Route_ab_m_eA cause du lac qui s’est formé devant la station service Elf à Binza Upn sur la route de Matadi, les automobilistes n’éprouvent plus du plaisir à rouler sur ce tronçon. La cause principale de ce désagrément reste sans doute comme partout à travers la ville de Kinshasa, le mauvais état de cette artère abandonnée dans l’indifférence totale depuis que de digues ont été construites pour empêcher l’avancée de l’érosion toute proche à dix mètres. Signe symptomatique de sa disparition prochaine, si rien n’est fait. Lorsqu’il pleut, pour de nombreux observateurs, c’est la débandade et la panique. Le lac est tellement rempli d’eaux que, parfois de passeurs improvisés proposent leur dos aux passants, comme moyen de transport moyennant 100 ou 200 Francs congolais pour atteindre l’autre rive. Et à l’heure de pointe, le matin comme le soir, dans un sens comme dans l’autre, c’est de kilomètres de bouchons qui se forment à perte de vue. Rien qu’à cet endroit, il faut compter près d’une demi heure pour se sortir de l’impasse. Pour échapper à ce goulot d’étranglement, les conducteurs sont obligés soit de passer par la station service qui borde cette route ou prendre par derrière l’avenue Masikita, qui est elle aussi impraticable et toujours sous la menace d’une érosion. C’est vraiment avec beaucoup de peine que l’on arrive à franchir cette étape. Ensuite, c’est à l’entrée du quartier Binza pigeon et à l’entrée de la Maternité des sœurs à Delvaux qu’il faut s’armer de patience. Cela, les week-ends comme les jours ouvrables, le trafic est un casse-tête. Et pour cause, les nombreux trous à ce tronçon freinent la progression de véhicules.

Généralement, c’est un désordre indescriptible. Les véhicules sortent de partout. Les agents de la police de roulage sont débordés par l’indiscipline des automobilistes pressés. Impuissants face à l’arrogance de leurs excellences et des épaules galonnées qui n’obéissent jamais à quiconque, ces agents assistent passivement à la multiplicité de bandes. Profitant de ce laisser-aller, les automobilistes indélicats s’engouffrent aisément dans ses brèches sans outre mesure. Et il n’est pas exclu de passer à cet endroit, au bas mot une heure. Les eaux stagnent à cet endroit et participent à la dégradation de cette chaussée. Enfin, c’est à la sortie de Binza Météo que d’autres ennuis commencent. Cela, suite au manque d’expertise de l’entreprise EGM à qui le gouvernement avait confié les travaux de réhabilitation et qui n’ont jamais donné satisfaction aux usagers et dont on attend toujours les comptes. Il faut compter aussi trente minutes avant de s’en sortir. Rien que sur ce tronçon, il faut une heure et demi. A y voir de près, cette situation est presque la même sur toutes les artères principales de la ville.

On dirait que les Kinoises et Kinois passent plus de temps à bord de véhicules et aux arrêts de bus qu’au travail. Et cela affecte sérieusement le rendement dans tous les secteurs de production. Pour espérer arriver à temps à son poste de travail, il faut se lever au champ du coq. Voila pourquoi les Kinoises et Kinois attendent de pied ferme le calendrier de grands travaux à Kinshasa pour souffler et espérer chasser définitivement les bouchons et participer à l’essor économique de la ville.

Source : le Phare/Kinshasa