ArgentEn conformité avec le calendrier des opérations d'achat et vente de devises par voie d'appels d'offres, la Banque centrale du Congo va procéder ce lundi 27 avril à une vente des devises. Ainsi, il est prévu une deuxième séance d'adjudication au siège de la BCC à l'intention des banques commerciales candidates pour l'achat de devises. La première séance a eu lieu le lundi 13 avril dernier, avec à la clé la vente de 10 millions de dollars aux banques commerciales. Avec la vente de devises prévue ce lundi 27 avril, la BCC vise toujours à retirer de la circulation des surliquidités oisives qui alimentent les spéculations et les anticipations à la base de la dépréciation du Franc congolais.

Au fil à mesure de l'organisation des séances d'adjudication prévues chaque deuxième et quatrième lundis du mois à 13 h 00 à la BCC, il va s'agir d'éponger les liquidités excédentaires estimées à ± 57 milliards de FC. Au cours de la séance de ce lundi 27 avril, comme la fois passée les banques commerciales vont présenter leurs offres à 13 h 30'. Le même jour au plus tard à 15 h 00', la BCC va procéder à la publication des résultats de cette deuxième vente. En dehors des deuxième et quatrième lundis du mois, la BCC se réserve le droit de convoquer des séances d'adjudication si les fluctuations journalières du taux de change du Franc congolais par rapport au dollar américain sur le marché dépassent la marge de 1,5%. Le calendrier ainsi édicté est valable pour une période d'une année et peut être modifié si les circonstances l'exigent.

Objectif : arrêter la perte du pouvoir d'achat

Devant l'évolution négative liée à la dépréciation du taux de change du Franc congolais et la montée du taux d'inflation (taux cumulé fin mars 22%, soit 122% en projection annuelle), la Banque centrale du Congo et le gouvernement ont décidé de revoir leurs politiques. Du côté de la BCC, il est apparu que la politique monétaire était devenue inefficace. Les instruments utilisés à savoir : le taux directeur de la BCC et le coefficient de réserve obligatoire avaient atteint leur limite. Ainsi, depuis quelques jours la BCC recourt à la politique de change avec des interventions de vente de devises aux banques commerciales.

Pour donner toutes ses chances à l'action visant à éponger les surliquidités de Fc, en ce qui concerne la politique budgétaire le gouvernement a décidé le gel de toutes ses dépenses, excepté le paiement du service de la dette.

Il est question ici d'éviter de nouvelles injections de liquidités par le biais du trésor. Avant de lancer la série de ses interventions sur le marché de change, la BCC s'est assuré que l'Etat ne va plus injecter des liquidités. L'enjeu ici est de taille, à savoir : arrêter la perte du pouvoir d'achat des ménages suite à la dépréciation du Franc congolais. Selon la direction des études de la BCC, depuis le début de l'année 2009 à fin mars la population a subi une perte du pouvoir d'achat de plus ou moins 20%. Dans un contexte où la RDC espère conclure un programme triennal formel avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), il importe d'arrêter le financement monétaire du déficit public.

Les leçons de la première adjudication

Pour la première séance d'adjudication tenue le 13 avril à la BCC, 10 millions de dollars avaient été proposés aux banques commerciales de la place au taux de 835 FC/1 USD. Séance tenante, 5,980 millions US avaient été vendus à quelques banques seulement.

Celles-ci devaient apporter dans les 48 heures la contrepartie en Franc congolais à la BCC. D'autres banques ont proposé un autre moyen de paiement que le cash. Ainsi, il était resté environ 4 millions USD que la BCC a encore proposé à la vente deux jours après aux banques commerciales. Mais en dépit de cette intervention de la BCC, le taux de change est resté presque inchangé.

A ce propos, le directeur des services étrangers de la BCC, Mutombo Mwana Nyembo trouve deux raisons justificatives. Le premier facteur est la non coopération de certaines banques encore débitrices vis-à-vis de la BCC.

Celles-ci n'avaient pas encore apporté² la contrepartie en Fc de devises achetées. Si les banques jouent franc jeu la situation du taux de change serait autre.

Le deuxième facteur est que le taux est longtemps resté autour de 855 Fc/1 USD. Beaucoup de personnes ayant acheté le dollar à ce taux ne veulent pas que ce taux baisse. " Il faut savoir prendre son bénéfice à temps. Etant donné que la devise ne monte plus, en résistant ces personnes risquent de perdre plus. Beaucoup d'opérateurs économiques hésitent encore ". Au public, le directeur Mutombo lance une exhortation. " Si un particulier a besoin de devises, il n'a qu'à les demander à sa banque qui va venir à l'adjudication de la BCC ", a-t-il annoncé.

Source : l'observateur