Carte_RDCAdoptée comme mode de gestion en République démocratique du Congo, la décentralisation est encore butée à de nombreuses difficultés. D’où la nécessité de lui insuffler un dynamisme en vue de relever les défis.

La République démocratique du Congo est comptée parmi les vastes pays d’Afrique centrale. Pour une meilleure gestion de ses entités politico-administratives, le législateur a opté pour la décentralisation. Un mode de gestion qui, selon eux, « favorise le développement de toutes les entités décentralisées et déconcentrées ». Pourquoi ce choix par rapport à d’autres modes de gestion ?

A ce sujet, les spécialistes en la matière indiquent que la décentralisation a l’avantage de promouvoir le développement à la base. Un mode de gestion qui rapproche davantage les gouvernants des gouvernés.

En prévision de la mise en place de ce processus sur l’ensemble du territoire national, le gouvernement a déjà déposé un projet de loi y afférent au Parlement. On attend son adoption pour le démarrage du processus. Entre-temps, un Forum national sur la décentralisation a été organisé en octobre 2008. Objectif : réfléchir sur les voies et moyens pour la mise en œuvre effective en RDC. Au-delà de cette rencontre, trois lois organiques sur le fonctionnement des provinces et des entités territoriales décentralisées sont déjà adoptées par le Parlement.

En dépit de ces avancées, le chemin à parcourir reste encore long. Pour preuve, on observe une « faible appropriation du processus par les populations, les ministères centraux et les Assemblées provinciales ».

Constat

Dans le même registre, le ministre de la Décentralisation et Aménagement du territoire, Antipas Mbusa Nyamwisi, indique qu’il y a « une lenteur dans le processus de transfert des compétences et des ressources ». Cela, sans oublier l’inachèvement de l’arsenal juridique et financier des provinces et des entités territoriales décentralisées. Ici, le Parlement est appelé à tout mettre en œuvre pour adopter dans un bref délai, tous les instruments juridiques qui concernent la décentralisation.

Comme on peut le constater, les défis à relever sont multiples. Dans un document intitulé « Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation », les experts du ministère de la Décentralisation et Aménagement du territoire proposent un certain nombre de solutions.

Il s’agit, pour eux, de mettre en œuvre une stratégie de communication pour une appropriation sociale et politique de la décentralisation, accélérer le transfert des compétences et des ressources selon un calendrier bien précis, avec une évaluation annuelle des progrès. Dans le même ordre d’idées, les experts ont suggéré d’assurer les financements de la décentralisation et créer des capacités nationales et provinciales d’appui-conseil.

Au-delà des moyens financiers que le gouvernement central doit mettre à la disposition des provinces pour résoudre un certain nombre de problèmes, il a aussi l’obligation d’accorder la liberté aux provinces de retirer à la source les 40% prévus par la Constitution. Ce qui leur permettra de faire face aux difficultés qu’elles éprouvent au quotidien.

Actuellement, toutes les provinces de la RDC ont un dénominateur commun, celui de la dégradation accélérée des infrastructures de base. Sans moyens financiers conséquents, ces entités risquent de sombrer davantage. Pour pallier ce problème, le gouvernement central se trouve dans l’obligation d’épauler les gouvernements provinciaux dans la recherche de solutions aux problèmes d’intérêt national. C’est pour ainsi dire que la collaboration entre les deux s’avère indispensable.

Source : le Potentiel/kinshasa