Assembl_e_nationaleUn faux problème

Après l'élection du nouveau bureau de l'Assemblée nationale intervenue dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 avril 2009, élection qui a placé Evariste Boshab au perchoir de la chambre basse du Parlement, plusieurs choses ont été dites.

Les uns ont crié au scandale, du fait que tous les postes ont été raflés par l'AMP. Les autres, par contre, ont affirmé, sans preuves palpables, que cette élection a été entachée de beaucoup d'irrégularités. Car, ont-ils soutenu, la main sur le cœur : les membres de l'AMP réunis à la ferme Kingati, située dans la banlieue de la ville de Kinshasa, avaient été corrompus pour voter pour les candidats de la majorité présidentielle.

Aprrès analyses effectuées pendant et après cette élection, force nous est de constater que les candidats de l'opposition politique qui ont abordé cette élection en ordre dispersé, ont tout simplement raté le coche en amoindrissant eux-mêmes leurs chances. Chaque candidat ou chaque parti politique de l'opposition politique a voulu tirer la couverture de son côté. Ce qui a fait que, sans consulter les autres partis politiques, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) a aligné un candidat à chaque poste, c'est-à-dire, sept candidats au total.

Comme l'AMP, l'opposition politique, avant la tenue de l'élection, devrait à son tour se retirer dans une ferme quelque part dans la province du Bandundu ou dans celle du Bas-Congo, par exemple, pourquoi pas dans la banlieue de la ville de Goma ou de Bukavu, loin de toute indiscrétion, pour peaufiner certaines stratégies devant aboutir à remporter haut la main cette élection.

Ainsi, d'une manière librement consentie, les partis politiques de l'opposition devraient présenter un candidat à chaque poste.

Pour contenter tout le monde, au moins sept partis politiques devraient avoir voix au chapitre en choisissant librement un poste. Pour ce faire, le candidat Gilbert Kiakwama Kia Kiziki devrait par exemple désister au profit de François Mwamba. Quit à François Mwamba de donner des garanties au désisté Kiakwama de briguer le poste de chef de file de l'opposition politique avec tout le soutien moral, matériel et financier du MLC.

Motivé, le député Gilbert Kiakwama battrait campagne avec acharnement en faveur de l'honorable François Mwamba pour occuper le poste de speaker de l'Assemblée nationale, sachant pertinemment bien qu'à son tour, le MLC l'aiderait à devenir le chef de file de l'opposition.

Corruption : une fausse rumeur

Après l'échec cuisant des candidats de l'opposition politique, on a soutenu que les députés ont été corrompus pour voter pour les candidats de l'Alliance de la majorité présidentielle. Sans en apporter la moindre preuve

En plus, l'opinion tant nationale qu'internationale s'interroge : pourquoi l'opposition politique a-t-elle attendu la publication des résultats de l'élection du nouveau bureau de la chambre basse du Parlement pour dénoncer cette vilaine pratique ? Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait avant l'organisation de cette élection ? Nous savons tous que l'échec a toujours été orphelin.

Au vu de ce qui précède, l'opposition politique doit tirer la leçon de son échec pour rectifier le tir. Elle doit faire vite pour élire le chef de file de l'opposition. Celui-ci doit être écouté par tout le monde.

Sinon, l'opposition politique échouera de nouveau aux élections de 2011 qui pointent déjà à l'horizon.

Source : l'observateur/Kinshasa