drapeauL’euphorie autour de la victoire de l’AMP au renouvellement du Bureau de l’Assemblée nationale est passée. Les choses tout autant sérieuses sont devant nous. Cette semaine se joue à Washington l’avenir de la RDC. Les institutions de Bretton Woods se réuniront en assemblée de printemps dans la capitale américaine. Au cours de leurs assemblées générales, il sera question de se prononcer sur la signature d’un nouvel accord formel avec la RDC portant sur le PEG II (second Programme économique du gouvernement). Lequel accord permettra à la RDC d’accéder aux facilités élargies des institutions financières internationales. Mais il faut harmoniser tous les points de désaccords et élaguer les dernières incertitudes qui subsistent.

Une importante délégation congolaise est attendue cette semaine à Washington, aux Etats-Unis. Elle prendra part aux assemblées de printemps des institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale.

Cette rencontre est capitale pour la RDC. L’on se rappellera qu’une délégation du FMI a séjourné dernièrement à Kinshasa. Au terme de sa mission d’évaluation, il s’est dégagé un sentiment de satisfaction qui ouvrirait la voie à la signature d’un nouvel accord formel entre le FMI et le Gouvernement. Accord censé enclencher le mécanisme pour la mise en œuvre sur la période 2009-11 d’un second Programme économique du gouvernement (PEG II).

Au courant de la rencontre de cette semaine à Washington, il sera question d’harmoniser les points de vue pour que cette signature intervienne vraisemblablement au mois de juin 2009 lors du prochain Conseil d’administration du FMI. C’est le vœu émis par les deux parties.

Cependant, il nous revient que certains désaccords subsistent. Juste après le départ des délégués du FMI de Kinshasa, les choses n’ont pas évolué au plan interne, selon le compromis intervenu entre toutes les parties, à savoir FMI - Gouvernement et Banque centrale. Des querelles politiciennes risquent de placer le FMI devant un dilemme. Ce qui conduira incontestablement au non satisfecit des institutions de Bretton Woods.

40 MILLIARDS DE FC : LA POMME DE DISCORDE

Selon le compromis intervenu entre le FMI et le Gouvernement, il est question que le Gouvernement accorde à la Banque centrale du Congo 40 milliards de Fc à titre de subvention d’équilibre pour résorber le déficit de son compte d’exploitation. Mais des sources concordantes rapportent que, juste après le départ de la délégation du FMI, le Gouvernement, à travers le Premier ministre, s’est ravisé. Il refuse d’accorder cette subvention d’équilibre à la Banque centrale du Congo. Raison avancée : le Premier ministre reproche à la Banque centrale de ne fournir aucun effort discipliner sa gestion.

Pourtant, une bonne partie de la délégation congolaise a quitté Kinshasa le samedi 18 avril à destination de Washington. L’on apprend qu’aucun compromis n’a été trouvé sur ce problème – le Gouvernement campe sur sa position de s’en tenir à la subvention d’équilibre inscrite dans le budget 2009. Or, selon les us et coutumes du FMI, sans le modus vivendi portant sur la résorption du déficit de la BCC, il n’y aurait pas de nouvel accord au titre de Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).

Dans les milieux proches du gouvernement, il nous revient que ce déficit sera comblé par un montant de 50 millions de dollars de recettes d’imposition attendues d’une entreprise de la place. Ajouter à cela, des pas-de-porte d’un montant de 30 millions de dollars sur les redevances minières. Ces arguments portant sur les recettes attendues seront présentés devant le FMI.

L’on croit ainsi convaincre cette institution pour boucler le dossier afin de le présenter devant le Conseil d’administration du FMI le 6 juin 2009. Dans ce cas, la conclusion de l’accord est possible pour amener la RDC au point d’achèvement afin d’être retenu dans le cadre de l’initiative d’annulation de la dette des pays pauvres très endettés. Ce qui lui vaudra un allègement d’environ 90% de sa dette extérieure, soit près de 10 milliards Usd en valeur actuelle nette.

Mais puisqu’il s’agit des recettes hypothétiques, le FMI est à même de les rejeter. Le dossier ne sera donc pas bouclé et on ne pourra pas le présenter au Conseil d’administration du FMI au mois de juin prochain. Il sera renvoyé en 2010. Ce qui sera préjudiciable pour le pays.

L’AVENIR DE LA RDC

Cette semaine s’annonce donc décisive pour la RDC. Son avenir se joue durant ces quelque 72 heures à Washington.

Au fait, il est important de rappeler que pour les mois de novembre et décembre 2008, le Gouvernement avait enregistré un déficit de l’ordre de 82 milliards de Fc, financé par des avances au Trésor de la Banque centrale.

Aussi, les observateurs s’interrogent-ils sur les raisons profondes de ce refus du gouvernement de ne pas accorder 40 milliards de Fc de subvention d’équilibre à la Banque centrale pour garantir la recevabilité du dossier RDC auprès des services du FMI

Aussi, la question est celle de savoir ce que veulent réellement les dirigeants congolais. Vont-ils retarder, une fois de plus, l’accès aux facilités élargies en poussant le FMI à ne pas accorder son satisfecit pour la signature du PEG II ? Ce qui se traduira par la non annulation de la dette extérieure.

En même temps, des pressions s’accentuent sur les contrats chinois pour qu’ils soient retardés avec des effets d’entraînement sur l’exécution du programme des « Cinq Chantiers » du président de la République.

La balle est dans le camp du gouvernement. Il lui revient de savoir négocier pour réussir d’une pierre deux coups : la signature du PEG II et le début d’exécution formelle des contrats chinois.