas faire de confusion entre les individus et une insurrection. Ce sont deux choses différentes. Nous avons eu des émeutes dans le Congo, mais les gens n'ont jamais été abattus. Non. Ce qui s'est passé dans le Bas Congo est une insurrection, un mouvement sécessionniste, et ce n'est pas la première fois qu'ils faisaient ça. Ils ont pris les armes et ont tué sept policiers et soldats, et la situation devenait quasiment incontrôlable. Nous avons eu à régler ça. Y-a-t-il eu des erreurs qui ont été commises là-bas ? Oui.
NYT : Lesquelles ?
J.K. : Lesquelles ? Nous avons arrêté certains policiers qui, se sont concrètement mal comporté et ont délibérément tiré sur la population. Ils sont en prison et ont été condamnés. Deux cas de viol ont été signalés, et ils ont été condamnés à la prison à vie. Ainsi, des erreurs ont été commises. Et nous y avons apportées des solutions. Mais dans le même temps, on ne peut tolérer qu'un mouvement d'insurrection gagne du terrain. Ou sinon, c'est le pays tout entier qui allait exploser.
NYT : Le Congo prend de plus en plus de place en moi. J'espère qu'il obtiendra ce qu'il mérite...
J.K. : Le Congo mérite mieux. Le peuple congolais mérite mieux. Mieux que simplement les combats ; la guerre ; les violations des droits de l'homme. Je pense que le moment est venu pour nous de réaliser ce changement singulier et nous allons le faire. Le monde est-il prêt à voir un Congo fort ? Je l'espère. C'est un autre point d'interrogation. Étant donné que beaucoup de gens ont peur, en particulier dans cette région. Mais nous disons que le Congo est un géant, un gentil géant. Nous sommes une grande nation, mais aussi un très doux géant, déterminée à vivre en paix avec tous ses voisins.
Source : New-york times
Avec l'aimable autorisation de MCN
le comité de gestion et les doyens des facultés de l'UNIKIN appelés à une gestion collégiale
Le ministre de l'Enseignement supérieur et Universitaire (ESU) de la République démocratique du Congo (RDC) Léonard Mashako Mamba a appelé lundi, le comité de gestion et les doyens des facultés de l'Université de Kinshasa ( UNIKIN) à une gestion collégiale et à l'élaboration des projets banquables dans divers domaines, en vue d'atteindre l'excellence et de sortir l'UNIKIN de l'impasse.
Le ministre congolais a tenu une séance de travail avec les responsables de l'UNIKIN à la direction générale de la Régie des constructions (RECO) et a fait savoir que son ministère reste disposé à chercher des partenaires et des bailleurs de fonds pour appuyer les différents projets qui sont profitables à l'UNIKIN.
"Regardons dans la même direction pour stopper la dégradation du site universitaire et permettre à l'Université de Kinshasa de jouer son rôle dans la région", a souligné M. Mashako, qui a indiqué auparavant que la RECO/UNIKIN était désormais rattachée au ministère de l'ESU, conformément à l'ordonnance créant ce dernier et ses services spécialisés.
Il a par ailleurs, déploré que la RDC compte aujourd'hui plus de 1 000 établissements publics et privés d'enseignement supérieur et universitaire dont certains n'ont pas de bâtiments ni d'équipement, et un corps enseignant de 1 400 professeurs dont un bon nombre sont fatigués par l'age et exigent une relève.
Face à cette situation, M. Mashako a réitéré la position du gouvernement de fermer certains établissements non viables, invitant le comité de gestion de l'UNIKIN à clarifier la situation de certaines extensions de cette université, notamment en province, avant l'exécution des mesures de fermeture.
