Troupes_FARDCDans leur retraite, les rebelles hutu tuent le chef de village Pinga

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené en début de la semaine des opérations conjointes avec la Monuc pour repousser une attaque de représailles des rebelles de FDLR dans la localité de Pinga située dans une cuvette au milieu des montagnes du territoire de Walikale, a plus de 100kilomètres au Nord-Ouest de Goma.

Selon des sources proches des FARDC, cette offensive conjointe FARDC-Monuc a fait une dizaine de victimes dans les rangs des FDLR. Ces derniers, battant en retraite on assassiné le chef de la localité de Pinga. Selon le responsable de la Monuc, plus de 170 casques bleus sont venus en appui aux militaires des FARDC trois fois moins nombreux, pour combattre les FDLR. " Depuis quelques semaines, le village de Pinga était encerclé par différents groupes armés parmi lesquels les FDLR que l'armée congolaise et rwandaise avaient pourtant pourchassé grâce à l'opération conjointe lancée depuis le 20 janvier 2008. Aujourd'hui encore, plusieurs milliers des rebelles des FDLR sont encore cachés dans la forêt sur un rayon d'à peine 60 kilomètres ", a déclaré le capitaine Karl Fuller de la Monuc chargé de la zone Pinga.

La Zone rouge

La Monuc a réaffirmé sa volonté d'apporter son soutien aux Forces armées de la RDC pour des nouvelles opérations militaires contres des groupes rebelles disséminés dans la forêt du Nord-Kivu. Il faut dire que plus d'un mois après la fin des opérations conjointes lancées par les armées congolaise et rwandaise contre les rebelles des FDLR, la province du Nord-Kivu n'a pas encore totalement retrouvé la paix et la stabilité.

Le capitaine Karl Fuller, chargé de zone a exprimé ses inquiétudes en affirmant : " Pinga est classé zone rouge. A Pinga ancienne place forte du commerce de minerais tenu par les FDLR, la population demande également le renforcement des positions congolaises.

Le soir, la majorité des villageois se réfugient devant la base de la Monuc. Pendant la nuit, c'est l'insécurité totale parce que c'est à ce moment-là que les FDLR viennent opérer ici ", a confié à la presse l'officier de la Monuc. Un habitat de la localité a quant à lui soutenu que pendant la nuit, si les gens restent chez eux, ils peuvent être tués. " Par conséquent, tout le monde quitte sa maison pour aller à côté de la base de la Monuc. C'est là-bas que les gens se camouflent ", a-t-il affirmé.

Par ailleurs le capitaine Karl Fuller a également exprimé ses inquiétudes concernant la situation difficile que connaissent les vaillants militaires des FARDC au front de Pinga.

" Certains soldats congolais n'ont pas reçu leur solde depuis plusieurs mois. Et les rations alimentaires n'arrivent pas. Certains d'entre eux, découragés ont dit qu'ils allaient laisser les FDLR faire ce qu'ils veulent si la situation ne change pas ", a-t-il affirmé sur un ton grave. Il a conclu en disant : " D'autres éléments FARDC ont même affirmé qu'ils se serviraient de leurs armes pour réquisitionner de quoi manger dans le village. Donc tous les indicateurs montrent des signes inquiétants ", a-t-il fait savoir.

Selon le capitaine Karl Fuller, le gouvernement congolais doit réagir au plus vite pour payer la solde des militaires de FARDC qui font un travail remarquable dans le territoire de Walikale.

" Si le gouvernement ne fait rien pour eux, cela va devenir un vrai problème et la Monuc risque de devoir intervenir contre les FARDC pour protéger la population ", a-t-il conclu.

Source : l'Observateur/Kinshasa