Assembl_e_nationaleUne plénière de l’Assemblée Nationale est annoncée pour ce mardi 07 avril 2009 au Palais du Peuple, sous la conduite de Vital Kamerhe, son président démissionnaire. L’on s’attend à ce que l’ordre du jour s’articule autour des questions laissées en suspens au terme de celle de jeudi 02 avril, notamment les modalités d’organisation de l’élection des nouveaux membres du Bureau, le dossier du détournement présumé de 1,550 millions de dollars de cette institution, l’affaire du détournement des fonds du Groupe Parlementaire des Indépendants, le dossier des 37.500.000 de francs congolais payés mensuellement à la RTNC au titre des frais de retransmission des plénières des sessions, etc. A propos de la mise en place du nouveau Bureau de la Chambre basse du Parlement, tous les scénarii paraissent possibles. Aux dernières nouvelles, l’on apprend que la majorité et l’opposition ont adopté comme solution de compromis le maintien du Bureau sortant pour la direction de la plénière, lequel devrait se déporter à l’étape des opérations de vote, qui seraient alors supervisées par une « Commission Spéciale » ou « Groupe Technique ».

La chronique parlementaire fait également état de la confirmation de la main tendue de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) en direction de l’opposition parlementaire. Il serait question, dit-on, de mettre en place un Bureau « mixte ». Comme résultat de ce qui est présenté comme le scénario de l’ouverture, la famille politique du Chef de l’Etat aurait accepté de sacrifier son quota de représentation au profit soit du Mouvement de Libération du Congo (MLC), soit de l’ODR (Ordre des Démocrates pour la République), ou encore des Démocrates Chrétiens (DC), etc. D’aucuns vont jusqu’ à spéculer autour d’un bureau qui aurait à sa tête Evariste Boshab (Kasaï Occidental) et comme l’un des vice-présidents Thomas Luhaka (Maniema). Mais, en matière de candidats de l’opposition, des noms continuent de circuler sous les manteaux : Gilbert Kiakwama, Roger Lumbala, Jean-Claude Vuemba, Jean-Pierre Lisanga, Clément Kanku, Emery Okundji, Martin Mukonkole, etc. Débat « hors cadre » Contactées, plusieurs sources proches du MLC ont déclaré au Phare être au courant des rumeurs en rapport avec la prétendue offre de l’AMP allant dans le sens de l’entrée d’un des ses délégués au Bureau de l’Assemblée Nationale. Tout en signalant que l’article 22 du Règlement Intérieur de cette institution recommande que le Bureau puisse refléter la configuration des forces politiques présentes en son sein, elles ont soutenu que jusqu’à preuve du contraire, aucun contact formel ou informel n’a eu lieu autour d’une telle combinaison. De l’avis des interlocuteurs du Phare, tout se qui se dit actuellement se déroule « hors cadre », car la structure la mieux indiquée pour un tel débat est la conférence des présidents, laquelle avait du reste, dans le passé, finalisé les réglages entre la majorité et l’opposition lors de la composition des organes dirigeants des commissions spécialisés de l’Assemblée Nationale. Bref, le MLC, en tant que seconde force politique parlementaire après le PPRD, attend percevoir des signaux clairs d’un rapprochement entre les deux camps avant de lever une quelconque option. Les matières qui fâchent… Hormis le problème du renouvellement du Bureau de l’Assemblée Nationale, les députés sont impatients de connaître les tenants et les aboutissants du feuilleton de la sortie de 1, 550 millions de dollars des guichets de la Banque Centrale du Congo, pour le compte de leur institution, de la mutation des devises fortes retirées en espèces en liasses de francs congolais, de la consignation des fonds au cabinet du ministre des Finances sur réquisition du Procureur Général de la République, du bris des scellés et de l’évasion de la cagnotte, etc. Ils aimeraient aussi être informés de l’évolution de l’enquête judiciaire et surtout des quatre mandats délivrés à charge des personnalités présumées ayant trempé, dans ce qui passe pour un détournement des deniers publics. La tension risque de monter très fort au sujet de la controverse qui s’observe autour des frais de retransmission des séances plénières de l’Assemblée Nationale sur la RTNC, à hauteur de 37.500.000 le mois, alors que le gouvernement a décrété un embargo contre cette couverture médiatique, au motif qu’elle causerait un énorme manque à gagner à la chaîne nationale. Une clarification s’impose pour savoir pourquoi la RTNC, qui est censée recevoir régulièrement la contrepartie financière de ses «heures » d’antenne, a souscrit à la sanction de l’Exécutif contre sa « partenaire commerciale ». Les esprits pourraient davantage se surchauffer à l’audition du rapport de la Commission des Sages chargée d’éclairer la lanterne de tous à propos de l’accusation de détournement des fonds du GPI formulée par le député Serge Amuri contre son collègue Tryphon Kin Kiey Mulumba. En effet, depuis que l’affaire a éclaté, les deux parties ont investi les médias pour présenter, chacune, sa version des faits. Si tous ces dossiers sont présentés, l’Assemblée Nationale pourrait vivre une des plénières les plus houleuses de son histoire. Après des semaines perdues en gestion scabreuse d’ambitions politiques et scandales financiers, il serait temps que nos élus s’occupent de l’essentiel.

source : le Phare/Kinshasa