mobutu_09_01AirdcCe vendredi 24 avril 2009, pourtant, les Congolais vont se souvenir de Mobutu, né Joseph-Désiré, de manière bien particulière. Alors que la polémique ne s’est pas encore estompée sur ses avoirs financiers en Suisse, il nous revient, en effet, qu’un avion ayant appartenu au Maréchal dictateur va bientôt être exposé dans un musée au Portugal..
Selon une dépêche de l’AFP, un musée portugais a effectivement racheté, pour exposition d’ici la fin de l’année en cours, le cockpit et un réacteur d’un Boeing 707 ayant appartenu à l’ancien Président de l’ex-Zaïre. Alfredo Yann Araujo, adjoint au conservateur du musée dont question, a indiqué que l’avion «pourra être vu par un grand public à l’occasion d’un festival aérien» qui se tiendra du 1er au 5 juillet 2009 à Sindra, dans la périphérie de Lisbonne.
Cet avion - qui avait appartenu à la compagnie aérienne portugaise TAP avant d’être cédé au Zaïre dans les années 80 pour être, ensuite, transformé en avion présidentiel - avait effectué son dernier vol pour Lisbonne en 1991 en vue d’un entretien. Il est resté près de 15 ans à l’aéroport de la capitale portugaise, donc 15 ans durant, sans être réclamé par les autorités congolaises. Il deviendra alors propriété de l’ANA, société gestionnaire de l’aéroport de Lisbonne, en compensation des taxes de stationnement non payées.

MYSTERE AUTOUR D’UN AUTRE AVION DU MARECHAL

Le musée portugais est alors tombé sur une pièce prestigeuse, alors qu’il était à la recherche d’un modèle de Boeing 707. N’ayant pas les moyens d’acheter tout l’appareil, il s’est contenté d’acquérir le cockpit et un réacteur, les restes de l’avion ayant été vendus à un ferrailleur.
Triste fin, tout de même, pour un zinc aussi prestigieux, alors que des interrogations demeurent encore sur le mystère d’un autre avion qu’aurait possédé Mobutu en Suisse où il aurait été inscrit sous le nom de la compagnie genevoise Aeroleasing.
En 1997, en effet, quelques temps avant la chute puis la mort de l’unique Maréchal congolais, la sûreté suisse avait ouvert une enquête pour élucider la question, sur requête d’un Procureur général de Lubumbashi, Mukono Mumba, qui avait envoyé en juin 1997 une commission rogatoire pour faire bloquer les avoirs de Mobutu en Suisse.

Dans sa commission rogatoire, rapportait le journal «Tribune de Genève» dans son édition électronique du 24 juin 1997, le Procureur demandait, en effet, à ses collègues suisses "d'obtenir tous documents et renseignements utiles sur l'aéronef qui appartient ou appartenait à Mobutu Sese Seko sous le nom de la compagnie d'aviation suisse Aeroleasing, y compris quant à l'affectation du produit de la vente éventuelle de cet aéronef". Il s’agissait d’un Boeing 727 acheté en 1986 auprès de la compagnie genevoise qui reconnaissait les faits à l’époque, mais soulignait que l’avion n'était pas inscrit chez Aeroleasing. Cette compagnie était formelle pour affirmer que cet aéronef se trouvait à Kinshasa après le départ du Maréchal Mobutu.
Il reste, tout de même, que ce 24 avril est une date mémorable pour les Congolais. C’est ce jour, en effet, 19 ans plus tôt - soit le 24 avril 1990 - que le Zaïre d’alors renouait avec le pluralisme politique à la suite d’une décision du Maréchal Mobutu. Dans un discours mémorable à Nsele, antre du MPR-Parti Etat, Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, décidait ainsi de «tenter» l’expérience démocratique au terme des consultations qu’il venait de mener à travers toute la République. De trois partis autorisés, les poussées démocratiques immédiates vont faire sauter le verrou pour en arriver au multipartisme intégral.
Et se lance alors la longue et tumultueuse histoire du processus démocratique en RDC qui sera sanctionné, en 2006, par la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes après l’adoption, une année plus tôt, de la Constitution par voie référendaire. Grande nouveauté pour ce Congo qui, depuis son indépendance, n’a jamais vécu pareil exercice démocratique

Source : Forum des As/Kinshasa