La Haye dans le doute sur Lubanga
Mbuza Mabe en Afrique du Sud, état critique
Admis il y a deux semaines, dans un état critique, au Centre Médical de Kinshasa, dans la commune de Gombe, le général Mbuza Mabe, commandant de la Base militaire de Kamina, a été finalement transféré en Afrique du Sud, accompagné de son épouse et de son médecin traitant. Aux dires de ses proches, sa santé s’est davantage détériorée au courant de la semaine dernière. C’est donc un officier général très malade et fortement affaibli, qui a de plus en plus du mal à s’exprimer, qui a été embarqué dans un avion vers le pays de Nelson Mandela. Et sa famille, consciente de la gravité du cas, convie des millions de Congolaises et Congolais à joindre leurs prières aux siennes pour que le Très Haut fasse grâce au général Mbuza Mabe, afin qu’il puisse rapidement retrouver la plénitude de ses facultés physiques et mentales, pour le bien de la patrie qui a encore grandement besoin de ses services. Tout en se réjouissant de l’impact du SOS qu’elle avait lancé en direction de la Nation, par le biais du Phare, elle déplore néanmoins la lourdeur de la machine administrative congolaise dans le traitement de son dossier de transfert à l’étranger.
Vive indignation des Congolais de la diaspora Depuis l’annonce, le jeudi 02 avril, par le quotidien de l’avenue Lukusa, de la nouvelle de l’hospitalisation du général Mbuza Mabe, des difficultés de sa prise en charge par sa famille et de ce qui a paru comme son abandon par la hiérarchie politique et militaire, le téléphone du Phare s’est trouvé submergé par des coups de fil en provenance des Congolais résidant dans d’autres pays d’Afrique, en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Tous commençaient par exprimer leur indignation en apprenant que la famille du malade était butée à des difficultés financières et administratives avant d’exiger des numéros de contact utiles pour la mobilisation des moyens conséquents et urgents pour suppléer à ce qu’ils considéraient comme une défaillance des pouvoirs publics. Le Phare s’est fait le devoir de communiquer à la ronde les coordonnées des proches de Mbuza Mabe à sa disposition. Et, vendredi déjà, des messages électroniques et téléphoniques étaient lancés de partout, en vue de l’organisation rapide des collectes en faveur du grand malade. Des élans de solidarité au pays Hormis des Congolais de la diaspora, de nombreux opérateurs politiques, dont des députés et des sénateurs, sont passés par Le Phare pour obtenir des numéros de contact avec la famille de Mbuza Mabe. Des sources dignes de foi ont indiqué à notre Rédaction que des élans de solidarité en faveur du patient se sont spontanément manifestés. Plusieurs députés et sénateurs ont fait parvenir à sa famille, directement ou par personne interposée, leurs contributions financières. De nombreux compatriotes de l’arrière-pays, informés de la santé précaire du précité, se sont mis à eux aussi à se cotiser. Intervention de Joseph Kabila Mais c’est finalement le Chef de l’Etat Joseph Kabila qui a pris la décision salutaire de prendre en charge le transfert du général et les soins liés à son hospitalisation en Afrique du Sud. Puisse cette décision favoriser le rétablissement rapide de ce digne fils du pays et son retour à Kinshasa en possession de tous ses moyens physiques pour servir encore et toujours l’armée nationale et l’ensemble de ses concitoyens. Nos prières l’accompagnent en Afrique du Sud.
Source : le phare
le gouvernement annonce la retenue, à la source, de l’impôt sur le salaire du personnel politique
La Direction générale des impôts )DGI) a encaissé, fin mars 2009, 952 millions 440 mille francs congolais, soit environ 100 mille dollars américains, pour le compte de l’impôt se rapportant aux rémunérations du personnel politique du mois de mars. Le ministre du Budget, Michel Lokola
Désormais, donc, l'Etat commencera à retenir un impôt sur le salaire du personnel politique. Cela pour mobiliser davantage ses recettes. La dépréciation continue de la monnaie locale, le franc congolais, par rapport aux principales devises étrangères, est pour beaucoup dans cette décision. Les recettes en franc congolais sont mobilisées à 90 %. Mais en réalité, selon le ministre du Budget, elles ne correspondent qu’au deux tiers de leur valeur réelle. Ainsi, face à la perturbation du budget de l’Etat du fait notamment de cette chute de la monnaie nationale, le gouvernement se doit de mobiliser davantage tous ses moyens. Y compris l’impôt sur le salaire du personnel politique. « Les institutions n’ont pas payé l’impôt se rapportant aux rémunérations du mois de janvier et du mois de février. Mais pour le mois de mars, le ministère du Budget a retenu à la source », a expliqué le ministre Michel Lokola. D’après lui, les 100 mille dollars réalisés pour ce mois de mars ne concernent que les institutions centrales, à Kinshasa. L’opération devra s’étendre jusqu’au niveau des institutions provinciales, a-t-il souligné.
source : okapi
Processus de décentralisation
La République Démocratique du Congo s'est lancée dans un processus de décentralisation. Ce processus, de l'avis des experts, sera long et nécessitera une totale refonte des rapports qui existaient avant entre le pouvoir central et les provinces. D'où la nécessaire formation de ceux qui devront animer les entités territoriales décentralisées. C'est grâce au soutien de la communauté wallonne et de l'Association des maires francophones qu'un séminaire a été organisé pour les cadres de la territoriale concernés par le processus de décentralisation.
Dans le cadre de cette politique, ce séminaire d'information et d'appropriation est organisé, grâce à la communauté wallonne de Belgique, à la salle des conférences internationales des Affaires étrangères du 6 au 7 avril 2009 à l'intention des bourgmestres de la capitale et des cadres des administrations communales. Intitulé " Appui aux provinces, aux entités territoriales décentralisées et autres entités territoriales déconcentrées (ETD) en République Démocratique du Congo ", ce séminaire permettra aux participants de s'imprégner de nouvelles réalités à la lumière de la Constitution et de 3 lois portant modalités de la conférence des gouverneurs, portant statut et organisation des provinces et enfin la loi portant sur les entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec les provinces et le pouvoir central.
Au cours de l'avant-midi d'hier lundi, les participants venus des communes de la capitale ont suivi différents exposés qui avaient pour finalité de permettre aux participants de s'imprégner de certaines réalités en rapport avec la décentralisation. L'abbé Apollinaire Malu-Malu et d'autres conférenciers ont planché sur les rapports entre les provinces et le pouvoir central tandis que le prof. Mbebwa est revenu sur les modes de résolution des conflits de compétence.
Des premiers exposés on retiendra le fait que la route de la décentralisation est jalonnée d'obstacles, que la décentralisation est différente du fédéralisme. Et que la décentralisation sous entendra compétence et ressources.
Pour l'abbé Malu-Malu, la RD Congo n'est pas à sa première expérience. Mais l'article 3 stipule que les provinces et entités territoriales décentralisées jouissent de l'autonomie, ce qui explique l'ampleur du défi qu'elles auront à relever.
Quant on sait l'art 193 stipule que la Fonction publique est neutre, apolitique et impartiale, il faudra pour son fonctionnement normal, des fonctionnaires bien formés, capables de mettre en œuvre les décisions des décideurs.
Dans cette perspective, tenant compte des volets moyens et ressources, il a été proposé la création d'un centre de ressources et d'appui qui comprendra une expertise et des compétences (juristes, architectes) qui peuvent être utilisés indistinctement par les différents ministères.
Que dire en définitive, que le système congolais est face à des décisions importantes à prendre, il devra les résoudre dans un court délai pour faire avancer la démocratie.
Modes de résolution des conflits de compétence
Prenant la parole lors de ce séminaire, le prof. Mbebwa a tenu à fixer les esprits en rappelant aux participants certains principes fondamentaux " pour leur permettre de pouvoir agir ". Car les animateurs au regard de la loi ont des compétences claires.
Cependant, si d'aventure, des conflits pouvaient surgir entre le pouvoir central et les ETD qui sont dotées de la personnalité juridique, ces dernières peuvent ester en justice (la Cour constitutionnelle) qui devra les départager.
Pour la résolution des conflits, deux modes existent, le mode juridique et le mode politique.
Le premier mode permet de trouver des solutions en s'appuyant sur des textes et comporte deux niveaux : national et provincial.
Quant au mode politique, il privilégie la concertation entre les parties en vue d'harmoniser. Dans ce cadre, il est prévu la conférence des gouverneurs, la rencontre annuelle du gouverneur avec les ETD une fois l'an, etc. Sans oublier art 220 qui interdit la suppression de certains textes (révision constitutionnelle), etc. qui protège les ETD vis-à-vis du pouvoir central.
De différents exposés faits dans l'avant-midi a suivi un vif débat qui a permis d'éclairer bien de zones d'ombre dans l'entendement des participants.
Toujours dans le cadre de ce séminaire, deux autres exposés ont eu lieu dans l'après-midi par les prof. Evariste Boshab et Mabi Mulumba.
Le séminaire se poursuit ce mardi toujours aux Affaires étrangères
Source : l observateur/kinshasa.
Le nouveau bureau sera connu cette semaine
Finalement les violons se sont accordés entre l'AMP et alliés et l'opposition sur les modalités de l'élection de nouveaux membres du bureau de l'Assemblée nationale. A l'issue de la réunion du samedi 04 avril ayant regroupé le bureau démissionnaire et les groupes parlementaires, il a été reconnu à Kamerhe et son groupe les prérogatives d'organiser le scrutin qui fait encore couler beaucoup d'encre et de salive dans l'opinion. L'AMP, l'opposition et les non inscrits (les vrais indépendants) ont convenu que chaque groupe parlementaire désigne un député pour faire partie des scrutateurs qui feront le dépouillement des bulletins de vote.
Cette formule est presque la même que celle proposée par le bureau sortant et qui devait être discutée lors de la plénière de jeudi 2 avril dernier. Malheureusement l'AMP a voulu inventer la roue en suggérant la mise en place d'une commission spéciale électorale. Cette prise de position avait suscité des remous tant au sein de l'AMP que de l'opposition. Même les sages conseils du " Vieux " Nsinga Udjuu n'ont pas suffi à ébranler la détermination de l'aile extrémiste de l'AMP qui tient à en finir une fois pour toutes avec Vital Kamerhe. Et c'est le député AMP Boris Mbuku qui est venu mettre un bémol dans le débat en proposant la suspension de la séance pour permettre des consultations entre groupes parlementaires. C'est ce qui a été fait le week-end.
Après ce compromis il est prévu, sauf changement de dernière minute, une séance plénière ce mardi 07 avril au cours de laquelle les députés vont approuver les dispositions arrêtées pour le renouvellement de leur bureau. Une fois le document adopté, il sera procédé à l'ouverture du dépôt des candidatures, qui sera suivie de l'élection des membres du nouveau bureau. Au regard de ce chronogramme, nous pouvons affirmer sans peur d'être contredit que la chambre basse sera dotée de sa nouvelle direction au courant de cette semaine.
Par ailleurs, il convient d'indiquer que contrairement à ce que certains députés ont laissé entendre, le règlement d'ordre intérieur de l'Assemblée nationale ne prévoit pas l'institution d'une commission spéciale pour l'élection des membres du bureau. Cette disposition ne devait pas être insérée dans le règlement intérieur parce que, selon les députés, les membres du bureau aujourd'hui démissionnaires devaient rester en place durant toute la législature. Personne d'entre eux n'avait imaginé le scénario auquel nous assistons aujourd'hui. C'est une bonne leçon pour l'avenir.
source : l observateur/kinshasa
Lancement de l’opération «armes contre tôles» à Rutshuru
A l’instar de Parec pour la ville de Kinshasa, une ONG norvégienne vient de lancer depuis le jeudi 2 avril 2009 à Rutshuru (Nord-Kivu) l’opération de récupération d’armes de guerre baptisée « Armes contre tôles ».
Une opération de récupération d’armes de guerre dénommée «Armes contre tôles » a été lancée, le 2 avril à Ruthuru. Œuvre d’une ONG norvégienne, cette action qui se poursuit à la grande satisfaction de la population de la région, a permis de récupérer 300 armes de guerre pour la seule journée du jeudi 2 avril 2009.
Saluée par l’administration locale et par les autorités provinciales, cette opération consiste à remettre entre 20 à 50 tôles à toute personne qui apporte volontairement une arme qu’elle détenait illégalement afin de permettre à ces populations de reconstruire leurs maisons détruites pendant les hostilités.
Selon une source de presse, elle s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la divagation des armes et contre la criminalité dans le Nord-Kivu, où plusieurs affrontements ont été signalés depuis une dizaine d’années. Le territoire de Rutshuru est parmi les régions les plus secouées par les derniers affrontements entre les FARDC (Forces armées de la RDC) et les rebelles du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), un ex-mouvement politico-militaire dirigé par l’ex-général déchu Laurent Nkunda. C’est également à Rutshuru et principalement à Kitshanga où se trouvait la base du CNDP avant l’opération conjointe menée par les FARDC et les troupes rwandaises qui sont rentrées dernièrement au Rwanda. Le récent accord de Goma entre le gouvernement et le CNDP, les troupes de ce groupe armé ont adhéré au processus d’intégration au sein des FARDC après avoir déposé leurs armes.
A rappeler qu’une opération analogue était menée à Kinshasa de novembre 2008 en janvier 2009 par l’ONG nationale «PAREC» (programme oecuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation) et qui a permis de récupérer près de 9.000 armes de guerres. Appuyée notamment par la présidence de la République et l’hôtel de ville de Kinshasa, cette opération consistait à remettre 100 dollars américains à toute personne qui apportait volontairement une arme au PAREC sans l’identifier, ni l’interroger, ni le photographier.
le potentiel
Le gouvernement renoue avec l’IPR des membres des institutions politiques
Le FMI exige depuis des temps de l’Etat congolais la réduction de son train de vie pour diminuer la pression sur les maigres recettes de l’Etat. A défaut pour la RDC d’agir dans ce sens, le recouvrement de l’IPR des membres des institutions politiques lui permet de diversifier ses sources de recettes publiques.
A l’approche de l’échéance du 31 mars 2009, coïncidant avec le dépôt à la Direction générale des impôts (DGI) de la déclration de l’impôt sur les bénéfices, des langues se sont déliées pour fustiger le grand acharnement du gouvernement sur le peu qui restait encore de l’activité économique en République démocratique du Congo, au passage du tsunami de la crise financière internationale. Il était donc temps que l’exécutif congolais innove pour atténuer les frustrations dans le monde des affaires.
L’appel, plusieurs fois réitéré par les partenaires extérieurs, dont le Fonds monétaire international (FMI), et relayé par la Fédération des entreprises du Congo, semble avoir été entendu.
En effet, les dernières nouvelles en provenance du ministère du Budget confirme la nette volonté du Gouvernement de ratisser en sondant les bases imposables non explorées ou abandonnées par le fait de la lourdeur de la machine de l’administration fiscale. C’est le cas, pense-t-on, du retour dans le giron de la fiscalité directe de l’impôt professionnel sur les rémunérations des membres des institutions politiques.
L’on se souviendra que, dans ses différentes missions d’assistance technique en RDC, le FMI est toujours revenu sur la nécessité pour l’Etat congolais de réduire sensiblement son train pour atténuer la pression sur les maigres recettes publiques. Décidément, avec le retour à l’IPR des membres des institutions politiques, le rêve du FMI devient réalité au fil des jours.
Malheureusement, des réticences – malencontreuses, d’ailleurs – aussi bien au sein du Gouvernement que dans d’autres institutions politiques risquent de mettre en péril cette innovation, alors que « la retenue à la source de cet impôt opérée par le ministère du Budget a permis à la DGI de recouvrer un montant de FC 952.848.092 se rapportant à la rémunération du mois de mars 2009 », lit-on dans une mise au point du ministre du Budget sur ce sujet, parvenu hier lundi 6 avril en début de soirée à notre rédaction.
C’est à la suite des interprétations particulières et commentaires en sens divers sur ce type d’impôt que le ministre du Budget a, par cette mise au point, fixé le contexte légal et les modalités de paiement de cet impôt.
N’est-ce pas que tout le monde – opérateurs économiques, politiques et sociaux – doivent mettre la main à la pâte pour contrer les graves menaces de la crise financière internationale sur, notamment les recettes de l’Etat. En condamnant les gros contribuables de l’Etat à l’atonie, la crise a été certainement une belle opportunité pour la RDC de sonder d’autres sources des recettes publiques. Le recouvrement – désormais irréversible – de l’IPR des membres des institutions politiques en constitue une belle preuve. Mais, l’essentiel est de demeurer sur cette voie de la diversification des recettes publiques pour ne pas laisser libre cours aux pêcheurs en eaux troubles.
AU NOM DE LA SOLIDARITE
Par cette note, le ministre Lokola fait remarquer que cet impôt tire sa source de l’ordonnance-loi n° 69/009 du 10 février 1969 relative aux impôts cédulaires sur les revenus, telle que modifiée à ce jour, qui considère, en son article 47, comme revenus imposables à l’Impôt professionnel sur les rémunérations, (IPR) : « les traitements, salaires et avantages octroyés aux membres des institutions publiques, et aux agents de carrière des services publics, les traitements, salaires et avantages octroyés aux membres des cabinets politiques ».
C’est ainsi, poursuit-il, que l’IPR des institutions politiques a été prévu au Budget de l’exercice 2009 à l’article 71111b pour un montant de 17.534.354.544 Fc. Lequel budget a été promulgué par le président de la République après son adoption par le Parlement. Cette recette a financé à due concurrence les dépenses budgétaires, et le FMI, avec qui la RDC est en discussions pour la conclusion d’un Programme formel dont la bonne exécution devait amener le Pays au Point d’achèvement à la fin de cette année, a pris en compte ces prévisions budgétaires dans le Plan de Trésorerie de l’Etat, renseigne le ministre du Budget.
Cependant, c’est lors de la réunion de mobilisation des recettes tenue au cabinet du ministre des Finances le 4 février 2009 qu’il a été mis sur pied un groupe de travail chargé du calcul et du recouvrement de l’IPR concerné. C’est par une lettre du ministre des Finances datant du 17/02/2009, et transmis à ce groupe de travail, qu’est fixée la note de calcul de l’IPR établie par la Direction générale des impôts en vue du recouvrement de cet impôt dès le mois de février 2009.
Après adoption de cette base de calcul, il a alors été demandé à chaque institution de retenir et de reverser l’IPR pour ses membres. Cependant, la grande majorité des institutions et services publics n’ont pas observé, cette recommandation, rendant indispensable la procédure légale de retenue à la source.
La procédure fiscale de retenue à la source contenue dans la loi n° 004/2003 du 13 mars 2003 telle que modifiée par la loi n°006/03 du 27 février 2006 impose à celui qui liquide les rémunérations de retenir et de déclarer l’IPR chaque mois dans les dix jours.
« S’il faudrait surseoir au recouvrement de cet impôt, le déficit du Trésor dû au manque à gagner résultant du non encaissement des recettes se rapportant aux deux premiers mois de l’exercice 2009 va s’aggraver », prévient le ministre du Budget, au regard des discussions très avancées de la conclusion d’un nouvel accord FMI-RDC.
Pour le ministre du Budget, le recouvrement procède d’une décision politique de solidarité avec l’ensemble de la population. Aussi conclut-il sa mise au point en ces termes : « Il est vrai que impôt n’est pas facile à supporter, mais c’est une décision politique courageuse que le Gouvernement a prise et dont l’application va s’étendre aux institutions provinciales. Question d’inciter les hommes politiques à faire preuve avant tout le monde d’un civisme fiscal en payant l’impôt. Car il n’est pas normal qu’un ouvrier d’une entreprise privée, d’une entreprise publique ou d’économie mixte supporte l’impôt alors que le personnel politique qui est rémunéré ne s’acquitte pas de cette obligation légale ».
Source: le poentiel
